Irén Gunyecz

Projet relatif à la prévention des conduites à risques en section jeunesse

Maître de stage : Sophie Vandestock
Directrice,
Bibliothèque l'@postrophe de Nantiat

stage effectué du Stage effectué du 31 mars au 27 juin 2009

stucture d'accueil : Bibliothèque l'@postrophe de Nantiat

publiée en ligne le 14 janvier 2011

Couverture du rapport de stage


M'inspirant de la tradition des bibliothèques de mon pays, la Hongrie, j'ai voulu proposer une animation dans le domaine de la sexualité. J'ai rapidement compris que c'était un sujet innovant. En France les notions de bibliothérapie sont moins appliquées. Le rôle social et préventif d'une bibliothèque dans le domaine de la santé devrait être plus pris en considération. Cependant l'éducation sexuelle figure dans les référentiels scolaires. Aussi en partenariat avec les documentalistes et les personnels des établissements scolaires, notamment du lycée Jean Monnet de Limoges et le collège de Nantiat j'ai essayé de monter une animation sur le thème de la sexualité. Elle s'adresse aux adolescents, parallèlement à leurs parents et à leur entourage. J'ai ouvert une piste pédagogique pour aider les futurs bibliothécaires d'autant que mon initiative a porté ses fruits auprès des usagers.

By taking a leaf out of my country library traditions in Hungary, I suggested a sexuality theme based activity. Soon I realized that it was an original topic. Here in France the self-help books concept is not so popular. Libraries' social and preventive rôle related to the health domain should be more taken into account. However sexual education is considered as a frame of reference at school. Consequently I decided to stage an activity based on the sexuality theme in partnership with librarians and school staff at Limoges' Jean Monnet senior high school and Nantiat's junior high school. This is meant for teenagers as well as their parents and circle. I believe this educational activity will help librarians-to-be.

Je voudrais tout d'abord exprimer ma profonde reconnaissance à Madame Pascale Peurot, mon enseignante référente, qui a dirigé mon travail. Ses conseils et ses commentaires précieux m'ont permis de surmonter mes difficultés et de progresser dans mes études.

Je voudrais également présenter mes remerciements sincères à Mademoiselle Sophie Vandestock; Madame Chantal Yvenat, bibliothécaires de l'Apostrophe de Nantiat, et à Madame Bernadette Visconti, Madame Lysiane Bardet, Monsieur Pierre Gautret, documentalistes de CDI,  qui m'ont aussi donné beaucoup de propositions tout au long de mon projet par leur enthousiasme et leurs expériences.

Je remercie pour leur aide Agathe Vauchel et Vivien Visconti, - mes camarades de licence professionnelle -, et à Madame Marie-José Courcinoux, infirmière de Jean Monnet, qui m'ont aidé pendant la recherche de documents pour pouvoir réaliser mon stand.

Enfin je suis reconnaissante à mes compatriotes notamment Mme Konczné Csizmadia Borbàla, ancienne collègue qui m'a fourni les statistiques récentes et Anna Schneider, amie et aide d'extérieur.


Texte intégral

Introduction

« Ce sont des bibliothèques vivantes,
prêtes à fournir diverses recherches sur tout
ce qui peut tomber en dispute
. »
Pierre Corneille

De nos jour dans le système éducatif la prévention des conduites à risques est un thème peu abordé. Elle figure peu dans les programmes scolaires. Dans chaque établissement un groupe d'enseignants et d'auxiliaires s'en occupe dans le cadre des programmes supplémentaires. Malgré les nombreuses associations de prévention, nous ne voyons pas se développer beaucoup d'actions. Les adolescents n'osent pas toujours poser leurs questions, les parents hésitent à commencer une conversation sur un thème qui représente encore un tabou.

Qui doit avoir la responsabilité de l'information sur ce sujet ? Quelles personnes sont proches des adolescents ? De qui acceptent-ils les conseils, les aides ? La bibliothèque peut constituer un terrain propice à cette information : c'est ce que j'ai abordé au cours de mon stage.

I. La prévention des conduites à risques en bibliothèque

I.1. Choix du thème

De nos jours il y a beaucoup d'associations et d'organismes qui aident les collégiens et lycéens en milieu scolaire. Mais nous rencontrons plusieurs « barrières » et ce sujet dont nous n'osons pas parler reste un tabou.

La prévention des conduites à risques se compose de plusieurs thèmes. La lutte contre les addictions : alcool, la toxicomanie, le tabac, la promotion d'une nutrition saine et équilibrée, l'éducation à la sexualité et à la prévention des maladies sexuelles transmissibles (MST), l'apprentissage des gestes de premiers secours.

Ainsi, devant cette étendue du thème, j'ai essayé de me concentrer sur celui de la sexualité car ce sujet est présent tout au long de la vie. Sans cet acte nous ne sommes pas capables de renouveler les générations. La sexualité est une des composantes fondamentales de l'être humain. Elle est présente sous différentes formes, de la naissance à la mort, chez tous les humains. Elle ne se compose pas uniquement de génitalité. Nous la vivons également à travers la sensualité, la fécondité.

1 :
 Ministère de l'éducation nationale. Circulaire n°2003-027 du 17-2-2003 Bulletin...

Comme nous pouvons le lire dans le Bulletin officiel de l'Education nationale n° 9 du 27 février 2003, « L'évolution des mentalités, des comportements, du contexte social, juridique et médiatique dans le domaine de la sexualité, ainsi que des connaissances scientifiques liées à la maîtrise de la reproduction humaine a conduit les pouvoirs publics à développer l'éducation à la sexualité en milieu scolaire comme une composante essentielle de la construction de la personne et de l'éducation du citoyen »1

Les jeunes éprouvent des difficultés à se défendre.

A 15 ou 17 ans les élans du cœur se vivent déjà dans un corps d'adulte avec tous les risques qui entourent cette période à caractère initiatique. L'âge moyen du premier rapport sexuel n'a guère changé - depuis trente ans - (17 ans et 4 mois pour les garçons, 17 ans et 6 mois pur les filles). Les forums Internet du site Fil Santé Jeunes montrent que les adolescents se posent beaucoup de questions.

Image1

2 :
 La sexualité des adolescents/ Sondage publié dans VSD le 23 décembre 1999.

«Ce que vous savez sur la contraception; le sida ou les maladies sexuellement transmissibles, vous l'avez appris en priorité par...»2

Par ce sondage nous pouvons voir les ressources que les adolescents utilisent pour leur information. Ils cherchent des renseignements sans intervenant pour éviter de se confier. Ils préfèrent les informations électroniques. Ce sondage ci-dessus nous montre bien que la presse n'est pas prioritaire, en revanche la télévision et l'Internet le sont.

I.2. Problématique

Qui est-ce qui peut donner des explications satisfaisantes aux adolescents ? Les parents ? Les professeurs ? Les infirmières ? Sans demander, ils n'auront jamais de réponse.

Dans les CDI on pourrait imaginer un stand de prévention avec la présence de l'infirmière.

Et comme on peut constater dans la partie de la construction du projet du guide de l'éducation sexuelle:

3 :
 Education à la sexualité: Guide d'intervention pour les collèges et les lycées,...

«Il peut également être fait appel à des partenaires extérieurs institutionnels et associatifs. Il convient dans ce cas de privilégier le recours à des intervenants formés, issus d'associations ayant reçu l'agrément national ou académique...»3

Le problème est que dans un espace scolaire les parents ne sont pas présents. La première étape de l'éducation sexuelle est une bonne relation entre les adolescents et leurs parents.

Si le premier pas est bloqué à ce niveau-là les adolescents sont confrontés aux médias. Ils n'ont pas de possibilité de connaître les avantages et les risques liés à leur vie sexuelle dans leur vie privée.

Le manque et l'éloignement des associations peuvent aussi poser un problème. Quelquefois nous ne connaissons même pas leur existence. Ni les adultes, ni les adolescents.

Pourquoi ce thème dans la bibliothèque ? Pour quelle raison puis-je essayer d'intervenir dans ce milieu ? Qu'est-ce que la bibliothèque peut apporter de différent ?

La bibliothèque est un lieu très polyvalent où nous pouvons intégrer plusieurs initiatives, services qui donnent satisfaction au public.

Je suppose que la bibliothèque est un endroit neutre qui est proche des habitants et qui nous permet d'y  introduire facilement des propositions supplémentaires afin d'augmenter la fréquentation, de servir les usagers. Dans plusieurs cas, les bibliothèques municipales sont chargées de s'occuper de l'office de tourisme, d'organiser des rencontres et des conférences, de prêter les salles disponibles.

En un mot, la bibliothèque est la maison des connaissances, des possibilités et des idées. Pourquoi  ne pourrait-elle pas être polyvalente et avoir une fonction d'intermédiaire entre les adolescents et leurs parents? Créons un coin intime avec les documents nécessaires, rappelons l'attention des usagers, transférons les informations. Enrichissons la bibliothèque en proposant ce sujet qui est encore tabou et dont nous ne parlons pas assez.

Un(e) bibliothécaire a l'occasion de faire connaissance avec le/la documentaliste de CDI, avec les intervenants de l'hôpital, des organismes pour pouvoir aider les adolescents et les parents. Les clés mots sont « la coopération, le partenariat, l'orientation, la confidentialité. » Donner la satisfaction, pratiquer le métier des médiateurs, travailler en partenariat. Une manière  d'approcher autrement les usagers.

4 :
 BBF 1998 – Paris, t. 43, n° 1, p. 20-23 Dossier : La démarche qualité / Eric Sutter

Pour Eric Sutter, « contribuer à la satisfaction des usagers, c’est un état d’esprit, c’est bien faire son travail, en respectant les règles retenues, en exécutant dans les délais impartis, en réalisant à un coût acceptable (en temps passé), mais c’est surtout travailler de façon intégrée à l’ensemble (articulée avec l’activité des autres personnes oudes autres unités) et de façon cohérente avec la politique fixée par la direction et les “ promesses ” faites aux usagers à travers la communication et, enfin, c’est avoir une orientation “ service ”. L’ensemble des tâches individuelles doit conduire à un résultat global satisfaisant pour l’usager. »4

I.3. Expériences antérieures

En ce qui me concerne, il semble important de rappeler que j'ai déjà travaillé dans une section jeunesse de la bibliothèque de la ville de Vàsàrosnamény en Hongrie à l'intérieur de laquelle un stand de prévention a été réalisé. Je possède des attestations de prévention des conduites à risques. Notre stand a été mis en place afin d'enrichir les activités internes de la bibliothèque et de développer les services aux publics. Cette initiative était tournée vers le jeune public, des enfants de l'âge de 10 à 16 ans. Au final, cette action s'est révélée être positive dans la mesure où elle a rencontré un vif succès.

Par contre je dois présenter la différence de situation de départ pour mieux comprendre la problématique et les difficultés du déroulement de mon projet, précisément le nombre, l'âge des usagers, la durée de la réalisation, l'hétérogénéité des lecteurs et une équipe différente des personnels.

A Nantiat la durée du stage n'est que de trois mois pour approfondir les acquis des cours de licence professionnelle. Dans un lieu inconnu avec des nouvelles collègues nous avons toujours besoin du temps pour prendre l'habitude du quotidien. Ce qui est le plus important est que l'âge des usagers est vraiment différent.

Voici deux tableaux indiquant le nombre actuel des abonnés en juillet 2009 (nous devons comparer des conditions différentes).

Image2

Ce temps très bref ne m'a pas permis de mieux connaître les lecteurs. Un an dans une section jeunesse et treize semaines de stage ne peuvent pas être comparables. Car en général la relation d'« usagers-bibliothécaires » peut influencer l'effet et le succès d'une animation ou des autres activités.

Dans la médiathèque de Nantiat au cours des matinées nous accueillons des classes pendant la fermeture officielle mais ce sont plutôt les classes de CP, CE1, CE2. A cet âge-là nous ne pouvons pas parler de la réalisation d'un stand de prévention auprès des enfants.

Afin de pouvoir intégrer des propositions novatrices, la mission de la bibliothèque doit être bien connue. Le comportement d'un(e) bibliothécaire peut changer la fréquentation. La méthode employée dans la bibliothèque, la ligne de conduite de la direction de l'établissement déterminent le cadre pour les stagiaires, pour les « futurs » collègues.

Chaque bibliothèque a son propre service référent. Dans la médiathèque de Nantiat l'accueil des classes et la lecture sont les éléments priviligiés. En Hongrie les personnels préfèrent utiliser les activités manuelles comme dans un atelier, par exemple « des dessins de personnages » ou bien « fabrication des petits bonshommes » avec les parents. Mais nous ne sommes pas obligés d'aller dans un autre pays pour percevoir les différentes méthodes entre les bibliothèques.

En ce qui concerne le budget je voudrais mentionner qu'à mon ancien travail pour mettre en place une animation nous disposions d'un petit budget, tandis que cette fois-ci, je ne bénéficiais d'aucune aide financière.

Par mon travail dans la bibliothèque de Nantiat je voudrais voir et comparer la réaction des usagers. Deux petits villages ruraux, deux bibliothèques publiques mais le déroulement, les réactions vont nous donner des résultats différents. C'est le système éducatif  ou la culture qui divergent. Est-ce qu'il y a des points communs, mes expériences vont-elles m'aider pendant la réalisation de ce thème ou serai-je obligée de changer de méthode ? Est-ce que je vais avoir besoin de me servir de mes acquis ou est-ce que je dois m'adapter au contexte afin de réussir à mettre en place un stand adapté aux besoins des usagers ?

II. Présentation du contexte

II.1. La bibliothèque : A.G.D. le pôle lecture publique et multimédia

La bibliothèque de Nantiat dépend de la communauté de communes de l'Aurence-Glane-Développement (A.G.D.), qui comprend dix communes sur une zone géographique étendue. Dans le cadre de l'A.G.D., les deux communes de Nieul et de Nantiat ont constitué un pôle de lecture publique et multimédia, précisément deux bibliothèques qui forment un réseau :

  • la médiathèque l'@postrophe à Nantiat et

  • l'espace Georges Emmanuel CLANCIER à Nieul

Chaque structure comprend :

  • une section adulte (romans, documentaires, bandes dessinées, journaux,...)

  • une section jeunesse (romans, albums, bandes dessinées, documentaires, journaux...)

  • une section multimédia (CD, DVD)

  • un système de prêt et de recherche informatisé

  • 4 postes informatiques dédiés à l’Internet et au multimédia.

La bibliothèque possède une rubrique sur le site Internet de l'AGD : http://www.cc-agd.com/

Globalement, le pôle lecture publique représente un fonds documentaire de près de 19 485 documents complété tous les mois par des nouveautés. La médiathèque de Nantiat et L'Espace G.E. Clancier comptent aujourd'hui près de 2 500 inscrits.

II.1.1. Médiathèque l'@apostrophe

La bibliothèque a été construite et inaugurée en mars 2005 (annexe No 1.). Elle est ouverte au public vingt-deux heures par semaine. Elle possède un large fonds documentaire; La Médiathèque l’Apostrophe compte 11 410 documents en libre accès:

  • 6 370 livres adultes

  • 2 962 livres jeunesse

  • 786 CD

  • 484 vidéos adultes

  • 147 vidéos jeunesse

  • 10 abonnements adultes

  • 8 abonnements jeunesse

Trois postes Internet sont en libre accès à la Médiathèque l’Apostrophe (possibilité d’imprimer ou de photocopier des documents : 0.35 centimes la page noir et blanc, 0,45 centimes la page couleur).

L'espace culturel nous offre plusieurs animations. La salle d’exposition de la Médiathèque accueille tout au long de l’année des artistes (peintres, photographes, sculpteurs ou même marionnettistes).

II.1.2. Espace Georges Emmanuel Clancier

Le château de Nieul offre un endroit paisible pour les usagers de la bibliothèque. Nommée l'Espace Emmanuel Clancier, elle compte 8 045 documents en libre accès (annexe n° 2) :

  • 3 451 livres adultes

  • 3 033 livres jeunesse

  • 492 CD

  • 287 vidéos adultes

  • 175 vidéos jeunesse

  • 9 abonnements adultes

  • 7 abonnements jeunesse

  • Un poste Internet est en libre accès.

Grâce à un espace culturel, des lectures pour enfants ont lieu un mercredi sur deux, hors périodes de vacances scolaires. La Salle d’Honneur ou le parc du Château de Nieul sont aussi le théâtre de différentes manifestations. Des spectacles de contes, des concerts ou autres animations sont régulièrement programmées.

II.2. Dispositifs en vigueur

Le ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche - Direction de l'enseignement scolaire a créé un guide d'intervention pour les collèges et les lycées que j'ai utilisé pour construire mon mémoire en adaptant au travail de bibliothécaire.

J'ai enrichi mes connaissances par ce guide qui m'a permis de découvrir le système éducatif français, et de connaître les instructions officielles relatives à la prévention des conduites à risques.

Éducation à la sexualité : guide d'intervention pour les collèges et les lycées

5 :
 Éducation à la sexualité : guide d'intervention pour les collèges et les lycées....

«Les dispositions de l’article L. 312-16 du code de l'éducation instaurent l’organisation de séances d’éducation à la sexualité dans les collèges et les lycées. Document d’appui à leur mise en œuvre, ce guide méthodologique a pour objectif, d’une part, d’aider les équipes éducatives à préparer ces séances, à structurer et animer leurs interventions, à construire les partenariats nécessaires et, d’autre part, de leur apporter des éléments d’information et de réflexion sur les différentes thématiques proposées. (...)

Le propos introductif restitue le contexte institutionnel et rappelle les principes fondamentaux qui donnent sens et légitimité à la démarche d'éducation à la sexualité en milieu scolaire, ainsi que ses liens avec les enseignements tout au long de la scolarité.

« La première partie précise le cadre méthodologique et éthique nécessaire à l'organisation et l'animation des séances d'éducation à la sexualité. Quelques pistes de réflexion sont également proposées pour mieux appréhender les questions liées à la mixité ainsi qu'aux diversités culturelles. Elle comporte enfin une présentation des différentes stratégies d'animation susceptibles d'être utilisées par les intervenants lors de ces séances. ».5

Tout d'abord j'ai dû étudier les textes officiels, en particulier la structure par âges et les programmes scolaires correspondants, pour comprendre comment il est possible d'intégrer mon initiative dans la scolarité. Le programme  «drogues, alcool, et tabagisme» au collège commence à l'âge de 12 ans.

Il existe un programme pour les élèves de 4e qui se compose de la sexualité, de la grossesse, et de la contraception dirigé par les enseignants et l'infirmière.

Je me suis appuyée sur le référentiel de mise en œuvre de la politique de prévention des comportements à risques pour la santé et la sexualité, qui présente une instance spécialisée : le CESC (Comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté), qui organise le partenariat entre les enseignants et des intervenants extérieurs. Il est présidé par le chef d'établissement. Il comprend des représentants de toutes les composantes des personnels (infirmières, conseil principal d'éducation, enseignants), des parents et des élèves auxquels s'ajoutent les partenaires qui peuvent utilement contribuer à la réalisation de la politique de prévention de l'établissement scolaire. Cette instance a été crée en juillet 1998 par la ministre déléguée chargée de l'enseignement scolaire, Ségolène Royal. Elle engage les responsables académiques et tous les acteurs de la communauté éducative, en relation avec leurs partenaires (par exemple bibliothécaires spécialisé(e)s auprès des enfants), à travailler en équipe, à réunir leurs compétences dans le traitement des divers cas. Elle nous invite à mettre en place des animations, des débats et des formations, à s'approprier les connaissances requises et les moyens humains et juridiques pour prévenir les conduites à risques.

La coopération avec les bibliothécaires peut faciliter la préparation d'un projet prévu au collège pour l'année prochaine. Pendant la préparation, le déroulement de la séance, les personnels de la bibliothèque peuvent aider le CESC. Par un petit stand, par une animation entre les murs de la bibliothèque ou bien simplement  fournir les documents nécessaires.

Pour étudier le système et connaître le travail du CESC de collège et lycée je suis allée dans deux établissements. Notamment le Collège Maryse Bastié de Nantiat et le lycée des métiers Jean Monnet. Deux structures différentes, l'une à la campagne, l'autre en ville.

J'ai pris contact avec les documentalistes et les infirmières pour pouvoir voir la structure et la situation de la prévention. Plusieurs rendez-vous m'ont permis de recueillir leurs expériences du travail quotidien. Ils m'ont éclairée sur la fonction de CESC dans leur établissement et sur la vie quotidienne des adolescents.

II.3. Pratiques numériques des adolescents

Les adolescents demandent peu de renseignements, comme le montrent les enquêtes menées auprès d'eux. Internet est leur canal privilégié pour s'informer. Une enquête présente l'utilisation de l'Internet chez les adolescents.

Image3

6 :
 Sondage Ifop – Délégation Interministérielle à la Famille/ 29 septembre 2005

« Les principaux lieux de connexion à Internet : Question : Dans quels lieux utilisez-vous Internet le plus souvent ? »6

À la maison, ils ont plus facilement la liberté d'accéder à Internet quand ils veulent et pour y faire ce qu'ils veulent ; à l'école, Internet n'est accessible qu'à certaines heures pour y faire des activités bien précises et encadrées (recherche documentaire, construction de pages Web) alors que d'autres sont le plus souvent interdites (courriel, chat, téléchargement, jeux).

Ils l'utilisent en premier à la maison, cela veut dire qu'ils sont seuls face à l'écran et qu'ils surfent dans le monde virtuel sans contrôle.

7 :
 CREDOC Enquête « Conditions de vie et Aspirations des Français » : La diffusion...

Présentant une enquête de CREDOC de 2008 nous pouvons bien constater que « presque 27 millions de Français de 18 ans et plus sont connectés à l'internet à leur domicile. On retiendra que les 12-17 ans sont davantage connectés à l'internet que leurs aînés. Au total ce sont donc 61% des plus de 12 ans qui peuvent surfer sur Internet chez eux7

8 :
 The Daily Telegraph de mardi 10 février 2009 à 11H07 par Maxime Johnson

Les indicateurs sont proches de ceux d'un sondage britannique. La compagnie CyberSentinel (qui produit des logiciels de contrôle parental. ) précise que « les adolescents passent en moyenne 31 heures par semaine sur Internet. Ils consultent en moyenne près de deux heures de pornographie par semaine, qu'ils discutent trois heures et demie à l'aide de logiciels de messageries instantanées comme MSN Live Messenger et qu'ils consultent hebdomadairement deux heures de vidéos sur le site You Tube. »8

Vu les enquêtes et les sondages, les parents ont peur de laisser leurs enfants devant l'ordinateur sans contrôle. Les jeunes sont attirés par des nouveautés donc il est nécessaire d'intégrer des nouveaux supports (Internet, DVD, etc.) pour éveiller leur intérêt. Sur Internet il existe de nombreuses pages, sites qui  s'adressent aux adolescents c'est pour cette raison que j'ai choisi d'accorder une attention importante aux ressources en ligne pour encourager les adolescents dans leurs recherches. Dans la partie relative aux ressources électroniques je les présente de façon détaillée.

III. Délimitation du projet

III.1. Cadre général d'intervention

Je voudrais présenter les démarches qui ont précédé l'installation du stand : quel problème est arrivé au début et pourquoi il y a eu un malentendu entre les bibliothécaires et moi.

Le premier pas est toujours de présenter le projet. Pendant ma conversation avec les personnels j'ai réalisé que les bibliothécaires ne comprenaient pas clairement mon projet et qu'elles étaient surprises. Elles se demandaient avec inquiétude comment le réaliser et en faire un mémoire. J'essayais d'en parler de plus en plus pour les rassurer. Au début la directrice de la bibliothèque m'a laissé le temps pour préparer un plan et chercher des documents nécessaires.

Au début j'ai consacré des heures sur Internet pour me renseigner et comprendre l'organigramme du système scolaire français et la situation de la PCR (prévention des conduites à risques).

À qui dois-je m'adresser pour demander de l'aide? Pourquoi les gens sont-ils surpris quand je présente mon projet ? Je devais me poser tellement de questions pour pouvoir continuer la réalisation de mon stand.

Avec le temps et après avoir passé des heures de conversation j'ai pu découvrir les causes du blocage.

Je viens d'un autre pays où la formation des bibliothécaires suit les traditions anglo-saxonnes. En Hongrie la source du rôle de la bibliothèque se présente dans le métier de la médiation. La relation entre les usagers et les bibliothécaires est la plus importante. Mais parallèlement le développement informatique nous oblige à adopter des changements. Il faut trouver des solutions pour garder nos usagers, les satisfaire et proposer tout le temps des nouveautés. Pour ne pas perdre d'usagers les bibliothécaires intègrent diverses possibilités, soit les méthodes commerciales, soit celle de psychologie que je vais détailler dans la partie suivante.

III.1.1. La notion de bibliothécaire spécialiste

Je voudrais présenter la formation de base en Hongrie qui nous permet de devenir bibliothécaire spécialiste.

La formation des bibliothécaires est assez complexe. Après le baccalauréat il y a quatre ans à l'école supérieure ou à l'université. Pendant ces années le thème et le sujet des cours sont vraiment larges. J'en présente un extrait dans l'annexe n° 3a (original et traduit en français). Nous pouvons constater la différence entre la tradition anglo-saxonne et française. Après ces études nous pouvons être assurés de posséder un diplôme par lequel le/la bibliothécaire est capable de travailler dans tous les secteurs de la bibliothèque.

Pour des raisons didactiques, je vous donne une définition rapide de la notion de bibliothécaire spécialiste, dans les pays anglo-saxons. Dans le vocabulaire bibliothéconomique anglo-saxon la notion de « subject specialist » (qui peut se traduire, d'après Danton, par « bibliothécaire spécialiste » en français ; « Referent » en allemand ; par « bibliotecario referencista especializado » en espagnol) définit un type de bibliothécaire propre aux seuls établissements d'étude et de recherche :

  • bibliothèques nationales

  • bibliothèques universitaires

L'idée fondatrice est qu'il semble possible d'établir un profil de bibliothécaire qui combine un savoir universitaire spécifique et une grande efficacité dans toute une série de tâches bibliothéconomiques.

Au sens large, le bibliothécaire spécialiste est donc caractérisé solidairement par son rôle dans la bibliothèque et par sa formation professionnelle :

  • il est chargé d'organiser les services et les ressources de la bibliothèque dans un domaine spécialisé du savoir. Ce domaine peut être très étroit ; le plus souvent, il est assez large et couvre un éventail de disciplines adjacentes au sein d'un même département universitaire ;

  • pour mener à bien cette tâche, le bibliothécaire spécialiste doit être, si possible, doublement diplômé et compétent : d'une part, en bibliothéconomie ; d'autre part, dans une discipline universitaire particulière, à un niveau plus ou moins élevé.

En Hongrie aussi l'enseignement de bibliothécaire suit cette tradition qui permet de travailler dans toutes les diverses bibliothèques du monde. Par exemple dans les établissements supérieurs les étudiants font parallèlement deux spécialités : bibliothécaire-professeur de biologie, bibliothécaire-professeur de mathématique etc. En ce qui me concerne j'ai fait mes études pour devenir bibliothécaire et professeur de français.

La formation scientifique des ces bibliothécaires qui font des études de biologie les rend parfaitement aptes à  aborder la prévention des conduites à risques. Imaginons un étudiant formé bibliothécaire- professeur de biologie, il a toute sa qualification pour être en partenariat avec les membres de CESC ou les autres spécialistes. Ou bien un(e) étudiant(e), qui a fait ses études bibliothécaire-professeur des écoles, est prêt(e) à travailler dans un CDI et faire partie du CESC car il/elle possède des connaissances pédagogiques, une spécialité enseignement. Dans le déroulement du partenariat avec les documentalistes, les bibliothécaires-enseignants ne peuvent pas causer de problème dans les processus scolaires.

Selon Holbrook, le développement impétueux de la notion de bibliothécaire spécialiste correspond à la mutation massive qui affecte la philosophie des bibliothèques, lesquelles désormais complètent leur rôle de conservation par un souci aigu de communication large et d'exploitation féconde des collections.

Conclusion par Michel Mingam

9 :
 BBF 1981 - Paris, t. 26, n° 3 : La fonction de bibliothécaire spécialiste dans les...

« La spécialisation des bibliothécaires, relativement récente dans les pays anglo-saxons, n'a pas encore produit toutes ses potentialités. Cependant, on ne saurait nier que, là où elle est appliquée avec conséquence, elle assure (…)  la commune satisfaction des bibliothécaires et des usagers.»9

III.1.2 Médiation, médiation documentaire, typologie des médiateurs

Les rôles des bibliothécaires sont réellement multiples. Ils doivent adapter leurs acquis à leur travail quotidien. Les bibliothécaires sont des intermédiaires. Ils ont une mission de médiation.

Comment pouvons-nous traduire le mot médiation?

10 :
 http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9diation

« La médiation est une pratique ou une discipline qui vise à définir l'intervention d'un tiers pour faciliter la circulation d'information. Le tiers est appelé médiateur. La définition de cette activité varie selon les contextes d'application. Néanmoins, des constantes existent à chaque fois qu'un tiers intervient pour faciliter une relation ou la compréhension d'une situation et des éléments de pédagogie et de qualité relationnelle se retrouvent dans les pratiques de la médiation. »10

11 :
 www3.ac-clermont.fr/pedago/docu/z_pagedaccueil_archives/stagealava.htm

Qu'est-ce que c'est la médiation documentaire ? « La médiation documentaire est l'activité par laquelle un document propose une situation de relation entre un auteur et un lecteur. »11

Envisageons-la sous une forme pyramidale : par cette pyramide nous voyons clairement les points cardinaux.

Image4

12 :
 BBF 2007 - Paris, t. 52, n° 6 Nouveaux outils pour la recherche: Les médiations dans...

« L’exploration de la notion de médiation dans le domaine de la lecture publique ouvre de larges horizons à la recherche sur les représentations qu’ont les bibliothécaires de leurs missions et permet d’identifier leurs différents positionnements vis-à-vis des destinataires de l’offre que sont les publics et les publics éloignés ; elle permet d’aborder d’emblée la question de la démocratie culturelle dans les bibliothèques publiques. »12

Il est possible de dégager six profils de médiateurs dans les bibliothèques publiques :

  • « bibliothécaire-médiateur », représentant d’une conception holiste de la médiation ;

  • « médiateur-surveillant », agent régulateur des incivilités de plus en plus nombreuses dans les bibliothèques publiques ;

  • « médiateur en bibliothèque » contribuant à la familiarisation au fonctionnement de la bibliothèque et à la socialisation autour du livre ;

  • « médiateur du livre », un organisateur de rencontres autour de l’écrit, agissant à l’intérieur mais surtout hors les murs ;

  • « animateur » en nouvelles technologies de l’information découvreur d’internet et agent de réduction de la « fracture numérique » ;

  • « médiateur-phasme » ou le médiateur sans médiation, exemple d’emplois de substitution qu’un corps professionnel utilise pour déjouer les stratégies institutionnelles.

Concernant mon projet je suis plutôt proche au type de bibliothécaire-médiateur et médiateur en bibliothèque. La façon qui j'utilisais, pendant le déroulement de mon stage de trois mois.

III.1.3. Bibliothérapie

Trois mois de travail sur le sujet de la PCR. Nous devons nous rendre compte que c'est un thème délicat. Des acquis pédagogiques, des expériences, une formation professionnelle (attestation de la PCR) sont insuffisants. Il existe une autre branche professionnelle qui appartient 100% à ce sujet. Celui-ci est la psychologie dans le milieu des bibliothèques que nous appelons la bibliothérapie.

Définissons le terme de la bibliothérapie : la bibliothérapie constitue une forme d’aide psychologique dans laquelle l’utilisation de matériel écrit est au centre de la procédure d’intervention. La bibliothérapie peut être utilisée selon diverses modalités, définies en fonction du degré de contact avec le bibliothérapeute. Il peut varier de l’absence de contact à un contact régulier.

Dans la formation des bibliothécaires la bibliothérapie est une partie spécifique car elle se situe à un domaine très complexe et il est nécessaire d'étudier profondément et de posséder des expériences. Cela suppose une relation très sensible mais en même temps très ouverte et solide avec les usagers. A côté des connaissances psychologiques nous devons être bien formés à la fonction de la bibliothécaire, il faut connaître un large choix de documents. Nous devons avoir de grande capacité d'empathie pour comprendre la psychologie de l'usager et apporter la réponse adaptée par les moyens de la bibliothèque.

La bibliothérapie peut se présenter sous la forme d'une discussion profonde en proposant le livre ou les autres documents appropriés (DVD, CD, revues etc).

Mais comment pourrions-nous mesurer l'efficacité de notre travail ? L'efficacité se montre par le remerciement, par la satisfaction des usagers. Une conversation aimable entre le/la bibliothécaire et l'usager – comme j'ai bien appris de Chantal Yvenat – peut être considérée comme une mini bibliothérapie.

Si nous voulons la mesurer avec un indicateur nous utilisons le TQM (Total Quality Management) qui a une équivalence française, notamment la démarche qualité. D'où vient-il ce terme ? Que signifie cette abréviation ?

III.1.4. TQM (Total Quality Management)

13 :
 http://www.piloter.org/process-management/tqm-qualite-totale.htm

Le TQM formule ainsi la définition de la qualité: « La qualité est l'aptitude d'un ensemble de caractéristiques intrinsèques d'un produit, d'un système, d'un processus à satisfaire les exigences des clients et autres parties intéressées »13. Une formulation reprise par les concepteurs des normes ISO 9000.

Comment pouvons-nous intégrer la bibliothérapie et le TQM dans le travail de la bibliothèque ? Il convient de construire un projet selon une démarche rigoureuse, qui inclut une étape d'évaluation. L'accueil que j'ai réservé aux usagers et l'organisation de mon stand font partie des démarches qualité que nous pouvons mesurer par des indicateurs : le nombre d'usagers augmente par l'efficacité du travail. Le  questionnaire de satisfaction que je présenterai à la fin de mon mémoire dans la 4ème partie, a été conçu à cet usage.

III.2. Coopération avec divers partenaires (documentaliste/infirmière)

Pour pouvoir installer un stand bien organisé j'ai commencé la recherche des ressources parmi les documents de la bibliothèque de Nantiat, parallèlement à ceux de la BDP et à ceux du CDI du lycée Jean Monnet. A chaque occasion j'ai fait une présentation de mon sujet aux documentalistes et aux infirmières en demandant leurs conseils, leurs aides.

Le premier contact a été effectué le 14 avril avec Mme Visconti et avec Mme Bardet du CDI de Jean Monnet. Grâce à ces rendez-vous j'ai pu découvrir leur métier, connaître le fonds et les locaux. J'y suis retournée plusieurs fois pour consulter leurs points de vue, demander leurs conseils. Nous avons consacré une bonne partie du temps à faire connaissance avec le logiciel BCDI du CDI avec des recherches documentaires sur le sujet de la PCR.

J'ai continué ma recherche en contactant l'infirmière du lycée Jean Monnet. Le 17 avril Marie-José Courcinoux m'a fourni des brochures en grand nombre de telle sorte que les usagers puissent les emporter chez eux. J'ai choisi celles sur lesquelles je souhaitais mettre l'accent. Mme Courcinoux m'a fait découvrir un programme sur la prévention en 2008. Elle m'a mis à disposition les documents nécessaires pour organiser une journée de la santé. Comment faut-il procéder pour faire intervenir quelqu'un, quelles sont les démarches et les étapes ponctuelles. Après cette rencontre j'ai décidé de faire une animation au sein de la bibliothèque pour les scolaires avec un intervenant. Malheureusement la limite du temps ne m'a pas permis de le faire. Pour pouvoir réaliser cette animation avec un(e) intervenant(e) j'aurais eu besoin de l'accord du CESC. Dans la partie  « Dispositifs en vigueur » j'ai déjà évoqué le partenariat car le but de mon travail est de présenter une initiative dans la bibliothèque avec une pré-coopération avec le CESC et les documentalistes. Un projet en section jeunesse, un travail d'équipe au niveau des professionnels d'éducation pourraient être réalisés.

Comment la bibliothèque peut-elle intervenir en milieu scolaire ? Faut-il que la bibliothèque prenne les charges d'organisation ou qu'elle se limite au rôle d'aide ?

Dans la bibliothèque il y a toujours des animations pour les classes. J'ai profité des visites des classes pour présenter mon stand aux enseignants. Chaque rencontre peut servir à un échange de point de vue et à proposer des idées.  D'où prenons-nous les idées, comment sommes-nous informés des problèmes quotidiens des adolescents ? Bien évidemment par la vie scolaire au collège. Les enseignant(e)s connaissent mieux les élèves, leurs problèmes et leur vie. Ils les observent pendant les cours, pendant les récréations. Par des réunions les participant(e)s (des bibliothécaires, des enseignants et des infirmières) peuvent s'attacher à organiser des événements. Comme nous l'avons déjà évoqué, il faut commencer à  préparer le projet un an avant dans le cadre officiel du CESC.

La rencontre avec le documentaliste du collège de Nantiat, Pierre Gautret, a été plus difficile car il est très occupé et je pouvais lui parler plutôt plus facilement au téléphone. Le premier RDV a été effectué le 29 mai. A cette occasion-là j'ai eu la possibilité d'avoir une conversation avec l'infirmière du collège. Elle a présenté la situation des jeunes dans le milieu scolaire et a répondu à mon questionnaire (Annexe n° 10) ; elle a trouvé que mon « initiative est très bien car beaucoup de jeunes vont à la bibliothèque ».

Grâce à mes rencontres j'ai pris connaissance de beaucoup d'expériences qui m'ont aidé à améliorer mon projet et mon stand. Le but des rendez-vous était que je puisse connaître le système scolaire français afin de pouvoir réaliser mon initiative. Avec mon travail j'ai visé le 3ème niveau de coopération car il existe plusieurs niveaux qui dépendent bien évidemment du type des personnels :

1ère étape : Fournir simplement des ressources au public

2ème étape : Encourager les usagers à fréquenter l'autre structure (« tu trouveras ce livre là-bas »). En Hongrie le point de vue est différent : il faut fournir tous les documents pour donner satisfaction aux usagers.

3ème étape : Faire une intervention en partenariat, coopérer, organiser les événements ensemble, faire venir un intervenant extérieur (par exemple en février en 2009 – "La journée de la santé" à Jean Monnet : travail commun par des documentalistes, l'infirmière, intervenants).

Durant mes rencontres avec les personnels du CDI j'ai pris le temps de pouvoir échanger des points de vue, de voir comment améliorer mon projet. Elles m'ont beaucoup aidée pendant les trois mois par leurs idées. Avec mon travail j'ai éveillé leur intérêt pour le sujet. Nous pourrions dire que j'ai déclenché un changement. Le résultat est que dans leurs recherches elles ont approfondi ce domaineet elles ont trouvé des livres très récents, notamment l'un dont la date de parution est le 19 mars 2009 (« Tout savoir sur le sexe... »).

J'ai déjà précisé dans la justification du choix de thème qu'avec mon travail je voudrais favoriser la coopération, le partenariat avec les personnels qui sont dans l'entourage du système d'éducation.

Le partenariat avec les associations qui s'occupent de la prévention des conduites à risques est aussi important. La brièveté du stage ne m'a pas permis de faire venir quelqu'un(e) pour établir une vraie animation. Mais j'en ai prévu le cadre, et les informations nécessaires sont préparées pour les documentalistes et les bibliothécaires qui souhaiteraient travailler dans ce sens.

Voici une liste des associations à l'attention au grand public :

  • FRAD : Formation Relais Anti Drogues

  • CDPA : Centre Départemental de Prévention de l’Alcoolisme

  • CCPD : Comité Communal de Prévention de la Délinquance

  • CDPD : Comité Départemental de Prévention de la Délinquance

  • CESC : Comité d’Education à la Santé et à la Citoyenneté

  • CFES : Comité Français d’Education pour la Santé

  • CODES : Comité Départemental d’Education à la Santé

  • MILDT : Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et les Toxicomanies

  • OFDT : Observatoire Français de Drogues et des Toxicomanies

III.3. Collecte des ressources

Nous proposons une liste des documents dans l'annexe n° 3b concernant les deux premiers type de ressources.

III.3.1. Ressources imprimées

Avant l'installation du stand j'ai été obligée de faire des recherches sur le thème. Cette étape prend beaucoup de temps car nous devons faire attention à la qualité des livres. Le fonds de la bibliothèque de Nantiat ne possède pas assez de documentation sur le sujet c'est pour cela que nous avons commencé à feuilleter les livres de la BDP Haute-Vienne le 30 avril. Avec l'aide des personnels de la BDP nous avons visité le magasin pour trouver des documents pertinents. Durant ces recherches nous sommes arrivés à trouver  une exposition sur le thème du SIDA.  La BDP fournit une partie du fonds de la bibliothèque de Nantiat donc le prêt des documents était réglé. Je voulais vraiment présenter un stand riche donc je suis allée dans la Bfm de Limoges. Cette bibliothèque n'est qu'en réseau avec les annexes (Beaubreuil, Aurence etc.). Par contre elle a un très bonne collection sur la prévention des conduites à risques. Pour trouver un moyen de pouvoir emprunter des documents (en plus grand nombre que la normale) j'ai demandé une carte d'animateur. Par le processus de la demande j'ai pris connaissances des règles et des conditions d'usager animateur. Par exemple nous devons avoir une attestation de l'employeur pour vérifier la demande. Dans cette étape de mon travail j'étais aidée par mes camarades qui y faisaient leurs stages. Nous avons sélectionné plutôt les livres récents avec illustrations.

Le panneau choisi pour le stand ne pouvait rester que pour deux semaines dans notre bibliothèque car la bibliothécaire de Compreignac en avait besoin pour une exposition. Le jour de la récupération des panneaux plastifiés j'ai eu l'occasion d'échanger des points de vue avec elle et nous pouvons parler d'une coopération.

Une liste de documents utilisés et disponibles au publique figure dans l'annexe n° 3b.

III.3.2. Ressources sonores

Afin de toucher un large public nous devons trouver les documents les plus divers. Nous ne pouvons pas rester à côté des livres parce que les jeunes sont attirés par les documents sonores c'est pour cela que j'ai essayé de fournir mon stand avec plusieurs supports, des livres jusqu'aux DVD et VHS.

En ce qui concerne les  documents sur la prévention j'ai remarqué qu'il y a peu de choix. Les VHS et les DVD ne sont pas récents et les bibliothèques en possèdent vraiment peu. Après des jours de recherche quelques cassettes pouvaient être posées sur le stand à l'attention des adolescents. Le seul DVD documentaire qui s'adresse aux adolescents (plutôt aux collégiens) se trouve à la Bfm mais il y a un problème de lecture.

La pénurie de ressources sonores a bloqué mon travail et je me suis orientée vers les documents électroniques qui sont très courants de nos jours. Ce sont les moyens les plus souvent utilisés par les adolescents.  

III.3.3.Ressources électroniques

Dans la partie « II.3. Pratiques numériques des adolescents » nous avons souligné l'utilisation des ressources électroniques chez les adolescents. Dans le même ordre d'idées je voudrais faire découvrir quelques pages très utiles et exploitables que j'ai trouvées pendant mes recherches. La liste contient aussi des sites qui ont été suggérées par les documentalistes de CDI :

Ces pages sont faites pour les adolescents.

La dernière adresse est celle d'un site complet qui a obtenu un vif succès chez les jeunes : « Zizi sexuel l'expo ! L'amour et la sexualité expliqué aux pré-ados. » (Annexe n° 4). Cette animation innovante a été proposée à l'occasion d'une exposition réalisée par la Cité des Sciences et de l'Industrie à Paris du mardi 16 octobre 2007 au dimanche 1er février 2009. Elle est adaptée du célèbre « Guide du zizi sexuel » de Zep et Hélène Bruller qui répond avec humour, délicatesse et exigence à toutes les questions que se posent les pré-adolescents sur l'amour et la sexualité. Sur un ton drôle et décalé, « Zizi sexuel, l'expo! » délivre une foule d'informations scientifiques tout en transmettant des valeurs essentielles comme le respect et le consentement. Ce site s'adresse aux pré-adolescents pour les préparer à la vie sexuelle. Cette présentation est très appréciée par les adolescents, le contenu est facilement compréhensible et aussi amusant.

14 :
 Protection du milieu scolaire Usage de l’internet dans le cadre pédagogique et...

Les adolescents cherchent aussi par eux-mêmes des informations sur Internet, sans avoir une conscience claire des risques encourus. Dans la vie commerciale plusieurs compagnies font des sondages pour favoriser leurs logiciels de surveillance parentale. Concernant le domaine scolaire et la bibliothèque une démarche de sécurité commence à se mettre en place. Dans la plupart des bibliothèques et des CDI il y a une sécurité pour la protection des adolescents. Notamment dans le collège Maryse Bastié de Nantiat et le lycée des métiers Jean Monnet, qui se servent des filtres du Ministère de l'Education Nationale14.

Dans l'@postrophe le logiciel de surveillance, nommé Pure Sight (qui est fourni avec le SIGB Paprika) ne donne pas d'accès aux sites non souhaitables pour les enfants et les adolescents. Chaque bibliothèque utilise un logiciel adapté à ses besoins. Mais la vigilance et la présence des parents ne peuvent être remplacées.

Pour les parents, il faut choisir un logiciel de protection parmi ceux que doit légalement leur proposer leur fournisseur d'accès. Plusieurs logiciels sont disponibles dans l'annexe n° 5.

Il est aussi nécessaire de présenter un label moins connu qui donne confiance aux usagers : HONcode. Ce label basé sur une charte, est un moyen de vérification de la fiabilité des sites Internet consacrés à la santé. Son but est de certifier certains sites Web médicaux et de santé. Cette charte permet de s'assurer qu'un site Web respecte certains standards, notamment en termes de vérifiabilité des informations. Elle ne garantit pas néanmoins la véracité des informations présentes sur un site, le contrôle du contenu ne faisant pas partie des critères de sélection. En adhérant aux principes et en affichant le logo HONcode, le propriétaire d'un site web s'engage à respecter les huit principes de bonne conduite élaborés par la fondation non gouvernementale suisse Health On the Net Foundation (HON), basée à Genève depuis 1995. Cette fondation est reconnue comme une référence en matière de labellisation de sites relatifs à la santé et a déjà certifié plus de 5 500 sites dans 72 pays, dont 300 en France.

Dans le cadre de la loi française du 13 août 2004, relative à l’assurance maladie et répondant aux recommandations européennes de l’Europe 2002, la Haute Autorité de santé (HAS) a reçu pour mission de déterminer les règles de bonnes pratiques devant être respectées par les sites français d’information de santé. Elle a choisi de confier cette mission à la fondation Health on the Net (HON).  HAS et HON ont établi ensemble une convention de partenariat d'une durée de trois ans.

Le site de Fil Santé Jeunes est le premier site qui s'adresse aux adolescents et bien évidemment au grand public. Cette page contient des informations, des renseignements certifiés par Honcode.

III.4. Stand

Pourquoi un stand ?

Pendant les trois mois du stage j'ai installé un stand de prévention avec les différents documents. Le stand est plutôt un bureau personnel, bien rangé et présenté avec des dossiers contenant les brochures, classés par thèmes. Chaque dossier contient des prospectus disponibles dont les usagers peuvent se servir, ou prendre et lire chez eux si le public est gêné. Au début les brochures s'adressaient spécifiquement aux adolescents mais l'expérience de deux mois me dictait de les changer fréquemment. Les dossiers étaient uniques, préparés à la main selon mon propre goût. (Annexe n° 6)

Le stand a été installé le 2 mai après un mois de recherche des documents appropriés. Le lieu était dans un coin «intime» de la bibliothèque pour créer vraiment une ambiance tranquille, prête à accueillir les adolescents timides et donner la possibilité de se cacher, pour feuilleter les livres déposés. La première semaine les lecteurs n'ont pas fait attention et ils avaient peur de toucher les livres. Pour l'affichage il n'y avait pas assez de place. Donc l'idée de former un endroit paisible pour se plonger dans le thème, devait être développée. Ce développement s'est présenté par un déplacement du stand. Le 9 mai on l'a mis juste à côté du bureau de la directrice et du rayonnage de documents jeunesse (Annexe n° 7). Grâce au nouvel endroit j'ai eu la possibilité d'enrichir mon répertoire d'affiches avec la grande surface offerte par la porte, en adaptant aux ressources et à la communication. Mon affiche du Sida, récupérée de la BDP a eu un grand espace. La bibliothèque départementale de prêt a fourni des expositions aux bibliothèques dont l'une a pour thème le Sida. J'ai choisi un  panneau pour animer mon stand. Celui-là a été transféré au centre socioculturel de Compreignac à l'occasion de l'exposition sur le thème du Sida.

Le stand était disponible au public. D'après une technique de bibliothérapie je ne voulais pas forcer les usagers, je suis donc restée derrière la banque de prêt et j'ai essayé d'orienter les lecteurs vers mon stand. Une conversation orientée, une question sur le sujet et l'usager était intéressé pour se renseigner.

« Éveillons l'intérêt des usagers sans forcer, de façon indirecte. »

Pour enrichir mon stand j'ai préparé des affiches pour les collégiens de Nantiat et une deuxième indiquant le but du stand (Annexes n° 8 et 9).

Finalement j'ai préparé une boîte de sondage avec mes questionnaires, celle que nous pouvons voir sur la photographie du stand dans l'annexe.

Je dois mentionner que les affiches et la boîte de sondage sont uniques, car je les ai faites à la main pour éviter les conséquences du plagiat. La fabrication a duré pendant des jours mais je voulais présenter des supports authentiques et uniques.

IV. Évaluation du projet : le questionnaire – comparaison

Je présente les modèles de mon questionnaire en montrant la satisfaction des usagers qui l'ont rempli. Nous pouvons considérés que les adolescents et les adultes aussi étaient satisfaits de mon stand. Sans forcer ils ont aidé mon travail en répondant à mes questions. La plupart des usagers qui ont fréquenté mon stand ont pris des brochures sans donner leur avis. Ce phénomène tout à fait compréhensible car le thème de la sexualité est resté un tabou et les gens ont eu du mal à parler, à discuter sur ce sujet.

Mon questionnaire figure dans l'annexe n° 10 ; voici les résultats obtenus :

  Féminins Masculins

Adolescents

Adultes

Adolescents

Adultes

Nombre de questionnaires

8

5

2

-

Questionnaire 3

Oui

Oui

Oui

-

Questionnaire 4

Oui

Oui 

Oui

 

Questionnaire 5 

Facultatif

Comme nous pouvons constater, j'ai eu quinze réponses. La majorité des participants était les adolescents, en particulier les filles. Il n'y avait aucune réponse d'adultes masculin ce qui montre que les hommes sont plus réservés que les femmes dans leur approche de ces questions. Concernant les questions 3, 4 les usagers sont unanimement satisfaits et dans la 5ème question il n'y avait pas de reproches.

Voici quelques réponses:

« un site internet utile si non le stand est très bien attractif [sic] avec des nombreux livres dépliants, K7 »

« des BD sur le sujet, des articles, des DVD »

« je pense qu'il n'y a rien rajouter et tout est déjà là. Et c'est très bien expliqué! »

« adresses mail ou contact personnes qui s'occupe [sic] de ces thèmes. Faire un coin + intime »

« je pense qu'une distribution de préservatif aurait put [sic] être interressante. Sinon je pense que tout est là »

Conclusion

Après trois mois de recherche, de renseignements je suppose que la bibliothèque est un endroit excellent où nous pouvons aborder le sujet de la prévention avec les adolescents et parallèlement avec les parents, c'est une méthode qui peut fonctionner dans les bibliothèques, notamment dans la bibliothèque de Nantiat. Mon but est de faire voir que la bibliothèque est un endroit où on peut toujours intégrer, compléter des nouveautés, des éléments nécessaires qui aident dans la vie sociale. Avec une co-organisation des documentalistes, des infirmières, des bibliothécaires, des enseignants nous plantons les graines des bases de la saine vie sexuelle. Les bases ne sont pas les mêmes qu'en Hongrie, mais un travail adapté permet de réaliser un projet de type.

Par ce projet je voudrais montrer une nouveauté qui peut être développée par d'autres, ou simplement permettre d'utiliser mon rapport comme ressource sur ce thème. Mon mémoire et les supports sont disponibles au public pour s'en servir, progresser, améliorer les actions et le déroulement.

Annexes

Annexes (4,7Mo)

Notes

1  Ministère de l'éducation nationale. Circulaire n°2003-027 du 17-2-2003 Bulletin officiel n°9 du 27 février 2003.

2  La sexualité des adolescents/ Sondage publié dans VSD le 23 décembre 1999.

3  Education à la sexualité: Guide d'intervention pour les collèges et les lycées, page 10.

4  BBF 1998 – Paris, t. 43, n° 1, p. 20-23 Dossier : La démarche qualité / Eric Sutter

5  Éducation à la sexualité : guide d'intervention pour les collèges et les lycées. Paris : MENESR, 2003

6  Sondage Ifop – Délégation Interministérielle à la Famille/ 29 septembre 2005

7  CREDOC Enquête « Conditions de vie et Aspirations des Français » : La diffusion des technologies de l'information et de la communication dans la société française (2008)

8  The Daily Telegraph de mardi 10 février 2009 à 11H07 par Maxime Johnson

9  BBF 1981 - Paris, t. 26, n° 3 : La fonction de bibliothécaire spécialiste dans les bibliothèques universitaires anglo-saxonnes

10  http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9diation

11  www3.ac-clermont.fr/pedago/docu/z_pagedaccueil_archives/stagealava.htm

12  BBF 2007 - Paris, t. 52, n° 6 Nouveaux outils pour la recherche: Les médiations dans les bibliothèques publiques/ Anne  Mayère, Florence Muet

13  http://www.piloter.org/process-management/tqm-qualite-totale.htm

14  Protection du milieu scolaire Usage de l’internet dans le cadre pédagogique et protection des mineurs, Circulaire N°2004-035 du 18-2-2004

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Pour citer ce document

Gunyecz Irén. Projet relatif à la prévention des conduites à risques en section jeunesse, [En ligne], Rapport de stage, Licence professionnelle Métiers des bibliothèques et de la documentation. Limoges : Université de Limoges, 2009. Disponible sur : http://epublications.unilim.fr/memoires/licenceprombd/187 (consulté le 19/09/2017).