Pénélope Cornair

Création d’un service complémentaire aux accueils de classe : les valises thématiques : la place de la médiathèque dans un partenariat avec l’enseignement primaire.

Maître de stage : Alexandra Roland
Directrice,
Médiathèque de Gien

stage effectué du Stage effectué du 30 Mars 2010 au 26 Juin 2010

stucture d'accueil : Médiathèque de Gien

publiée en ligne le 20 janvier 2011

Couverture du rapport de stage


La médiathèque de Gien offre déjà aux écoles primaires et maternelles de la ville un service d’accueils de classe. L’équipe souhaite enrichir les échanges déjà en place en instaurant un service de prêt de valises thématiques. Après une étude des différentes formules d’accueil, la création des valises a débuté : Une trentaine de documents sur un même sujet sont regroupés dans une valise, avec une bibliographie et quelques autres documents d’accompagnement. Ces valises seront ainsi prêtées aux écoles de la ville.

In Gien, the library yet provides the town’s primary and nursery schools with an offer of “class welcoming”. The team wishes to give more depth to the exchanges with schools in creating a loan service of thematic suitcases. After a reflection about the different ways to welcome classes, the suitcases’ creation has started: Almost thirty documents upon a similar subject are put together in a suitcase, with a bibliography and some other accompanying documents. These suitcases will thus be lent to the town’s schools.

Je remercie mon maître de stage, Alexandra Roland, directrice de la médiathèque de m’avoir accueillie au sein de la médiathèque de Gien et de m’avoir accompagnée tout au long du stage.

Je remercie également Josiane Panigot, en charge des accueils de classe, dont l’aide m’a été très précieuse, ainsi que l’équipe de la médiathèque au grand complet, pour leur accueil chaleureux et leur disponibilité face à mes questions.

Je tenais également à remercier Monsieur Jean-Pierre Hurtiger, Maire de Gien, pour m’avoir permis de faire mon stage à la médiathèque.

Je remercie surtout Madame Paulette Trouteaud-Alcaraz, mon professeur référent, pour ses nombreux conseils.


Texte intégral

Introduction

La Médiathèque de Gien a remplacé, depuis deux ans déjà, l’ancienne bibliothèque municipale et s’inscrit maintenant au sein de l’Espace Culturel de Gien. Sous cette appellation sont regroupés, sur un même lieu, un hall d’exposition, un atelier d’art contemporain, un atelier d’arts plastiques, des ateliers de chant, de poterie, une école de musique, et, bien sûr, la médiathèque.

C’est suite à ce changement de contexte culturel que la direction de la médiathèque a décidé d’étendre ses activités préexistantes, de les développer afin de profiter au mieux de la richesse des nouveaux locaux. C’est donc dans ce cadre d’expansion culturelle que vient s’inscrire le projet qui m’a été confié puisque je dois, avec toute l’équipe en charge des accueils de classe, mettre en place un complément aux accueils de classes déjà existants : les valises thématiques destinées aux enseignants.

Avant de pouvoir envisager la mise en place d’un  projet d’une telle importance, 23 valises sont prévues pour l’instant (voir annexe 1), une étude des accueils déjà en places est nécessaire, afin de déterminer la position qu’a choisi d’adopter l’équipe de la médiathèque en ce qui concerne les partenariats avec les enseignants. Suite à cette étude, une réflexion sur la mise en place des valises, qui aboutira sur la réalisation effective de bon nombre d’entre elles, pourra alors être engagée. Ma mission au sein de la médiathèque sera donc de déterminer comment mettre en forme les valises ainsi que d’en réaliser un maximum afin de permettre à l’équipe de la médiathèque d’en démarrer le prêt dès la rentrée scolaire de septembre 2010. Mais tout cela ne pourra se faire sans une réflexion en continu sur la place de la médiathèque dans un partenariat avec l’enseignement.

1 Présentation de la structure

1.1 L’Espace Culturel

Situé dans l’ancienne école supérieure de jeunes filles de Gien, en plein centre de la ville, l’Espace Culturel mêle architecture moderne et classique. Si des bâtiments spécifiques, sont réservés au hall d’exposition, à l’auditorium et aux écoles d’arts, la médiathèque et l’école de musique se partagent le bâtiment principal. L’architecture du lieu est donc, de ce fait, quelque peu éclatée. Au détour de couloirs qui peuvent parfois sembler interminables, l’on passe d’un département de la médiathèque à un ensemble de salles de cours de l’école de Musique. Cette proximité est riche en mixité culturelle et en passerelles artistiques, mais peut parfois dérouter de nouveaux usagers.

1 :
 Pour la présentation des Ateliers et de leurs animations :...

L’Espace culturel au sein duquel s’inscrit la médiathèque donne à cette dernière un caractère particulier puisqu’il renforce la mission culturelle propre à toute médiathèque. En effet, entourée des écoles de musique et d’arts plastiques et du hall d’exposition, la médiathèque apparaît comme le point d’orgue culturel de l’ensemble, et par là-même, de la ville. Grâce à cette configuration, de nombreux projets riches en coopération peuvent voir le jour ce qui est un point très important à développer dans l’optique de démocratisation de la culture qui est désormais celle de la ville de Gien. Mais il existe également un autre point important à prendre en compte : du fait de son inscription au sein de l’Espace Culturel, la médiathèque n’est plus maitresse de son budget animation. Celui-ci dépend maintenant du Directeur des Affaires Culturelles. Si cela n’a pas d’impact direct sur mon projet, puisque tout les achats futurs passeront majoritairement sur le budget « acquisitions », il n’en reste pas moins crucial de le savoir, spécialement si des animations viennent à être envisagées pour promouvoir les valises. Ce qui pourrait être le cas pour la valise Abécédaire grâce à l’exposition et aux animations organisées par Les Ateliers Art Terre1 en accompagnement de leur livre L’ABC des bestioles, présent dans la valise destinée aux cycles 2 (Voir la partie : 3 Les valises thématiques).

1.2 La Médiathèque

1.2.1 Le contexte socio-culturel

La population de la ville de Gien, qui s’élève à environ 15 500 habitants, est assez particulière. En effet, bon nombre des habitants ne sont pas francophones. Cela est dû au fait que Gien est une ville d’exil et accueille un centre d’asile qui attire une population souvent en difficulté et peu familiarisée avec la langue française. De plus, étant entourée des centrales nucléaires de Dampierre en Burly et de Belleville sur Loire, Gien voit passer un nombre élevé de cadres et d’employés des centrales. C’est un brassage constant d’employés qui tournent beaucoup. Au cœur de tout ceci, la médiathèque a donc le rôle clef de « phare de la culture ». Elle doit s’adapter aux demandes très diverses et répondre aux attentes des publics en difficultés peu habitués à la culture comme à celles des cadres habitués à travailler dans de nombreuses villes et à avoir un accès permanent et riche à la culture.

1.2.2 Généralités

En ce qui concerne la médiathèque à proprement parler, elle compte 12 employés permanents, dont 2 à temps partiel (contre 17 employés permanents et 21 employés à temps partiels pour l’Espace culturel en entier, sans compter les vacataires), ce qui fait d’elle la structure la plus importante de l’Espace Culturel d’un point de vue de masse salariale.

2 :
 Système Interne de Gestion de Bibliothèque.

Elle compte 2356 inscrits et accueille 1880 utilisateurs effectifs, originaires de la ville et surtout des environs. Ses collections s’élèvent à 45 000 documents, tous supports, gérés via le SIGB2 Orphée. Elle propose trois postes avec accès Internet payant, au deuxième étage, et deux forfaits d’abonnement :

  • le forfait « imprimés » (livres + revues + livres audio pour 9€ en tarif plein, gratuit en tarif réduit)

  • le forfait « tous supports » (livres + revues + livres audio + CD + DVD + CD-ROM pour 18€ en tarif plein et 4,50€ en tarif réduit).

1.2.3 Les Départements

La répartition des collections au sein de l’établissement passe par l’exploitation de trois salles : le département Cultures, au premier étage, accueille la Fiction, la Bande-dessinée et les Livres audio, le tout adulte comme jeunesse.

Fig I. Cultures : L’espace Romans

Département Cultures : L’espace Romans

(Pénélope Cornair, Gien 2010)

Fig II. Cultures : L’espace BD

Département Cultures : L’espace BD

(Pénélope Cornair, Gien 2010)

3 :
 « Généralités » selon la classification décimale Dewey.
4 :
 « Langage » selon la classification décimale Dewey.

Le département Sociétés, au deuxième étage, accueille les documentaires (de 0003 à 4004, c'est-à-dire informatique, philosophie, psychologie, religion, sociologie, langage, ...) ainsi que les albums et petits romans pour enfants et deux des postes informatiques en libre accès pour la recherche et l’accès Internet.

Fig III. Sociétés : L’espace Documentaires

Département Sociétés : L’espace Documentaires

(Pénélope Cornair, Gien 2010)

Fig IV. Sociétés : L’espace Petite Enfance

Département Sociétés : L’espace Petite enfance

(Pénélope Cornair, Gien 2010)

5 :
 « Sciences pures » selon la classification décimale Dewey.
6 :
 « Géographie et Histoire » selon la classification décimale Dewey.

Le département Découvertes, au deuxième étage également, met ainsi à la disposition des lecteurs des documentaires (de 5005 à 9006, c'est-à-dire histoire, géographie, nature, animaux, art …) ainsi que les CD, les DVD, un poste informatique en libre accès pour la recherche et la connexion à Internet et une salle de travail où se trouvent les rayonnages dédiés aux encyclopédies.

Fig V. Découvertes : L’espace CD / DVD

Département Découvertes : L’espace CD / DVD

(Pénélope Cornair, Gien 2010)

Fig VI. Découvertes : L’espace Documentaires

Département Découvertes : L’espace Documentaires

(Pénélope Cornair, Gien 2010)

2 Les accueils de classe

2.1 Généralités

2.1.1 Le contexte

La ville de Gien compte sept écoles maternelles-primaires publiques et une privée, soit un total de 1658 élèves pour 70 classes. Deux de ces écoles se trouvent à proximité immédiate de la médiathèque et peuvent donc s’y rendre facilement à pied. Pour les autres, un système de bus à été mis à disposition par la mairie afin de pouvoir leur permettre un accueil plus facile et sans discriminations. Les trajets en bus soulèvent cependant quelques problèmes : en effet, pour rentabiliser les trajets, il doit y avoir deux classes intéressées dans la même école, et si possible de la même tranche d’âge pour éviter d’éventuelles complications, même si cela n’est régulièrement pas réalisable.

7 :
 Zones d’Education Prioritaires
8 :
 Classe d’Intégration Scolaire

Certaines écoles étant situées dans des ZEP7, les animatrices sont parfois confrontées à des classes à forte majorité non-francophone, comme cela peut par exemple être le cas lors d’accueils de CLIS8. Cela nécessite une approche différente de la lecture, une vision autre des accueils de classe, une analyse nouvelle du rôle de la bibliothécaire vis-à-vis des enfants. Les animatrices doivent alors mener un travail de réflexion sur la façon dont devrait se dérouler un accueil dans ces cas-là. En général, toute la séance est centrée sur la communication avec les enfants, sur le ton de la voix et la théâtralisation des histoires afin de permettre aux élèves de s’habituer à la langue …

Les écoles étant très demandeuses, la Direction des Affaires Culturelles a décidé de privilégier les écoles publiques. Les classes intéressées s’engagent, en général, pour 3 accueils par an, sauf les classes de l’école Sainte Geneviève, seule école maternelle-primaire privée de la ville, qui n’assisteront qu’à deux accueils. Nous attendons les retours des enseignants pour avoir une idée du nombre de classes intéressées pour la rentrée 2010.

2.1.2 La politique de la médiathèque

9 :
 Sociologue, professeur associé à l’ENSSIB, auteur d’articles de recherche et de...

Lors de la mise en place de ces accueils de classe, la médiathèque a opté pour une position définitive : face aux nombreux types d’accueils de classe existants (visite de la médiathèque, initiation à la bibliothéconomie, contes…) l’équipe a choisi de se démarquer du côté pédagogique, qui dépasse son champ de compétences, se mettant ainsi en accord avec la définition que donne Bernadette Seibel9 de la médiathèque :

Tout en reconnaissant la fonction primordiale de l'école à qui elle doit son public, elle lui a laissé le rôle de transmettre des codes linguistiques et la maîtrise de l'écrit, et s'est spécialisée dans la signification de l'acte de lecture.

Ici, les accueils sont axés sur le plaisir de la lecture et de la découverte de nouveaux documents. C’est pour cela que, lors des accueils, la médiathèque ne souhaite pas fournir de documents ayant été au préalable demandés par un enseignant et n’aborde pas volontairement les sujets traités en classe, chose que les enseignants ont parfois du mal à accepter. Ce sont la découverte des livres et le plaisir de lire qui passent avant tout, sans pour autant tomber dans un refus strict et contre-productif. La médiathèque doit savoir être réaliste et s’adapter aux demandes tout en conservant sa vision des choses, comme l’expliquent ces citations de Marie-Isabelle Merlet, de la bibliothèque de Massy (1991), et de Caroline Rives :

L'idée était qu'il fallait développer très tôt chez l'enfant le goût et le plaisir de lire : l'apprentissage de la lecture n'est pas constitué uniquement par l'acquisition d'une technique. Il est tout aussi important que l'enfant, en apprenant à lire, n'associe pas la lecture à un exercice fastidieux, mais y prenne un véritable plaisir. Il faut qu'il puisse satisfaire son désir de rêve en découvrant le domaine de l'imaginaire. Marie-Isabelle Merlet.

La bibliothèque pour enfants, elle, se trouve à la croisée des chemins. Elle doit désormais se situer clairement dans le champ éducatif et culturel. Elle ne peut continuer à revendiquer sa généralisation et sa reconnaissance par les divers acteurs sociaux (écoles, collectivités territoriales, autres secteurs culturels, etc.), qui est en passe de rentrer dans les faits, et maintenir la fiction d'un espace de liberté et de plaisir intemporel, sans contraintes et sans compromissions, qui peut tout pour un petit nombre. Elle doit accéder à une vision réaliste de ce qu'elle peut proposer, tout en maintenant l'originalité de son apport, sous peine de se réduire au rôle de prestataire de services à une institution plus puissante. Caroline Rives.

Ces deux citations résument bien l’ambiguïté de la position de la médiathèque : elle ne peut, ni ne veut, en aucun cas se substituer au rôle pédagogique des enseignants, mais doit tout de même rester vigilante à ne pas s’enfermer dans un refus strict de toute pédagogie. La médiathèque doit jongler entre la réalité de ce qu’elle peut réellement apporter aux enfants et sa volonté de se démarquer du rôle des enseignants. C’est ce qu’essayent de faire toutes les animatrices lors de leurs accueils, tant bien que mal.

2.1.3 Les différentes formules d’accueils

Actuellement, la médiathèque propose officiellement deux types d’accueils : l’accueil trimestriel et la rencontre privilège (qui n’est pas à proprement parler un accueil de classe mais qui reste un élément important dans le partenariat entre école et médiathèque). L’accueil trimestriel, le plus courant, se compose de trois accueils par an, avec emprunt. Il est destiné à tous les niveaux et a pour but de faire découvrir le plaisir de la lecture aux enfants. La rencontre privilège est particulière dans le sens où elle ne s’adresse qu’aux enseignants et a pour but de leur faire découvrir tous les outils pédagogiques existant à la médiathèque. La mise en place d’une troisième formule est prévue pour la rentrée 2010, sur demande de certaines écoles qui trouvaient la formule trimestrielle trop lourde. Pour pallier à cela, une formule dite « de Découverte » a été testée et va être officialisée. Cet accueil serait unique sur l’année, peut-être sans emprunt, et aurait pour but de faire découvrir la médiathèque aux enfants à partir d’un certain âge qui reste à définir.

2.2 Déroulement des séances

2.2.1 Formule Trimestrielle

Les accueils se déroulent tous, en général, en Sociétés, dans l’espace petite enfance et en salle Marcel Petit, une salle commune à la médiathèque et à l’école de musique, aménagée pour y accueillir des enfants pour des lectures. Parfois, lorsque l’enseignant en fait la demande, ou lorsque l’animatrice le décide, elle peut juger intéressant d’accueillir les enfants dans de nouveaux départements. Il peut exister des variantes, selon les animatrices, dans le déroulement des séances d’accueil, cependant, la trame reste en générale toujours la même. L’accueil se divise en deux périodes dont une est réservée à la lecture et aux contes. L’animatrice présente le pack qu’elle a choisi d’utiliser. Elle aborde rapidement quelques uns des documents, lit une ou deux histoires en entier et explique aux enfants qu’ils pourront lire ou relire ces histoires en classe puisqu’ils emprunteront le contenu du pack (environ 4 à 6 œuvres par pack selon le niveau, fictions et documentaires). L’autre partie de la séance est centrée autour du « feuilletage ». Cette partie peut se passer de différentes façons suivant l’âge et le comportement des enfants. Voici les trois principaux cas de figure :

  • L’animatrice a opéré un pré-choix d’une trentaine de documents qu’elle présente aux enfants. Cette sélection sera prêtée à la classe dans son intégralité. Les enfants ne choisissent pas eux-mêmes les livres qu’ils vont emmener. Cette formule nécessite une préparation plus lourde et va donc peut-être être abandonnée petit à petit, sauf en cas de premier accueil ou de classe trop indisciplinée.

  • L’animatrice a préparé des bacs contenant des documents de toutes sortes, extraits des différents départements. Elle laisse les enfants fouiller dedans et ils peuvent en ramener chacun un à l’école.

  • L’animatrice laisse les enfants explorer les rayons (elle aura réduit la zone de recherche avec des paravents au préalable selon qu’elle le juge nécessaire ou pas) et choisir les livres qu’ils veulent emmener en classe, à raison d’un par personne.

Une fois ce choix opéré, les documents sont enregistrés à la banque de prêt et la classe repart avec, en règle générale, une trentaine de documents, à savoir les emprunts plus les documents du pack.

C’est lors de cette partie feuilletage que certains enseignants poussent leurs élèves à ne choisir que des documents en rapport avec le cours, chose qui entre en contradiction avec le but premier des accueils de classe et qui ne pourra être évitée qu’au moyen de discussions avec les enseignants afin qu’ils comprennent la finalité de ces accueils.

10 :
 Le Raconte-Tapis est un concept créé en 1988 par Clotilde Fougeray-Hammam et c’est...

Au fur et à mesure des visites d’une classe, des variations peuvent être apportées aux séances, des nouveautés, des surprises … C’est parfois le cas lors de la dernière visite d’une classe (et d’un enseignant) particulièrement agréable et réceptive : l’animatrice peut choisir de leur faire visiter la médiathèque (jusque là ils n’avaient vu qu’une salle) ou bien de leur présenter un Kamishibaï ou un Raconte-Tapis10.

Le Kamishibaï est un petit théâtre traditionnel japonais destiné aux enfants. Dans un cadre en bois, ou en carton fort, sont placées des planches illustrées racontant une histoire. L’animatrice est placée derrière ce cadre et lit le texte correspondant aux images qu’elle fait défiler.

Fig VII. Kamishibaï

Kamishibaï

(Pénélope Cornair, Gien 2010)

Le Raconte-Tapis est un système complètement différent : l’animatrice lit, ou raconte, une histoire et place, avec l’aide des enfants, des éléments en tissu sur un tapis pour former, au fur et à mesure, une illustration en relief de l’histoire. Lorsque les enfants s’approprient le tapis pour refaire leur histoire, c’est là que la magie opère : ils s’entraident, certaines mimiques de l’animatrice réapparaissent sur leur visage, ils rejouent l’histoire à leur façon ... Il n’y a rien de plus beau pour une animatrice que de voir que l’histoire a captivé les enfants à ce point. Cette façon de raconter est très appréciée des petits et passionne même les adultes, qui retrouvent alors une âme d’enfant.

Fig VIII. Raconte-Tapis

Raconte-Tapis

(Pénélope Cornair, Gien 2010)

Ces deux façons de conter différentes donnent aux histoires un relief extraordinaire qui fascine petits et grands. Le Raconte-Tapis n’est en aucun cas un tapis d’éveil : c’est un livre à lui tout seul. Une autre forme de livre, tout comme le kamishibaï, qui fait bouillonner l’imaginaire des enfants, les plonge dans le plaisir de la lecture sous toutes ses formes.

2.2.2 Formule « Découverte »

Cette visite unique dure 1h30 environ. Elle a pour objectif de donner une vision globale de la médiathèque aux élèves afin de susciter chez eux l’envie de revenir. L’animatrice leur présente les trois salles tour à tour, en consacrant environ une demi-heure à chacune. Elle a opéré, pour chaque salle, une sélection d’une dizaine d’ouvrages à présenter. Afin de frustrer légèrement les élèves et de leur donner envie de revenir, ils ne peuvent emporter que 5 documents par salle, qu’ils tirent au sort. Les 15 documents qui n’auront pas été tirés au sort seront mis de côté pendant deux semaines environ, consultables et empruntables uniquement par les élèves de cette classe s’ils reviennent seuls ou avec leurs parents. Le fonctionnement global de la médiathèque leur est ensuite expliqué, une fois de retour devant la banque de prêt : la consultation sur place est gratuite, il faut enregistrer les livres avant de partir …

Cependant, cette formule n’étant encore qu’en phase de test, elle pourra être modifiée au vu du déroulement effectif des séances à venir à partir de la rentrée de septembre 2010.

2.2.3 Rencontre privilège

11 :
 Poète, romancier et biographe, il a été « Poet Laureate of the United Kingdom »...

Cette rencontre unique est destinée aux enseignants. Deux animatrices accueillent un groupe (pas plus d’une demi-douzaine) d’enseignants en général de même niveau ou de niveau approchant et leur font visiter en détail la médiathèque en insistant plus particulièrement sur les salles et les outils adaptés au niveau auquel ils enseignent. Puis le groupe se sépare pour une présentation des outils pédagogiques à la disposition des enseignants ainsi qu’une explication des possibilités d’utilisation de l’OPAC (création et sauvegarde de paniers, réservations …). C’est le moment idéal pour poser des questions, échanger des points de vue, demander des explications sur la position de la médiathèque …, mais également d’avoir des retours des accueils de classe et des remarques de la part des enseignants. Ces rencontres ne sont pas toujours aussi efficaces que souhaitées car tout dépend de la motivation et de l’envie d’apprendre de l’enseignant, de la vision qu’il a du rôle de la bibliothèque et des bibliothécaires. Bien souvent, c’est dans ces rencontres que l’on se rend compte des préjugés et des idées fausses qui persistent sur le métier, et il est parfois difficile de persuader les enseignants que ce qu’ils croient savoir sur les bibliothécaires et leur lieu de travail n’est pas aussi simple que cela. Car comme le dit Andrew Motion11:

12 :
 Approximativement : « Les bonnes bibliothèques, comme les bons quoi-que-ce-soit,...

[...] Good libraries, like good anythings, need expert people working within them.[...]Whether we are traditionalists about libraries or not, and I consider myself not, we ought to be able to accept that libraries are very important pieces of machinery for delivering to human beings what they need – information, pleasure, instruction, enlightenment, new direction in life. They're also joining up with services which help people with difficulty reading, and working with people learning English [...].12

La médiathèque a un rôle important, les bibliothécaires aussi, et parfois le public, et tout particulièrement les enseignants, ont tendance à l’oublier. C’est pour cela que ces rencontres sont cruciales pour effacer tous les préjugés et permettre une utilisation optimale de toutes les richesses que peut offrir la médiathèque.

2.3 Impact des accueils

2.3.1 Sur la classe

Le bouche à oreille fonctionne : les écoles sont de plus en plus demandeuses d’accueils, les formules proposées conviennent à une majorité d’enseignants qui trouvent ces séances à la médiathèque très constructives. Les enfants sortent majoritairement enthousiastes de ces accueils et jurent qu’ils vont revenir. Ils attendent la prochaine séance avec impatience et se souviennent des moindres détails. C’est très motivant pour l’animatrice qui sent que son travail a porté ses fruits. Malheureusement, nous n’avons pas trop de retours concernant l’utilisation des documents empruntés au sein de la classe, c’est l’enseignant qui juge si ses élèves sont assez responsables pour emmener les livres chez eux ou non.

2.3.2 Sur les inscriptions

Si les séances d’accueil plaisent aux enfants, cela ne se ressent pas forcément au niveau des inscriptions. Le problème n’est pas de convaincre les enfants mais bien de persuader les parents. C’est là que le bouche à oreille des parents accompagnateurs peut parfois s’avérer productif : des mamans séduites ont décidé de tenter de motiver les autres familles pour inscrire leurs enfants. Elles ont même proposé d’organiser des roulements et des regroupements pour éviter de trop nombreux déplacements ! Mais ces cas-là sont bien rares, et pour bien des enfants, le seul moyen de mettre les pieds à la médiathèque reste les accueils de classe. Parfois, ce sont les enfants eux-mêmes qui souhaitent vraiment venir … Mais ils se heurtent toujours au même problème : Trouver un adulte qui accepte de se déplacer pour les inscrire. Ces situations sont très fréquentes et sont quelques peu démoralisantes pour les bibliothécaires : les accueils de classe portent leurs fruits, les enfants veulent venir à la médiathèque par eux-mêmes, mais ce sont les parents qui bloquent. C’est un autre problème qui est ainsi mis en évidence et dont la résolution ne semble pas s’annoncer facile. En effet, comment persuader des parents que l’on ne voit jamais de venir inscrire leurs enfants ? L’équipe de la médiathèque va bientôt devoir se pencher sur cette question afin d’essayer de proposer des solutions qui permettraient aux enfants qui le désirent de venir à la médiathèque sans problème.

2.4 Bilan

Après avoir assisté pendant deux mois à des accueils de classe, il m’a été plus facile de cerner le projet qui m’incombait. N’étant pas vraiment habituée aux jeunes enfants, je n’avais aucune idée des documents pouvant leur convenir, de leur façon de réagir à une histoire … Cette étape était donc nécessaire pour me permettre d’affiner les ébauches de valises déjà en cours. Rien ne peut remplacer le contact direct avec les enfants. Sans ce passage par les accueils, et malgré toutes les lectures théoriques que j’aurais pu faire, je serais passée à côté d’éléments importants. Les enfants ont un imaginaire fertile et qui leur est propre. Le plus dur a donc été de ne pas me focaliser sur mon propre imaginaire, sur mes propres goûts. Face à une trentaine d’enfants, la lecture et les histoires prennent une toute autre dimension. Et lors des séances de « feuilletage », lorsque les enfants venaient me voir pour leur lire des histoires, j’ai découvert que le plus important n’était pas de lire l’histoire, mais bien d’être à l’écoute de l’imagination de l’enfant, de le laisser en tirer ce qu’il veut, quitte à corriger certaines grosses erreurs, sans pour autant l’influencer avec notre recul d’adulte. Le contact qui se créé alors est crucial : tout repose sur les épaules de l’animatrice, de la personne qui raconte, quelle qu’elle soit. A partir du moment où des étoiles apparaissent dans les yeux des enfants c’est bon, ils ont accroché à l’histoire. C’est un petit pas pour la bibliothécaire et l’enseignant, un grand pas pour la lecture.

La rencontre avec les enseignants durant ces accueils a également été très intéressante puisque cela m’a permis d’avoir une idée de leurs attentes, de comment ils voient la médiathèque ainsi que de la façon dont ils échangent avec leur classe. Tous ces éléments m’ont été précieux lors de la construction des documents d’accompagnements (voir la partie 3.3.3 Réalisation des documents d’accompagnement).

J’ai également pu me faire une idée concrète du rôle que jouait la médiathèque dans les partenariats avec l’enseignement maternelle et primaire, ce qui était essentiel afin de poursuivre dans la même voie lors de la mise en place des valises, question de logique et de crédibilité. Définir la position de la structure permet d’éclaircir au mieux la visée des valises, de déterminer le but dans lequel elles ont été créées et l’impact qu’elles doivent avoir sur les enfants : ici il ne s’agit en aucun cas de noyer les élèves sous un flot de documents portant sur le cours, mais bien de leur offrir un large panel de choix parmi des documents riches en différences mais pourtant centrés autour d’une thématique commune.

3 Les valises thématiques

3.1 Principe

3.1.1 Explication du concept

13 :
 Cycle 1 : De la « Très petite section » à la « Grande section »Cycle 2 : Du...

Destinées à être prêtées aux écoles primaires et maternelles de Gien, dans un premier temps, ces valises thématiques sont en fait un regroupement de documents sur un thème particulier. La sélection est réalisée dans le souci d’offrir une gamme d’ouvrages variés sur un même sujet, du documentaire à l’album, en passant par des œuvres poétiques, des petits romans ou des bandes dessinées suivant le cycle13 auquel s’adresse cette valise.

Le but de ces valises est d’éveiller la curiosité des enfants en leur proposant des animations. De plus, dans la majorité des valises se trouvent des CD, CD-ROM ou DVD qui apportent une nouvelle dimension à la lecture et servent d’appui visuel et/ou audio aux livres, ce qui est très riche et constructif pour la réflexion.

Construites sur le même principe que les valises prêtées par les BDP (bibliothèques départementales de prêt) aux bibliothèques municipales, elles ont pour objectif de fournir aux classes un choix varié et riche de documents. L’enseignant est libre d’exploiter à sa guise le panel d’ouvrages fournis, ce qui rend la valise encore plus riche puisque sujette à de nombreuses interprétations.

3.1.2 Conditions d’utilisation

Une valise doit être au préalable réservée par l’enseignant qui s’engage à la ramener entière, intacte et à la date fixée. Elles sont prêtées aux écoles de la ville de Gien pour 28 jours (la durée standard des prêts aux classes) et ne peuvent être prolongées. Certaines valises ont des conditions d’utilisations propres suivant les documents qu’elles renferment. Ces conditions sont précisées dans la valise-même, aussi bien dans le texte de présentation du contenu que dans la bibliographie voire même sur le document concerné. C’est par exemple le cas de l’ouvrage A l’infini de Kveta Pacovska, destiné, après mûres réflexions, à faire partie de la valise « Abécédaire », sous réserve de précautions particulières. Le fait que l’enseignant accompagne l’utilisation de la valise nous rend légèrement plus confiants et nous permet de mettre dans les valises, parfois, des documents que nous ne laisserions jamais en libre accès de crainte de les voir revenir en piteux état. Ici c’est à l’enseignant de responsabiliser sa classe, de juger si les élèves sont aptes à manipuler des ouvrages fragiles ou non, chose que nous ne pouvons pas faire.

3.2 En complément des accueils

3.2.1 Extension des collections

Les documents destinés à entrer dans la composition des valises thématiques peuvent être soit des documents déjà présents en rayon et rachetés pour l’occasion, soit des documents ne figurant pas déjà au catalogue. Cela vient ainsi enrichir le fond de la médiathèque et diversifier l’offre. En effet, un enseignant qui souhaiterait trouver d’autres documents à exploiter en plus du contenu de la valise ne retrouverait pas les mêmes œuvres en rayon et pourrait donc enrichir le panel d’œuvres proposées aux enfants. Seuls quelques « fétiches » et « incontournables » seront présents en doublons, et ce afin de pouvoir répondre aux nombreuses demandes les concernant et de pouvoir prêté une valise pour un temps donné sans pour autant bloquer les emprunts ou réservations pour un document. Les collections de la médiathèque sont, grâce à ce système, étoffées et enrichies, ce qui donne encore plus d’importance à la valise (puisqu’elle contient des documents « inédits ») et ouvre de nouvelles pistes d’exploitation (en couplant fonds et valise selon les envies et les besoins de l’enseignant).

3.2.2 Poursuite de la politique de la médiathèque

Ce principe des valises thématiques permet également à la médiathèque de poursuivre la ligne de conduite qu’elle s’est fixée : faire découvrir aux enfants le plaisir de la lecture. En choisissant les documents qui vont être amenés à faire partie d’une valise, nous faisons en sorte que la richesse de la production éditoriale soit, autant que faire se peut, représentée, mais également que de nouveaux documents soient découverts par les enfants alors qu’ils ne l’auraient pas obligatoirement été en libre accès. Le choix se porte donc sur les documents différents, avec de nouveaux angles de vue, des mises en image étonnantes, décalées, des textes originaux, bien écrits … L’aspect pédagogique est ainsi quelque peu mis de côté au profit du plaisir et de la découverte. Mais la lecture et les livres ne sont-ils pas, de toute façon, pédagogiques par essence ? Pourquoi alors se contenter des choses connues ? Il n’est que plus profitable à l’enfant de pouvoir découvrir de nouveaux aspects de la lecture à travers des documents originaux.

3.2.3 Partenariat renforcé

C’est l’Education Nationale elle-même qui encourage le partenariat entre école et bibliothèque. A la suite de la loi d'orientation sur l'éducation du 10 juillet 1989, le ministre de l'Education Nationale définit dans son discours du 15 février 1990 les nouvelles orientations et insiste sur la nécessité pour l'école de mener ses politiques en relation avec des partenaires extérieurs, ce qui inclut la bibliothèque. Ainsi, par le biais de ces valises, c’est une étape de plus dans le partenariat avec l’enseignement que franchit la médiathèque. En effet, en proposant aux enseignants des valises adaptées aux programmes, la médiathèque s’inscrit un peu plus comme établissement culturel, comme « Temple du Savoir », sans connotation péjorative. Cela permet aux enseignants d’avoir un autre aperçu de la médiathèque, une nouvelle vision. Il ne s’agit pas simplement d’un lieu où sont stockés de nombreux livres, bien au contraire. Les missions de la bibliothèque sont beaucoup plus riches que cela. Chaque maillon de la chaîne fonctionne en adéquation avec le maillon suivant : la médiathèque fournit des documents soigneusement choisis, l’enseignant les exploite, le tout dans un même but, celui de donner aux enfants le goût de la lecture et de la découverte.

Un autre partenariat riche en possibilités découle également du principe même des valises thématiques : en effet, il serait profitable à tout le monde que les enseignants utilisateurs de valises complètent ces dernières avec leurs idées, leurs remarques … Cela permettrait à la médiathèque d’améliorer ce qui ne va pas, mais cela serait également un très bon outil de réflexion et de coopération entre les enseignants. Ce principe de coopération est nécessaire à toute évolution : tout ne repose pas sur les épaules de la médiathèque. Pour tirer un maximum de ces valises, les enseignants doivent aussi y mettre du leur, s’entraider et donner leur avis. Mais il ne s’agit là que d’idées, peut-être un peu utopistes, qui ne se confirmeront, ou ne s’infirmeront, qu’une fois le prêt des valises démarré depuis un certain temps.

Pour informer les enseignants de la teneur du nouveau service, et aussi pour les tenir au courant de toutes les nouveautés propres aux accueils de classe, une réunion devrait être organisée durant la pré-rentrée de septembre pour permettre aux enseignants et aux bibliothécaires de se rencontrer, de discuter, d’interroger … Cette réunion vise à resserrer les liens existants entre médiathèque et école en leur conférant un aspect plus humain, moins administratif.

3.3 Constitution et mise en place effective

3.3.1 Choix des ouvrages

Le choix des ouvrages s’opère majoritairement dans la réserve, là où sont stockés tous les documents non encore enregistrés. Ce choix peut être complété par des ouvrages sortis du fonds et rachetés pour être mis en doublons ou bien par de nouvelles commandes. Mon premier travail au sein de la médiathèque a donc été de prendre connaissance de tout le fonds d’albums et de cartonnés présents dans la réserve afin de pouvoir les répartir au mieux selon leurs thèmes et leurs correspondances, ou non, avec des valises. A mon arrivée, les documents composant les valises Abécédaire et Bruits étaient déjà complètement réunis, et le travail sur les 5 sens était entamé. Une fois ce travail fini, il est apparu que certains thèmes se dégageaient tout particulièrement du lot, et la transformation de ces thèmes en possibles valises a été évoquée : envisagée pour certains, rejetée pour d’autres (c’est le cas de la Mort par exemple. Sujet trop lourd pour en faire une valise, il a été jugé plus pertinent d’y puiser quelques documents à insérer dans d’autres valises et de garder la liste de ces ouvrages afin de pouvoir fournir des documents à ce sujet en cas de demandes.).

Les ouvrages présents en réserve sont des acquisitions récentes et ne posent donc pas de problèmes d’ancienneté ou d’actualisation des connaissances. Il s’agit là de l’un des principaux critères de sélection : la date de parution du document. Ces valises sont un nouveau service de la médiathèque et ont pour but de faire découvrir de nouveaux documents aux enfants. C’est pour cela que les albums défraichis, dépassés, trop « classiques » ou sans intérêt particulier sont d’emblée mis de côté. Seuls les incontournables, les ouvrages originaux et ceux faisant autorité sur le sujet échappent à cette règle. Cependant, et principalement en ce qui concerne les documentaires, il faut parfois faire attention au contenu de l’ouvrage, au vocabulaire employé, car il arrive que certaines éditions soient quelque peu légères au niveau du contenu et de la qualité de leurs documents. Il faut apporter un soin tout particulier au choix des documents destinés à faire partie des valises car ce sont eux qui se révèleront, ou non, décisifs auprès des enfants.

De plus, les ouvrages sélectionnés doivent correspondre à la tranche d’âge à laquelle est destinée la valise. Pour une utilisation plus simple par les enseignants, des indications sont fournies avec ladite valise.

3.3.2 Traitement des ouvrages

Une fois choisis, les documents destinés à intégrer une valise doivent passer par un traitement intellectuel, le catalogage, puis par un traitement physique, l’équipement.

Le catalogage se déroule en deux temps : un catalogage individuel de l’ouvrage puis un catalogage collectif. Le catalogage individuel (voir annexe 2) se compose lui-même de plusieurs étapes, à savoir la validation de la notice, l’exemplarisation du document et la définition des ses paramètres d’utilisation. Les notices des documents sont délivrées par le fournisseur lors de la réception de la commande. Elles sont majoritairement récupérées d’Electre. La première chose à faire est de vérifier les informations présentes dans la notice et de la corriger si nécessaire. Dans le cas des valises, nous la complétons même par un ou plusieurs mots-matières afin de définir clairement le sujet, et donc la valise d’appartenance, des documents. Une fois ces insertions et ces vérifications terminées, la notice est validée. L’étape suivante est l’exemplarisation du document. Nous lui attribuons un code-barres que nous associons à la notice correspondante. Une fois le document exemplarisé, nous pouvons lui définir des paramètres d’utilisation spécifiques. Lors du catalogage individuel, nous précisons simplement la situation du document (en rayon ou en traitement si le document n’est pas fini d’équiper), la cote, le support, la « stat 2 » (qui définit le type de livre), si besoin la « stat 3 » (selon comment la 2 aura été remplie), le matériel d’accompagnement s’il y en a et les notes. Pour les valises, c’est le nom de la valise à laquelle appartient le document qui est mis en note. Ces notes seront affichées à chaque passage du document en banque de prêt, ce qui permettra de pouvoir mettre de côté tout document appartenant à une valise et qui reviendrait seul.

Les caractères communs à tous les documents seront enregistrés lors du catalogage collectif. Le document sera donc catalogué sous les critères suivants :

  • Utilisation : prêt spécifique

  • Section : Jeunesse

  • Localisation d’origine : Services

  • Localisation actuelle : Services

  • Fonds : Valises thématiques

Ce qui, concrètement, signifie que le document n’est pas empruntable individuellement, est destiné à la jeunesse, vient de la réserve, y est stocké, et fait partie d’une valise.

Ce catalogage collectif permet d’être bien sûr que tous les documents ont bien les mêmes caractéristiques, et qu’aucun n’est passé au travers.

Une fois le catalogage terminé, les documents doivent passer par l’équipement. Lors de cette étape, une cote leur est associée (la première lettre du nom du dessinateur –ou de l’auteur s’il est plus connu– pour les albums, une gommette ronde et orange pour les cartonnés, la mention JR plus les trois première lettres du nom de l’auteur pour les romans jeunesse, le premier chiffre de la classification Dewey à laquelle correspond l’ouvrage –par exemple 5 pour la nature– pour les documentaires jeunesse …). Une fois cette cote faite, les documents sont couverts d’un film plastique autocollant afin de les protéger et sont équipés d’un antivol.

3.3.3 Réalisation des documents d’accompagnement

Les ouvrages composant une valise ne peuvent pas être prêtés ainsi, seuls et sans documents pour les accompagner. C’est pourquoi, après avoir choisi les ouvrages, il a fallu décider de la teneur des documents d’accompagnement à créer. Le but n’étant en aucun cas de prendre la place des enseignants, ni de faire leur travail, nous avons décidé que les documents d’accompagnement auraient pour but d’expliquer la démarche et le fonctionnement des valises, d’en énumérer le contenu, de présenter des possibilités d’ouverture et d’offrir d’éventuelles pistes d’exploitation pour certains ouvrages d’un abord plus complexe ou plus déroutant.

Le texte de présentation a pour but, comme son nom l’indique, d’expliquer le principe des valises et de définir leurs conditions d’utilisation. Le cycle à laquelle s’adresse plutôt la valise y est mentionné, ainsi que les ouvrages fragiles à manipuler seulement par l’enseignant. L’enseignant y est également invité à partager toutes ses remarques, ses réflexions concernant la valise. (Voir annexe 4)

La bibliographie énumère tous les documents qui composent la valise et fournit en plus un court descriptif de chacun d’eux, qui explique le sujet du livre sans dévoiler toute l’histoire afin de donner envie à l’enseignant de lire l’album. Nous avons essayé de lui donner un côté attractif et coloré afin de dynamiser le document et de faciliter la lecture de quelque chose qui, à la longue, pourrait devenir un peu rébarbatif. (Voir annexe 5)

Le livret d’accompagnement développe des pistes d’exploitation pour certains documents jugés plus « obscurs », plus déroutants à exploiter en classe. Certains documents sont regroupés par thèmes communs, selon un code couleur présenté en Légende, tandis que d’autres sont traités séparément, présentés plus en détail et expliqués. Des pistes d’exploitation possibles, des niveaux de lecture différents, des points saillants de chaque ouvrage sont développés afin de faciliter le travail de l’enseignant. Mais cela n’est pas fait pour tous les documents : seuls ceux présentant un caractère particulier sont traités. (Voir annexe 6). Parfois, quand le sujet le permet, la bibliographie est divisée en plusieurs thèmes, développés par une courte explication, et remplace ainsi le livret d’accompagnement.

La sitographie propose des ouvertures sur différents sites consacrés à l’édition jeunesse ainsi que sur des thématiques particulières abordées dans la valise. Elle permet à l’enseignant qui le désire d’approfondir le contenu de la valise ou d’en apprendre un peu plus sur tel ou tel sujet … (Voir annexe 7). Les sites pédagogiques bien connus des enseignants ne sont pas présents dans cette sitographie, non pas qu’ils soient inintéressants, mais bien car les enseignants n’ont pas besoin de notre aide pour trouver de tels sites. Notre but est de réussir à trouver des sites originaux qui changent de point de vue par rapport aux sites pédagogiques institutionnels.

Le récapitulatif liste tous les documents présents dans la valise, ce afin de permettre une vérification rapide du contenu au retour de la valise. (Voir annexe 8)

3.3.4 « Montage » de la valise

Dans notre bibliothèque, le mot valise n’est pas qu’un terme générique. En effet, les contenants destinés à recevoir la trentaine de documents sont vraiment des valises. En carton fort et bois recouvert de faux cuir, avec poignée et attaches dorées, les valises sont plutôt imposantes et évoquent irrésistiblement les malles de voyages d’un autre siècle. Tous les ouvrages une fois prêts sont installés à l’intérieur de la valise. Les documents d’accompagnement, dûment relus, imprimés et reliés y sont placés également. Il ne reste plus qu’à fermer la valise et à l’identifier au moyen d’une étiquette.

Fig IX. Valise thématique sur Noël

Valise thématique sur Noël

(Pénélope Cornair, Gien 2010)

Cette valise partira, dans quelques mois, faire le bonheur, du moins toute l’équipe l’espère ardemment, d’une classe giennoise.

3.4 Bilan

Il s’agit d’un projet long, quelquefois difficile, mais jamais rébarbatif, la pensée que ces valises sont destinées à faire plaisir à des enfants étant plutôt agréable et motivante. L’ouverture d’un nouveau service ne se fait jamais toute seule et nécessite beaucoup de travail. Cependant, c’est tout à l’honneur de la médiathèque que de vouloir mettre en place ce système de valises thématiques et l’idée enthousiasme déjà beaucoup de monde, des animatrices d’accueils de classe aux enseignants, qu’ils soient ou non de la région.

A la fin de ce stage, je n’aurai eu le temps de ne réaliser entièrement que 10 valises. La mission reviendra ensuite aux membres de l’équipe de la médiathèque qui, se fondant sur les valises prêtes, continueront au fur et à mesure de l’année de mettre en place des valises sur des thématiques déjà définies ou non. En novembre 2010, la médiathèque de Gien monte un partenariat avec l’atelier d’art contemporain sur le thème du Voyage. Ce thème sera illustré par de nombreuses manifestations, expositions, contes et ateliers, et fera l’objet d’une valise, trace de tout ce qui se déroulera à la médiathèque.

Cependant, comme pour tout nouveau service, il est nécessaire d’attendre que le lancement soit passé depuis quelque temps avant de se prononcer quant à l’efficacité et la pertinence du contenu de la valise et des documents d’accompagnement. Toutes les remarques qui ne manqueront pas d’être récoltées durant l’année permettront ainsi à l’équipe d’améliorer le service, de corriger les erreurs présentes. Un nouveau service ne se met pas en place tout seul, c’est à force de tâtonnements qu’il se perfectionnera, c’est pourquoi nous attendons avec impatience les avis des élèves et des enseignants, afin de parfaire au mieux le travail qui a été fait et d’ainsi pouvoir fournir un service de qualité aux écoles de la ville.

Conclusion

Ce fut un projet riche en découvertes et en réflexion. La mise en place d’un nouveau service est toujours source de questions, de prise de positions, de frictions parfois … Dans le cadre d’un nouveau service en partenariat avec l’enseignement, il faut être encore plus prudent. Il y a longtemps eu des dissensions entre écoles et bibliothèques. Et même si les tensions se sont très fortement apaisées depuis quelques années, certains enseignants restent réticents, manquent de confiance en la médiathèque. C’est face à ce problème que nous devons évoluer : réussir à mettre en place un service qui sera profitable aux enfants sans pour autant empiéter sur le travail et les missions des enseignants. Car, rappelons-le, les bibliothécaires ne sont pas enseignants et les enseignants ne sont pas bibliothécaires. Chaque entité à un rôle précis qu’il lui faut savoir respecter, et c’est l’association de ces deux rôles qui créé un partenariat riche et efficace. La méfiance que nous rencontrons parfois est due à une méconnaissance du rôle de bibliothécaire. C’est pour cela que la médiathèque doit être active, doit évoluer sans cesse afin de montrer qu’il ne s’agit pas de l’institution sclérosée que tout le monde imagine.

Le travail sur ces valises thématiques a été pour moi très enrichissant. J’ai pu ainsi voir de nombreux aspects du métier de bibliothécaire, qu’ils soient bons ou moins bons. Le fait d’être en stage dans une structure de taille moyenne m’a permis de pouvoir « toucher à tout », ce que je trouve particulièrement intéressant. Du choix du document à la mise en place de la valise, j’ai ainsi été familiarisée à toutes les étapes du traitement du document : de la commande à l’équipement en passant par le catalogage, sans compter le travail de manipulation informatique obligatoire pour mettre en place les documents d’accompagnement … Riche d’apprentissages techniques, ce projet s’est également avéré être riche en contacts humains, ce qui est loin d’être négligeable. Le travail auprès des enfants est un autre versant de ce que peuvent être amenés à faire les bibliothécaires au cours de leur carrière, et cela nécessite des capacités de communication et d’adaptation fabuleuses, ainsi qu’une énergie inépuisable.

Bibliographie

Ouvrages :

LE MANCHEC Claude. L’adolescent et le récit, pour une approche concrète de la littérature jeunesse. Paris : L’école des Loisirs, 2000, 1 volume, 216 pages. (Auxilliaire)

PERROT Jean. Culture, texte et jeune lecteur. Nancy : PU Nancy, 1993, 1 volume, 318 pages. (Littérature jeunesse)

DE MIJOLLA – MELLOR Sophie. L’enfant lecteur : De la Comtesse de Ségur à Harry Potter, les raisons du succès. Paris : Bayard, 2006, 186 pages.

CAUSSE Rolande. Qui lit petit lit toute la vie. Paris : Albin Michel, 2005, 345 pages. (Questions de parents)

PASQUIER Dominique. Cultures lycéennes, la tyrannie de la majorité. Paris : Autrement, 2005, 180 pages. (Mutations (Paris 1988) n°235)

RATEAU Dominique. Des livres d’images, pour tous les âges. Toulouse : Erès, 2001, 92 pages. (Mille et un bébés n°42)

Articles en ligne :

LAFOSSE Alex. « Découvrir un nouveau support à l’expression : le kamishibaï », Le nouvel éducateur. Décembre 1997, p. 22-23 [en ligne]. Disponible sur le site : http://www.freinet.org/cmt/articles/recherche94-pdf.pdf [consulté le 11 Juin 2010]

LE DRO Jean-Claude, « La bibliothèque municipale et l'école », BBF, 1991, n° 2, p. 129-133 [en ligne]. Disponible sur le site : http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-1991-02-0129-007 [consulté le 11 Juin 2010]

RIVES Caroline, « Bibliothèques et écoles », BBF, 1991, n° 2, p. 92-103
[en ligne]. Disponible sur le site : http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-1991-02-0092-001 [consulté le 11 juin 2010]

Sites Internet :

Raconte Tapis : Le plaisir de lire [en ligne]. Mis à jour courant 2010 [consulté le 5 Mai 2010]. Adresse du site : http://racontetapis.free.fr/

Apple-paille : Contes pour enfants de la Terre [en ligne]. Mis à jour le 1 Mars 2009 [consulté le 5 Mai 2010]. Adresse du site : http://www.apple-paille.com/

Origine du Kamishibaï : Le Kamishibaï [en ligne]. Mis à jour le 28 Mars 2007 [consulté le 5 Mai 2010]. Adresse du site : http://lekamishibai.blogs.letelegramme.com/archive/2007/03/28/origine-du-kamishibai.html

Annexes

Annexes (5,7Mo)

Notes

1  Pour la présentation des Ateliers et de leurs animations : http://www.art-terre.com/dat/livres.html

2  Système Interne de Gestion de Bibliothèque.

3  « Généralités » selon la classification décimale Dewey.

4  « Langage » selon la classification décimale Dewey.

5  « Sciences pures » selon la classification décimale Dewey.

6  « Géographie et Histoire » selon la classification décimale Dewey.

7  Zones d’Education Prioritaires

8  Classe d’Intégration Scolaire

9  Sociologue, professeur associé à l’ENSSIB, auteur d’articles de recherche et de Lire, faire lire : des usages de l'écrit aux politique de lecture, Editions du Monde, 1995.

10  Le Raconte-Tapis est un concept créé en 1988 par Clotilde Fougeray-Hammam et c’est l’association qu’elle a fondé qui se charge de la fabrication des tapis.

11  Poète, romancier et biographe, il a été « Poet Laureate of the United Kingdom » de 1999 à 2009 et est Directeur du « Museum, Libraries and Archives Council » depuis 2008.

12  Approximativement : « Les bonnes bibliothèques, comme les bons quoi-que-ce-soit, nécessitent des personnes expérimentées à leur tête. […] Que l’on soit traditionnalistes ou non à propos des bibliothèques, ce qui n’est pas mon cas, nous devons être capables d’accepter que les bibliothèques sont des pièces très importantes de la machine à délivrer à l’être humain ce dont il a besoin – information, plaisir, instruction, illumination, nouvelle direction dans la vie. Elles s’associent également avec des services qui aident les personnes ayant des difficultés avec la lecture, et qui travaille avec les personnes apprenant l’anglais […]. » Cette citation est extraite d’un article en ligne du Guardian, 11 Juin 2010, de Alison Flood intitulé « Andrew Motion attacks 'catastrophic' plan for volunteers to run libraries ».

13  Cycle 1 : De la « Très petite section » à la « Grande section »
Cycle 2 : Du CP au CE1
Cycle 3 : Du CE2 au CM2

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Pour citer ce document

Cornair Pénélope. Création d’un service complémentaire aux accueils de classe : les valises thématiques : la place de la médiathèque dans un partenariat avec l’enseignement primaire., [En ligne], Rapport de stage, Licence professionnelle Métiers des bibliothèques et de la documentation. Limoges : Université de Limoges, 2010. Disponible sur : http://epublications.unilim.fr/memoires/licenceprombd/209 (consulté le 19/09/2017).