Laura Lachaudru

Le secteur jeunesse : un lieu de médiation culturelle : la place de la bibliothécaire

Maître de stage : Valérie Larcher
Responsable de la bibliothèque,
Bibliothèque municipale, Le Palais sur Vienne

stage effectué du Stage effectué du 30 mars au 26 juin 2010

stucture d'accueil : Bibliothèque municipale - Le Palais sur Vienne

publiée en ligne le 01 février 2011

Couverture du rapport de stage


Les enfants d'aujourd'hui sont les adultes de demain. Offrir une culture à tous assure une égalité des chances et laisse espérer un bon épanouissement. En tant que structure publique culturelle, la bibliothèque a une véritable mission dans la participation à la construction de l'éveil et des connaissances de chacun. C'est aussi un lieu d'échanges et de socialisation. Mais surtout, la bibliothécaire est là pour développer l'imaginaire, apporter du plaisir aux enfants à travers le livre et l'ensemble des supports culturels.
Il est donc très important de s'intéresser à la médiation auprès du public jeunesse et de définir les éléments qui la composent.

The children of today are the adults of tomorrow. Offering an education to all provides equal opportunity and makes one hope for a good development. The library, a cultural public structure carries out a true mission, that of participating in the contruction of discovery and of individual knowledge. It is also a place where you can share and socialize. But most of all, the librarian's role is to help develop one's imagination and to bring pleasure to children through books and a range of cultural aids.
It is therefore very important to reflect on mediation with the young public and to define the elements that compose it.

Je remercie tout d'abord Valérie LARCHER et l'ensemble de l'équipe de la bibliothèque : Isabelle FRAISSAIS, Nathalie DIVERS et Guillaume MENAND pour m'avoir si bien accueillie et guidée tout le long de mon stage.

Je remercie Anne-Marie DELAUNE pour ses conseils dans mes recherches.

Je remercie aussi Mme FASQUE et Mme BRUNEAU pour leur disponibilité, ainsi que l'ensemble des professeurs des écoles avec qui j'ai pu échanger quelques impressions.

Je remercie également Mme GIZARDIN de m'avoir reçue dans sa librairie.

Je remercie enfin Isabelle BRIQUET et la municipalité du Palais sur Vienne qui m'ont autorisé à effectuer mon stage dans leur établissement.

Bien évidemment, je remercie les enfants pour leur spontanéité, leur écoute et leurs sourires.


Texte intégral

Introduction

La bibliothèque municipale du Palais sur Vienne compte un lectorat de 3307 usagers pour une population de 5856 habitants. Mais 55,87 % du public sont des habitants des communes environnantes comme Saint Priest-Taurion, Panazol, Feytiat et même Limoges.

Le rayonnement de l'établissement est important, mais la priorité pour la constitution du fonds documentaire reste la population locale du Palais sur Vienne.

Parmi cette population, quatre groupes scolaires, une crèche et un centre de loisirs, ce qui constitue un public de 600 enfants.
Le public jeunesse de 0 à 11 ans, scolaires et individuels confondus, représente 30 % des usagers. Il a donc une place importante et nombre d'actions lui est destiné.

L'ensemble de l'équipe de la bibliothèque, malgré la subdivision en secteur particulier, a un contact avec le public jeunesse.

Valérie LARCHER, assistante de conservation du patrimoine et des bibliothèques, est responsable de la bibliothèque. Elle exerce le suivi budgétaire et définit la politique documentaire. Chargée du traitement des documents adultes, elle gère l'encadrement de l'ensemble de l'équipe : Isabelle FRAISSAIS, adjointe principale du patrimoine s'occupe du secteur jeunesse, Nathalie DIVERS, adjointe du patrimoine est affectée à l'espace audio-visuel et Guillaume MENAND anime l'atelier multimédia.

Mais chacun, selon les fiches de postes établies, est amené à recevoir un public d'enfants, notamment lors de l'accueil de classes.
Chacun a donc une pierre à poser à l'édifice des connaissances et du plaisir culturel que se construisent les enfants.

C'est précisément sur les facettes de ce rôle de médiateur que va porter mon travail car je me pose de nombreuses questions à ce sujet.

1 :
 IFLA : Fédération Internationale des Associations de bibliothécaires et des...
2 :
 UNESCO : Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture...

Le manifeste de l'IFLA1/UNESCO2 a très bien défini les missions des bibliothèques publiques. La majorité des points énoncés concernent l'action envers les enfants :

  • créer et renforcer l’habitude de la lecture chez l’enfant dès son plus jeune âge ;

  • favoriser l’épanouissement créatif de la personnalité ;

  • stimuler l’imagination et la créativité des enfants et des jeunes.

Au sein de la bibliothèque du Palais sur Vienne, j'ai pu découvrir et étudier les moyens pour mettre en œuvre ces missions.

Comment peut-on toucher les enfants, leur donner le goût et le plaisir de lire ? Comment ouvrir leurs horizons culturels ? Quelles sont les conditions pour leur faire apprécier l'objet-livre et la culture qui en découle ?

Autant de questions qui conditionnent la réussite des actions en faveur des enfants.

Je présenterai tout d'abord les caractéristiques du secteur jeunesse, sa composition, son aménagement et ses particularités d'acquisition. Ensuite, je déterminerai les différentes animations possibles suivant les modalités d'accueil des publics d'enfants. Enfin, je définirai quelle est la place du bibliothécaire par rapport à d'autres acteurs culturels et l'engagement dont il doit faire preuve.

I. Un secteur privilégié pour l'animation : le secteur jeunesse

Le secteur jeunesse est avant tout un lieu de partage entre générations. En effet, ce sont souvent les adultes qui lisent et connaissent les ressources de la bibliothèque. Les parents  aident au choix des ouvrages des « tout-petits ». Parfois, ce sont les grands-parents qui accompagnent leurs petits-enfants. Les professionnels des crèches et des écoles utilisent les ressources de la bibliothèque. Maintenir une dynamique en secteur jeunesse contribue à faire vivre une bibliothèque en milieu péri-urbain. C'est atteindre les adultes en sensibilisant les enfants. C'est intéresser les adultes pour qu'ils aient envie d'amener les enfants. Sans parler de statistiques de fréquentation ni de prêts, l'important est de donner du plaisir aux enfants qui pourront peut-être encourager les grands frères, petites sœurs et parents.

Il est alors nécessaire de bien considérer ce qui compose le secteur jeunesse, la façon de l'aménager et les modalités d'acquisitions des documents.

1) La composition du secteur jeunesse

Les enfants sont des usagers très différents les uns les autres, de par leur âge, leur environnement familial, leurs origines ethniques et sociales. Cependant ils doivent tous être considérés sur un pied d'égalité, dans leur apprentissage et la découverte du milieu culturel qu'offre la bibliothèque. Tout comme le secteur adulte, le secteur jeunesse doit recouvrir l'ensemble des connaissances et des intérêts de son public. A la bibliothèque du Palais sur Vienne, quels types de documents trouve-t-on et quel est le classement proposé ?

a) Les supports imprimés

On compte plusieurs types de documents.

L'album

  • Description technique :

    • texte et image sont parties intégrantes du livre et tiennent chacun un rôle dans l'histoire ;

    • pas de règles de format, de pagination, d'illustration ;

    • variété des matières (cartonnée, plastifiée, tissus...) ;

    • les thèmes sont très divers et « parlent » aux enfants.

  • Collections :

    3 :
     Casterman. (Petite enfance, série A la queue leu leu)
    4 :
     D. DUFRESNE. Les petites vies d'Apolline : Le pot. Paris : Mango jeunesse, 2002....
    5 :
     T. LENAIN, O. TALLEC. Il faudra. Paris : Sarbacane, 2006. 16p.A. MC ALLISTER, G....
    6 :
     J. ASHBÉ. L’École des loisirs. (Loulou&Cie)
    7 :
     A. KRINGS. Gallimard jeunesse. (Drôle de petites bêtes)
    • les collections rassemblées en secteur jeunesse sont adaptées à chaque tranche d'âge et s'appuient sur :

    • des thématiques « classiques » comme les comptines imagées3 mais aussi des illustrations de la vie quotidienne4, les histoires d'animaux ;

    • de beaux livres5 pour rêver et penser le monde d'aujourd'hui ;

    • les centres d'intérêt6 des enfants selon leur évolution matrice (abandon, peur du noir, jalousie, différences...) ;

    • des incontournables7 que les enfants adorent.

  • Classement :

    • dans des bacs à même le sol ou des étagères adaptés aux plus jeunes ;

    • selon les formats, on exclut l'ordre alphabétique car l'enfant doit pouvoir explorer librement.

L'album apparaît comme le support « phare » en section jeunesse. Il peut être lu à n'importe quel âge, il a toujours une force émotionnelle qui réveille l'esprit.

Le conte

  • Description technique :

    • principalement connu grâce au classique « Il était une fois », le conte est une tradition orale et populaire qui porte un récit imaginaire et merveilleux avec parfois une morale. Il fait partie du patrimoine culturel.

  • Collections :

    8 :
     G. MULLER. Boucle d'Or et les trois Ours. (version originale)RASCAL. Boucle d'or &...
    • il n'y a pas à proprement parler de collections spécialisées, mais actuellement, de nombreuses versions évoluent avec le temps et l'imagination des auteurs-illustrateurs8 qui actualisent les textes.

  • Classement :

    • les ouvrages sont classés à part et cotés en bleu.

Le documentaire

  • Description technique :

    • il est nécessaire d'avoir des documentaires adaptés à chaque catégorie d'âge, du bébé à l'adolescent ;

    • le documentaire revêt des formats différents selon le public auquel il s'adresse. Mais il y a toujours des illustrations, croquis pour enrichir et compléter le texte.

  • Collections : on peut compter sur différentes collections qui ciblent les publics :

    9 :
     Milan jeunesse. (Ouvre l'œil)
    10 :
     O. MELANO. Pompéi a disparu. Paris : L’École des loisirs, 2007. 42p. (Archimède)...
    11 :
     (Collection L'art et la manière)
    • pour les « tout-petits » : Les imagiers  constituent une approche idéale du monde par le biais de thématiques comme par exemple aux éditions Fleurus la collection « L'imagerie » et « L'imagerie des bébés » ;On trouve aussi aux éditions Milan jeunesse « A 4 pattes ».

    • pour les 3-6 ans, ils peuvent s 'amuser à trouver : A qui sont ces yeux ? ou A qui sont ces traces ? 9 ; Les éditions Nathan avec la collection « Minikidi » permet de découvrir l'environnement, le corps humain, les métiers... ;

    • certains éditeurs proposent des collections plus spécifiques : ainsi, les éditions L'École des loisirs avec la collection « Archimède » permet une approche complète mais ludique de plusieurs sujets par le biais d'album documentaire de forme narrative10. Cela permet aux enfants de mieux appréhender les informations ; il existe également des éditeurs spécialisés comme Palette qui propose des documents sur l'art, explique les mouvements artistiques11.

    • pour les plus grands, les éditions de La Martinière jeunesse a crée les collections « Oxygène » et « Hydrogène » pour répondre aux questions personnelles et difficiles que se posent les jeunes adolescents. Toujours aux éditions de La Martinière, la collection « … raconté[es] aux enfants » présente plusieurs thèmes (les fêtes d'ailleurs, les conquêtes spatiales, etc) pour ouvrir l'esprit et découvrir d'autres univers.

  • Classement :

    • tous les documentaires sont indexés selon la classification décimale Dewey ;

    • les documentaires pour les plus jeunes sont rassemblés dans un même meuble mais ne sont pas vraiment classés ;

    • dès 6 ans, l'enfant commence à se repérer. Les documentaires sont alors classés comme pour les adultes. Pour aider à la compréhension du classement décimal, une petite phrase explicative complète l'indice par exemple : « 300 je vis avec les autres » « 7OO je m'amuse et je crée ».

Les premières lectures

  • Description technique :

    • à partir de 6 ans, ce sont généralement les premiers ouvrages au format livre traditionnel que les enfants empruntent. Il y a toujours des illustrations pour rythmer la lecture, mais elles sont plus rares que dans les albums. Cependant la couverture a une grande importance. C’est souvent elle qui suscite le désir d’ouvrir le livre.

  • Collections :

    12 :
     Calligram. (Max et Lili), Rageot. (L'école d'Agathe ), L’École des loisirs. (Mouche)
    • il faut reconnaître que les enfants se dirigent vers ce que les autres ont déjà lu ou ce qu'ils ont vu ailleurs... Il y a donc des collections qui ont beaucoup plus de succès que les autres12. Pour amener les enfants à diversifier leurs lectures et découvrir des collections et titres moins médiatisés, il faut les guider vers ces ouvrages.

  • Classement :

    • pour emprunter ce type de livre, l'enfant doit le voir et en avoir envie : la couverture compte beaucoup. C'est pourquoi ces petits livres sont présentés de face et non sur la tranche. Il est beaucoup plus facile pour les enfants de les manipuler.

Le format traditionnel et la plus grande place accordée au texte peut leur « faire peur ». Les enfants sont plus rassurés par le format album. Charge à nous de le conseiller et de trouver le livre qui peut lui plaire. Dans cette démarche, il ne faut pas forcer l'enfant mais lui proposer. J'ai pu constater que des mamans choisissaient des livres que les enfants reposaient par la suite. C'est une étape supplémentaire dans la découverte du plaisir de lire et je pense qu'il ne faut pas l'anticiper, chaque enfant ayant son propre rythme.

Les romans

  •  Description technique :

    • le texte est prédominant, les illustrations se trouvent parfois en tête de chapitre. La couverture a toujours une importance capitale pour attirer le regard des jeunes usagers.

  • Collections :

    13 :
     A.M. POL. Danse ! Paris : Pocket, 2006. 133p. ELIZA WILLARD [et al]. Mary-Kate et...
    14 :
     Collections : (Cascade) chez Rageot, (Médium) de L’École des loisirs, (Macadam)...
    • on trouve des collections qui plaisent beaucoup car les séries proposées sont diffusées par la télévision ou vues dans les magazines13 ;

    • il y a surtout les premiers romans de littérature jeunesse14 qui abordent des sujets qui intéressent les jeunes adolescents (l'aventure, l'amour, la magie, la peur, les enquêtes, la mort, les soucis quotidiens...).

  • Classement :

    • pour rendre l'enfant autonome, les romans sont classés comme ceux des adultes, par ordre alphabétique d'auteur. Cela l'oblige à chercher et à considérer le livre comme l'œuvre d'un auteur singulier.

Les bandes dessinées (BD) et mangas

  • Description technique :

    • la BD, malgré l'importance des illustrations dans les cases n'est pas une lecture si facile a fortiori pour les mangas : l'ordre des phylactères (ou « bulles ») doit être intégré ;

    • traditionnellement la BD est en grand format et le manga en format poche.

  •  Collections :

    • des classiques comme Lucky Luke de Morris, Tintin d'Hergé, ou encore Titeuf de Zep ;

    • des séries qui peuvent paraître moins élaborées comme chez Bamboo Éditions : Les pompiers, Les gendarmes, Les rugbyman. Mais il faut savoir satisfaire l'ensemble des lecteurs et être à jour des nouveautés.

  • Classement :

    • par série pour les plus connues et les plus représentées dans le fonds ;

    • dans des bacs qui leurs sont réservées pour les autres.

La place de la bande dessinée est toujours discutée. Au sein du même établissement, les avis divergent. Selon moi, la lecture de bande dessinée ou de manga est une lecture à part entière. Lors des visites des scolaires, certains professeurs interdisent le prêt de BD aux élèves. D'autres enseignants en prennent quatre ou cinq pour l'ensemble de la classe. Je pense que l'on peut proposer de prendre une BD, en plus d'un autre ouvrage, en expliquant aux enfants qu’ils peuvent avoir une vraie rencontre avec un document qui sort de leurs usages de lecture et même s'il ne leur plaît pas, ce n'est pas grave. Donner son avis aux professeurs est plus délicat, au regard de leur rôle.

Les périodiques

  • Description technique :

    • les périodiques représentent l'ensemble des abonnements reçus à des fréquences régulières ;

    • ce sont principalement des revues de plus ou moins grand format ;

    • photographies, illustrations, textes, tout se superpose ;

    • rapide à lire, c'est un document qui plaît beaucoup, de plus, les enfants retrouvent une ligne graphique et des personnages phares pour les différentes rubriques.

  • Abonnements :

    • pour les bébés lecteurs, Picoti(Milan jeunesse) propose des histoires, des jeux d'éveil et des fiches pour les parents.

    • dès 3 ans, les éditeurs proposent des revues avec plus d'histoires, des activités manuelles mais aussi de petits dossiers sur l'actualité (Toboggan). ;

    • à partir de 3-4 ans et jusqu’à l’âge de 12-13 ans, les enfants s’intéressent beaucoup aux animaux, à la nature. Wakou (dès 3 ans ) et Wapiti (dès 7 ans) sont deux périodiques adaptés à ces centres d'intérêt. Ils permettent de découvrir l'environnement grâce à de courts articles accompagnés de photographies et d'explications claires.

    • pour les plus de 11 ans, un magazine comme Je bouquine propose des nouvelles, mais aussi des critiques d'ouvrages et bien sûr des chroniques musicales et cinématographiques. Julie conçu pour les filles, évoque l'actualité mais aussi, la mode, les questions personnelles.

b) Les supports audiovisuels

  •  Les Compact Disc (CD) : on peut trouver plusieurs types de documents sonores.

    15 :
     RENAUD, S. BLOCH [et al]. La petite vague qui avait le mal de mer. [S.l] : Naive, 2007.
    16 :
     S. OLLIVIER. Louis Amstrong. Paris : Gallimard jeunesse, 2009. (Mes premières...
    17 :
     F. BOBE [et al]. Le bal des fées. Paris : Éveil et découvertes, 2006. Pour le...
    18 :
     B. LACOMBE (ill.), O. RUIZ (chant), A. EL RUBIO (mus.). Paris : Seuil jeunesse, 2009....
    • les comptines ont beaucoup de succès, de même que les histoires et contes lus15 ou encore les chansons de jeux de doigts ou comptines de relaxation. Les enfants aiment également les chansons entrainantes sur lesquelles ils peuvent chanter et danser (principalement empruntées par le centre de loisirs) ;

    • lors des acquisitions, le choix se porte aussi vers des CD qui font découvrir des aspects culturels de la musique16, ou encore vers des documents en rapport avec les thèmes choisis pour les scolaires17 ;

    • parfois, il est possible de coordonner les titres musicaux avec les livres, ainsi Kérity, la maison des contes de A. Le Ray et Rebecca Dautremer aux éditions Flammarion est disponible en album, en disque mais également en DVD. Les enfants pourront apprécier les différents supports d'une même histoire ;

    • plus rarement, il a été demandé par des parents des livres-lus ou des chansons en langue étrangère pour familiariser l'enfant à l'écoute d'une autre langue ;

    • enfin, tout comme avec les livres, on compte de beaux coffrets de livre-CD, comme par exemple La mélodie des tuyaux18 permettant d'allier le plaisir du texte, de la musique et des images, parce que lire c'est aussi écouter une histoire que l'on nous raconte.

  • Les Digital Versatile Disc (DVD) :

    19 :
     Ateliers de Diffusion Audio-Visuelle : organisme qui négocie les droits d'auteur pour...
    • ce sont surtout les fictions ou les dessins animés qui priment, le loisir avant tout !

    • on compte tout de même des documentaires, principalement la série des « C'est pas sorcier » par France Télévisions. Les thèmes qui plaisent le plus concernent la nature, les animaux, le corps (comme pour les livres) ;

    • les conditions d'acquisition des DVD sont régies selon l'offre de marché public et les droits de prêt et/ou de consultation sur place définis par l'ADAV19. Il faut donc être très attentif au moment de la sélection. De plus, pour les nouveautés, les prix changent en quelques semaines. Il est donc difficile parfois de se les procurer.

c) Le multimédia

  • Les Compact Disc-Read Only Memory (cédérom) : l'atelier multimédia et la plupart des cédéroms sont pour le public adolescent. C'est l'un des moyens pour qu'ils viennent à la bibliothèque. Cependant, tout le budget n'est pas consacré à l'achat de jeux en réseau (comme Warhammer par THQ), il y a un équilibre entre les documents pour les adultes et les enfants ;

    • en ce qui concerne le secteur jeunesse, les supports multimédia pour enfants comptent des jeux éducatifs comme Adibou ou Le club des Trouvetou mais aussi des jeux ayant pour héros des personnages connus des enfants (Inspecteur Bayard, Boowa et Kwala) ;

    • la bibliothèque est également abonnée à Toboclic (revue numérique sur un cédérom). Cette revue est empruntable, cela permet de disposer régulièrement d'une ressource ludo-éducative avec le magazine explicatif qui aide à l'utilisation personnelle à la maison ;

    • c'est également un support difficile à acquérir. Tout comme les DVD, il y a d'une part, un droit de consultation sur place et un droit de prêt + consultation. Il faut donc bien faire attention lors de la sélection, les prix n'étant pas les mêmes. D'autre part, il n'y a qu'un seul fournisseur suite au marché public passé par la commune : l'ADAV. De fait, le choix est restreint, et les délais sont un peu longs, ce qui est peu pratique pour disposer des nouveaux jeux du moment.

La bibliothèque possède un fonds documentaire varié et complet pour son public. Je n'ai cité qu'une partie des éditeurs et collections présents, ayant retenus ceux qui me semblaient les plus pertinents, mais aussi en fonction de mes préférences dans le contexte de mon stage. Chaque document culturel a sa place et il faut qu'il soit identifiable par les usagers et par les bibliothécaires. L'aménagement a donc une grande importance. Il est primordial que les enfants puissent se repérer dans la bibliothèque afin de trouver ce qu’ils cherchent. Aménager l’espace pour amener l’enfant à devenir un usager autonome fait partie des missions du bibliothécaire.

2) L'aménagement de l'espace

Le secteur jeunesse, est séparé du secteur adulte par deux grands meubles hauts, ce qui confère une certaine intimité aux enfants. On peut distinguer cinq zones : le coin albums, l'espace première lecture, les rayonnages pour les romans, l'espace des documentaires et les étagères des romans adolescents ouverts du côté adulte (séries que je n'étudie pas dans le cadre de mon rapport). (Voir annexe 2 : plans et annexe 3 : photographies de l'aménagement)

Les albums :

  • rangés dans des bacs très accessibles ;

  • autour, des petits poufs, des banquettes, des cubes en bois équipés de coussins de toutes les couleurs qui donnent un côté attrayant.

Les enfants peuvent donc s'installer à leur guise pour feuilleter les livres. J'ai pu remarquer que la plupart des enfants s'agitent et bien souvent s'allongent pour lire. Le confort est primordial sans pour autant négliger la sécurité. Les cubes en bois que l'on peut empiler restent à une hauteur raisonnable.

Les premières lectures :

  • entre les albums et les romans, les enfants passent devant les premières lectures, la continuité est logique ;

  • le grand meuble haut, certes très beau, n'est pas du tout adapté pour recueillir ce type d'ouvrage. Les étagères sont beaucoup trop hautes et les enfants ne peuvent pas accéder seuls à tous les livres présentés. Il est impensable de les laisser monter sur un tabouret. La solution serait de disposer d'étagères modulables et plus basses, mais pour des raisons budgétaires, l'achat de nouveau mobilier plus adapté n'est pas à l'ordre du jour.

Les romans

  • rangés dans des étagères semblables à celles des adultes mais à une hauteur adéquate ;

  • étagères disposées en « U » ce qui permet une vision globale des tranches et cotes des livres pour un repérage simplifié. Les enfants qui ne cherchent pas un auteur particulier peuvent parcourir facilement les ouvrages sur les étagères et s'arrêter sur un livre en présentation.

Les documentaires

  • étagères disposés en « U », tranche du livre visible ;

  • une exception cependant : les ouvrages sur les animaux, la nature, les transports, l'univers, la cuisine, la peinture (sujets qui intéressent beaucoup les enfants) sont présentés de face, dans des étagères-bacs pour être mieux repérables que sur la tranche.

Les CD, livres-lus, DVD et cédérom

  • situés dans l'espace audiovisuel ;

  • séparés des documents adultes, dans des étagères-bacs.

L'intérêt de ne pas avoir regroupé tous les supports pour la jeunesse au même endroit est de permettre à l'enfant de naviguer dans l'espace de la bibliothèque et de s'y familiariser.

On compte également deux espaces consacrés à l'accueil du jeune public : la salle « Heure du conte » et « L'atelier d'expression ».

La salle « Heure du conte »

  • endroit privilégié pour raconter les histoires ;

  • derrière ces deux portes qui font un peu penser à celles d'un petit château, cette pièce recrée une atmosphère intime et calme ;

  • les enfants sont installés dans des gradins avec des coussins colorés.

La salle n'est, ni trop grande -pour éviter le chahut- , ni trop petite -pour circuler aisément-. Cette pièce a néanmoins le défaut d'être mal insonorisée : on entend le bruit venant de la bibliothèque. Cela peut perturber le bon déroulement d'une histoire. Inversement la bibliothécaire-conteuse peut déranger le reste du personnel, notamment lors de l'écoute de musique.

« L'atelier d'expression »

  • sert aux activités manuelles et pour certaines séances avec les scolaires selon la façon de fonctionner de chaque bibliothécaire ;

  • le mobilier n'est utilisable qu'à partir du CP-CE1. Avant l'âge de 6-7 ans les enfants sont trop petits pour être assis correctement à hauteur des tables.

3) Le choix des documents

Comment peut on choisir des documents pour la jeunesse ? Contrairement aux adultes, il n'existe pas de grands prix littéraires comme le Goncourt ou de comité de lecture officiel. Ce sont les libraires, les enseignants, les documentalistes et les bibliothécaires qui doivent échanger leurs avis et se former un esprit critique propre. Le Prix Sorcières créé par l'Association des Librairies Spécialisées en Jeunesse et l'Association des Bibliothécaires de France symbolise la complémentarité des professionnels du livre jeunesse. Ce prix est attribué depuis 1986 et récompense chaque année des livres qui marquent le paysage éditorial pour la jeunesse. Mis à part ce prix et ceux décernés lors d'autres salons du livre jeunesse (Prix Tamtam, Baobab, prix du salon jeunesse de Montreuil) les bibliothécaires doivent déterminer leurs propres critères d'acquisitions suivant la politique documentaire définie. Notre mission principale étant de désacraliser le livre, d'en faire un objet de plaisir pour tous, il est primordial de posséder tout type d'ouvrage : livre d'images, livre à toucher, à manipuler, livre pour jouer, pour découvrir, apprendre, fabriquer, rêver...

La politique documentaire dépend de plusieurs facteurs qu'il faut connaître :

  • L'environnement socio-culturel :

    • la situation géographique ici péri-urbaine qui oblige à être attrayant au regard des autres villes de l'agglomération de Limoges ;

    • la présence d'associations (école de musique, club de sports...) ;

    • les partenaires possibles (école, crèche...).

  • Les publics :

    • identifier les catégories d'âges et les capacités individuelles du lectorat pour anticiper la présentation matérielle du livre : nombre de pages, typographie, chapitrage, illustration, style de l'écriture ;

    • les sujets abordés doivent concerner les enfants et répondre à leurs préoccupations, désirs, secrets, imaginaires ;

    • les scolaires et les orientations spécifiques que peuvent souhaiter les enseignants.

  • Les collections :

    20 :
     Versions originales : M. SENDAK. Max et les Maximonstres. New-York : Harper&Row,...
    • enrichir le fonds présent ;

    • renouveler (pour cause d'usure et de présentation plus moderne) des livres qui ont marqué des générations et qui plaisent toujours autant20. Les enfants et même les plus grands, aiment relire ce qu'ils ont apprécié ;

    • faire des acquisitions courantes de nouveautés tout en restant critique quant à la qualité et l'apport de l'ouvrage. Attention, il ne s'agit pas de dire que les personnages à la mode qu'adorent les enfants, comme Dora l'Exploratrice, la Fée Clochette ou Spiderman n'ont aucune qualité culturelle, mais d'estimer que ce sont des livres que les parents achèteront plus facilement du fait de la publicité. La bibliothèque doit être un lieu d'ouverture vers d'autres horizons et proposer ce que l'environnement familial aura parfois plus de difficulté à offrir. L'importance est donnée à la pluralité des collections en offrant au public des auteurs méconnus et des petites maisons d'éditions.

Une fois les paramètres de la politique documentaire définis, on peut procéder aux choix des acquisitions. Pour aider les bibliothécaires, il existe des outils :

21 :
Site de l'Association du Centre International d’Études en Littérature Jeunesse (CIELJ)
22 :
Site mais aussi revue de l'Association des Librairies Spécialisées Jeunesse
  • Celui que j'ai le plus utilisé lors de ma participation à la recherche de titres pour renouveler le fonds sont les sites des différents éditeurs et principalement celui de L'École des loisirs qui propose des recherches par thématiques et par tranche d'âge, ou encore Nord Sud et Sarbacane spécialisés dans l'édition jeunesse. Toujours par le biais des éditeurs, nous disposons de leurs catalogues respectifs en version papier, faute de place, il y a moins d'informations sur les ouvrages.

  •  Il est également possible de consulter les avis de lecteurs (bien souvent des parents ou des enseignants) sur des sites commerciaux comme Amazon ou la FNAC qui proposent un système de classement avec des étoiles, mais cet usage n'est pas encore très généralisé pour les documents jeunesse. Cela permet tout de même de se rendre compte de l'impact d'un ouvrage sur un public potentiel.

  • Une connaissance des auteurs et illustrateurs de renom (qui s'acquiert avec le temps) et un esprit critique affiné sont fondamentales. Pouvoir manipuler et lire un ouvrage avant de le choisir serait idéal, mais le temps manque pour aller feuilleter chez le libraire qui est un interlocuteur riche en conseils.

  • La presse professionnelle permet d'avoir une vision globale des parutions. À la bibliothèque du Palais-sur-Vienne, l'équipe dispose de la revue Livres de France et utilise aussi les abonnements à Lire et Je bouquine. Ces périodiques informent des dernières nouveautés et donnent les avis de journalistes critiques quant à la qualité du document, sans préoccupation commerciale à la différence des sites éditeurs qui veulent vendre leurs titres.

  • Un autre moyen de renouveler les documents est de les emprunter à la Bibliothèque Départementale de Prêt. La BDP est un service du Conseil Général dont les bibliothèques municipales peuvent bénéficier en fonction du nombre d'habitants
    (-10 000). Hormis les navettes mensuelles qui déposent les réservations, il y a deux dates programmées dans l'année pour se rendre à la BDP et échanger les documents. L'inconvénient majeur est que bien souvent, il est difficile de bénéficier des nouveautés (elles sont très demandées) mais l'avantage est que l'on peut regarder les ouvrages. La BDP apporte également une aide précieuse pour le choix des ouvrages, la définition d'un fonds documentaire, et propose des animations, des mallettes, des expositions que les bibliothèques peuvent louer. Enfin, la BDP initie des journées de formation sur des thèmes divers pour perfectionner ou faire des découvrir des facettes du métier.

  • Les sites spécialisés et dédiés à la jeunesse comme Ricochet 21 ou Citrouille22 donnent des critiques et des suggestions pour guider les choix d'achat pour l'ensemble du panorama éditorial tout document confondu et informent de l'actualité jeunesse.

  • L'avis des lecteurs compte, mais les bibliothécaires ne peuvent satisfaire toutes les demandes. Il faut toujours expliquer au public les conditions d'un refus.

Ce que j'ai décrit pour les livres est aussi valable pour les CD. Les sites des éditeurs comme Gallimard proposent parfois une écoute partielle des titres de l'album, mais bien souvent cette option n'est valable que quelques temps, au moment de la mise en vente. Ensuite, les CD étant dans des jaquettes plastifiées, il est impossible de les pré-écouter chez le libraire ou le disquaire sans les acheter une fois ouvert. Comme pour les livres, c'est au fil du temps que l'on arrive à juger ce qui pourra plaire aux enfants, connaître les collections, éditeurs et enrichir le fonds musical.

Enfin, je pense que pour choisir un document jeunesse (principalement un livre, en ce qui me concerne), une certaine sensibilité est indispensable. Apprécier soi-même le texte, l'illustration, la présentation de l'ouvrage permet de mieux partager le plaisir et de donner l'envie de lire aux et avec les enfants. Bien sûr, on ne se compose pas une bibliothèque personnelle, il faut toujours être impartial, sans opérer de censure. C'est pourquoi il est essentiel d'utiliser les outils critique à notre disposition pour avoir connaissance de l'ensemble des éditions existantes et faire son choix d'acquisition.

Le fonds documentaire évolue en permanence. Pour que les enfants se l'approprient, il est nécessaire de le mettre en valeur par le biais d'animations.

II. Les animations jeunesse : plaisir et culture

23 :
 C. POSLANIEC. Chapitre 4) Pédagogie de la littérature de jeunesse In (Se) former à...

Le but principal d'une animation est d'ouvrir le public à une culture, de faire découvrir des ouvrages qu'il n'aurait pas eu la curiosité ou l'envie de choisir lui-même. Dans le cas des enfants, je compare le livre à une gourmandise, un bonbon : on leur en propose pour y goûter et on leur en donne tellement envie, qu'ils en veulent un autre. Christian Poslaniec23 définit l'animation autour du livre comme :

« une activité de médiation culturelle entre des livres et des enfants destinée à réduire l'écart (physique, culturel, psychologique) entre les deux. La nature de la médiation exclut l'obligation de lire imposée par un adulte. Elle consiste au contraire à créer une motivation incitant les enfants à aller vers les livres et les lire. »

Quelles sont donc les motivations que l'on peut créer ? Tout au long de mon stage, j'ai pu apprécier et participer aux différentes activités possibles, tout en essayant d'évaluer quels pouvaient en être les effets.

J'ai séparé les animations proposées dans le cadre des horaires d'ouverture au public, des médiations offertes à des publics ciblés durant le temps de travail interne. La principale différence étant que lors de l'ouverture au public, les parents accompagnent les enfants ou parfois, les enfants font venir leurs parents.

Pour l'ensemble du public de la bibliothèque

1) Présentation thématique

En section jeunesse, les choix thématiques sont souvent liés aux fêtes et aux saisons. Mais ils servent aussi à mettre en exergue des domaines moins fédérateurs auprès du public (la peinture, la sculpture, la musique...) et de découvrir ou retrouver des ouvrages du fonds.

Peu de temps après mon arrivée, Madame Fraissais, qui s'occupe de l'espace jeunesse, m'a laissé choisir le thème de la présentation de documents pour les trois mois à venir. Avec le printemps et les premiers beaux jours, j'ai pensé au jardin. De plus c'est un thème que les professeurs abordent en classe (l'exemple le plus connu étant la germination de la graine de haricot blanc dans du coton humide). Des professeurs ayant même réalisé un mini-jardin avec les enfants.

Afin de mettre en place cette présentation, j'ai dû :

24 :
 W. KRIEGESKORTE. Arcimboldo Giuseppe (1527-1593). Koln : Taschen, 2000. 79p.
25 :
 C. ALBAUT. Comptines pour avoir bonne mine. Arles : Actes Sud junior, 1999. 61p.
  • étudier le fonds documentaire pour savoir si l'on disposait de ressources adaptées et couvrant l'ensemble des voies possibles du sujet ;

  • définir les limites de mon sujet pour choisir les ouvrages. Je peux aborder le vocabulaire du jardin avec les légumes et les fruits pour les plus jeunes, mais aussi le processus de germination, de floraison pour les plus grands. J'ai pu aussi associer les activités de jardinage, de bricolage, de décoration avec des éléments naturels, de même que des livres de cuisine proposant des recettes pour les pique-nique champêtres. Il existe également le coté artistique avec un ouvrage présentant les œuvres de G. Arcimboldo24, et des comptines poétiques jouant avec les noms des fruits et légumes25. Enfin, j'ai trouvé de nombreux albums où les histoires ont pour cadre le jardin avec des petits animaux (souris, lapin, oiseau) sans oublier les contes avec les personnages de Jack et le haricot magique et de La Princesse au petit pois. Pour les plus grands, les premières lectures abordent le dégoût des légumes verts, problème récurrent pendant l'enfance ;

  • mettre en valeur cette présentation, la rendre ludique et attrayante ! Avec l'aide des bibliothécaires, j'ai mis en scène les livres suivant un plan de présentation : des tissus colorés, des petites figurines, des outils de jardinage miniatures, des sachets de graines, des petits pots de terre mais aussi des images de jardins et d'épouvantails. Dans les vitrines, une sur les fruits, l'autre sur le potager, j'ai aussi intégré des beaux livres comportant des illustrations en relief pour montrer la variété des ouvrages. En créant une atmosphère, les enfants sont plus attentifs à ce qui les entoure. (Voir en annexe 4 : photographies de la présentation thématique)

Autour d'un même thème, j'ai donc essayé de couvrir plusieurs sujets pour satisfaire au mieux les attentes et envies que peuvent avoir les enfants et leurs parents. Pour les activités manuelles, l'aide des parents est souvent requise.

Quelle évaluation puis-je tirer ? Les livres ont été peu empruntés, peut être du fait que lors des présentations thématiques pour les adultes, les livres sont à consulter sur place. On peut donc penser que les parents, par habitude et suivant la règle, n'ont pas laissé emprunter les livres à leurs enfants. Une des solutions serait peut être l'affichage d'un petit écriteau spécifiant que le prêt est autorisé. On pourrait aussi mettre un panneau à l'entrée de la bibliothèque annonçant les différentes présentations thématiques du moment, ce qui inciterait peut être les usagers à aller voir ce qu'on leur propose.

2) Animations

a) Des éléments pour la jeunesse dans le cadre d'une exposition

À l'occasion de l'année des échanges culturels entre la France et la Russie, la bibliothèque du Palais sur Vienne propose une exposition sur la Russie : « La Russie, star de l'été ». Des livres seront mis en valeur avec des cartels synthétiques dans la bibliothèque. Tous les domaines seront représentés :

  • la littérature : classiques de renom, nouveautés, bilingues ;

  • les documentaires : art, artisanat, tourisme, gastronomie, politique, économie, géographie, traditions... ;

  • films, musique ;

  • pour les enfants : contes traditionnels, documentaires adaptés, albums récents...

26 :
 « amitié » en russe : « Дружба »

De nombreux objets traditionnels (matriochkas, textiles, samovar) prêtés par l'association Droujba26 seront aussi présentés pour agrémenter l'atmosphère de l'exposition. Pour les enfants, une table avec des images de matriochkas à colorier leur permettra de donner leurs propres couleurs à un symbole russe.

27 :
 D. ALAMICHEL. Chapitre I 5)Légitimité, fonctions et compétences spécifiques de la...

Ce thème apparaît particulièrement adressé à des adultes, du fait de leur plus grande connaissance des enjeux mondiaux actuels. Mais en tant que structure culturelle, c'est aussi à nous d'apporter des informations adaptées aux jeunes publics par le biais d'ouvrages et d'affichettes compréhensibles, ludiques et visuelles. Le statut de « conférencière » que décrit Dominique Alamichel27, correspond à ce qui me semble possible de réaliser :

« […] la bibliothécaire n'est pas là pour "faire des cours", cela n'est pas son travail […]. Il s'agit plutôt pour elle de bien choisir des documents du fonds en fonction de ce qu'elle veut faire découvrir […]. Cela induit aussi l'aptitude à s'adresser aux enfants selon leur âge. »

Bien sûr il faut connaître un minimum son sujet pour aider à la compréhension, mais dans le cadre d'expositions libres, les enfants sont accompagnés d'adultes qui sont leurs premiers interlocuteurs. L'intérêt de proposer des documents jeunesse au sein d'un sujet s'adressant plutôt à des adultes est de responsabiliser l'enfant, de lui donner conscience d'appartenir aussi à un « monde de grands » ce qui peut favoriser son autonomie et l'échange avec l'adulte. Cela lui permet également d'acquérir des connaissances et de peut -être s'intéresser à un sujet qu'il ignorait.

De plus, cette exposition s'inscrit dans un programme d'animation plus large et touchant particulièrement les enfants.

En effet, une après-midi sera consacrée à la découverte de la langue russe pour les enfants de 6 à 10 ans. Un professeur de russe viendra animer un atelier sous forme de jeux afin d'initier les enfants à l'alphabet cyrillique mais aussi à l'art de cette écriture. Une telle action permet aux enfants de s'ouvrir au monde extérieur et de prendre conscience de la diversité culturelle et artistique. Le but n'est pas de les pousser à vouloir apprendre le russe ou lire des bilingues mais vraiment de les sensibiliser et de les rendre curieux à ce qui les entoure.

b) Spectacle théâtral

28 :
 R. CELLI. Baba Yaga. Paris : Père Castor Flammarion, 1993. 23p. (Secondes lectures)

Au mois de novembre, le spectacle Baba Yaga sera représenté à la bibliothèque par la compagnie limousine du « Théâtre de la Carriole ». Ce spectacle a toute sa place au cours de l'année. En effet, il s'agit d'une légende russe, sujet qui aura été abordé pendant l'exposition estivale. De plus, le genre fantastique sera présenté aux scolaires à partir du mois de septembre, comprenant le personnage de la sorcière. Elle sera l'objet de la présentation thématique d'ouvrages jeunesse grâce aux nombreux livres et objets rassemblés dans la « mallette sorcière » (les mallettes seront traitées dans la suite de mon développement). Par ce spectacle, création originale d'après le texte Baba Yaga28, nous abordons une légende du patrimoine russe et nous permettons différentes associations d'idées avec les autres sorcières dont on parlera. On peut également faire une comparaison (avec les plus grands) entre une œuvre écrite et son adaptation jouée.

29 :
 Un lien avec Lector in fabula d'Umerto Eco est inévitable. L'enfant est à même...

Enfin, et le plus important selon moi, nous parlons à l'imaginaire des enfants, nous leur présentons des légendes, des personnages merveilleux de différents horizons, nous leur proposons une interprétation de ces histoires en laissant une porte ouverte à leurs propres versions.29 C'est par ce biais je pense, que nous pouvons éveiller les enfants et leur donner le plaisir des arts culturels et de la lecture, en parlant à leur sensibilité imaginaire.

Je n'ai pas pu assister à un atelier création, un spectacle théâtral ou une rencontre avec un auteur. En effet, par manque de temps, ce type d'animation est plus ponctuel à la bibliothèque. Cependant j'ai pu en discuter avec l'équipe, poser des questions et émettre des hypothèses sur le fonctionnement et les enjeux de telles animations.

Le principal atout de ces animations tout public est de rassembler parents et enfants. L'objectif de ces séances est de créer un moment d'échanges privilégiés et de rencontres où les bibliothécaires peuvent ensuite discuter avec les familles et écouter leurs suggestions ce qui n'est pas toujours aisé lors de l'emprunt de documents. Bien souvent, si les parents emmènent leurs enfants pour une animation on peut espérer qu'ils reviendront non seulement pour les enfants mais aussi pour eux-mêmes.

30 :
 D. ALAMICHEL. op. cit.  I 1)Objectifs généraux de l'animation -fonction de loisirs....
31 :
 D. ALAMICHEL. op. cit. I 6)Thèmes des animations. p.29-31

L'animation de la bibliothèque, bien souvent le mercredi, est « concurrencée » par les activités extra scolaires artistiques, sportives des enfants mais aussi par  la télévision, les jeux... Il faut donc trouver le sujet qui intéressera le plus les enfants mais aussi réfléchir aux conditions pour assister à la séance. Dominique Alamichel30 propose la gratuité et l'absence d'inscription préalable. Ce dernier point n'est pas très adapté à une bibliothèque municipale comme celle du Palais sur Vienne, en effet, si l'on n'inscrit pas les gens, on ne peut pas être sûr, d'une part d'avoir suffisamment de monde pour réaliser l'animation et d'autre part on ne peut se permettre de recevoir plus de gens que les limites autorisées suivant les normes de sécurité. De plus, refuser l'entrée au dernier moment est souvent mal perçu par le public. Au regard des thèmes, l'idéal est peut être d'alterner entre ce que les enfants connaissent ou réclament et ce que nous pouvons leur faire découvrir, en espérant qu'ils repartent à la maison avec l'envie d'en savoir plus, le désir de revenir et des étoiles plein les yeux. Dominique Alamichel31 préconise de :

«  […] toujours valoriser, la diversité face à l'uniformité, la complexité face aux clichés et la création face aux produits. »

32 :
 Voir le Manifeste de l'IFLA/UNESCO de 1994, éléments 4, 5, 6 et 7 en annexe 1

Cette définition correspond aux missions des bibliothèques et des bibliothécaires32 tant envers son public qu'envers les auteurs. Il faut favoriser les créations locales et proposer au public des événements qui changent de ce qu'il a l'habitude de voir dans les médias.

Pour un public ciblé

En dehors des horaires d'ouverture, la bibliothèque reste dans une dimension de service public par le biais de différentes actions. En ce qui concerne le jeune public, trois services sont proposés. Chacun de ces services est destiné à familiariser l'enfant à l'environnement de la bibliothèque et à lui inspirer le goût du livre et de l'information.

1) L'accueil de classe

Depuis 2002, la bibliothèque du Palais sur Vienne propose un partenariat avec les quatre établissements scolaires maternelle et primaire du Palais-sur-Vienne : les trois écoles publiques : Jules Ferry, Jean Giraudoux, Aristide Briand et l'école privée Sainte Marguerite. Chaque enfant scolarisé au Palais-sur-Vienne a donc la chance de pouvoir emprunter des livres. Du point de vue sociologique, les enfants, bien qu'ayant des origines différentes, se sentent insérés dans un monde dont ils partagent la culture. À l'arrivée de Mme Larcher en 2004, le fonctionnement avec les écoles a été modifié. L'organisation est différente et permet de mieux répartir le travail, l'accueil de classe réclamant beaucoup de préparation préalable.

Dès le mois de janvier, il faut penser et définir les thèmes que l'on proposera l'année d'après. Ce choix se fait au niveau de l'équipe de la bibliothèque, selon le fonds documentaire et les avis de chacun sur les possibilités d'exploitation du sujet. Ensuite, il est nécessaire d'évaluer ce que l'on peut utiliser dans le fonds documentaire et penser à de nouvelles acquisitions. Au mois de mai, les thèmes et les pistes d'interprétation sont proposées aux enseignants qui doivent faire connaître leurs choix avant le départ des grandes vacances. (Voir en annexe 5 les propositions de choix). Les grands axes de travail sont arrêtés durant l'été et la préparation de chaque séance se fait ensuite au fur et à mesure, chaque classe venant une fois par trimestre. En sachant que l'enseignant inscrit sa classe pour trois séances d'une heure sur un thème et qu'il peut partager ces heures avec du temps à l'atelier multimédia, charge à lui d'organiser des groupes de passage pour que chaque élève participe à la fois à l'atelier et à la séance. Bien souvent, deux groupes sont constitués, ce qui laisse un travail d'une demi-heure avec chaque groupe. Le travail en demi-groupe est à mon sens plus agréable, les enfants sont plus attentifs, et l'atmosphère est plus légère. Cependant, je pense qu'une demi-heure est un peu court, nous sommes constamment pressés : les enfants doivent se dépêcher de choisir un livre à emmener à la maison, nous perdons un peu de temps pour les installer et obtenir un minimum de calme. Parfois nous ne pouvons pas faire tout ce qui était prévu. Mais obtenir plus de temps participe d'un accord avec les enseignants car nous travaillons sur leurs temps scolaire. L'échange avec les enseignants est différent d'une classe à l'autre. En effet, chacun est libre d'inscrire ou non sa classe pour les séances. Il faut savoir que les baisses budgétaires qui empêchent de disposer de transports scolaires pour emmener les enfants (qui doivent donc venir à pieds) conditionnent aussi le fait de venir à la bibliothèque.

33 :
 À savoir : le fantastique (lutin, fée, sorcière...), les pôles (vie, animaux,...
34 :
 À savoir : la désobéissance, la musique , les animaux de la savane

Ma situation au regard des différentes tâches qui participent à l'accueil de classe est un peu difficile. En effet, j'arrive au moment où les thèmes pour l'an prochain ont été définis33,  j'ai cependant pu choisir les ouvrages dans le fonds documentaire et à la Bibliothèque Départementale de Prêt (BDP), les commandes de nouveautés ayant déjà été passées.  Quant à l'accueil de classe en lui-même, j'ai participé aux activités portant sur les thèmes de l'année en cours34, sans savoir ce qui avait été organisé comme activité auparavant. De plus étant à la fin de l'année, je ne voie les groupes qu'une seule fois chacun et contrairement au reste de l'équipe, je ne connais pas le tempérament général de chaque classe, ni même les réactions que peuvent avoir les enfants. Un peu déconcertée au début, j'ai pu me rendre compte que c'était un public qui ne cache pas ses émotions et qu'il faut savoir gérer et intéresser.

L'enjeu d'un accueil de classe est de familiariser l'enfant avec l'établissement culturel qu'est la bibliothèque mais aussi de lui permettre de s'approprier le livre comme il le souhaite. Le livre ne doit pas rester associé à un objet d'apprentissage scolaire, mais devenir source de plaisir, de découverte et de curiosité.

Lors d'un accueil de classe, il y a plusieurs façons de faire découvrir la culture des livres. Cela dépend, bien sûr, de la personnalité du bibliothécaire, mais le travail diffère principalement selon l'âge du public. Être vigilant à la capacité de lecture, d'écoute, de compréhension et de réflexion des enfants est nécessaire. Ensuite, et cela est possible grâce aux échanges avec les professeurs, nous devons prêter attention à la spécificité d'une classe (présence d'élèves très éveillés, origines ethniques diverses). Enfin, il est primordial de savoir s'adapter sur le moment, selon la réceptivité des enfants. J'ai pu constater que l'écoute n'est jamais la même suivant le moment de la journée où ils viennent, ce qu'ils ont fait avant, ou même selon « l'humeur du jour ».

35 :
 C. DUNETON. Chapitre 1 Lire ou ne pas lire In L'enfant lecteur. Paris : Autrement,...

Ce qui reste incontournable au cours d'une séance est le moment de la lecture. Le fait de raconter une histoire est très important quel que soit l'âge de l'enfant, même au primaire. En effet, Claude Duneton35 précise qu'il faut penser à la musicalité des mots pour éprouver le plaisir de la langue qui est différente entre les livres et les phrases normalisées proposées dans les exercices scolaires :

« Le rôle de l'école dans le plaisir de la langue est difficile. »

36 :
 R. GUILLOT, L. HARLÉ, C. LE MASNE. Sirga. Paris : Mango Jeunesse, 2004. 32p.

Pour que l'enfant ait du plaisir à lire, il faut qu'il puisse associer le livre à des sensations agréables et non à des manuels d'apprentissage. Par le biais d'une histoire racontée, j'ai essayé de plonger l'enfant dans une bulle, pour cela , il m'a fallu travailler mon oralité, ma posture, mon regard et maîtriser le ton et le débit de ma voix. Avec Madame Larcher j'ai aussi monté un petit décor (tout cela reste de la « fabrication maison » mais fonctionne très bien) pour stimuler l'imagination, créer une atmosphère.  Nous avons aussi choisi de rythmer l'histoire36 avec des instruments à percussions adaptés selon les différents passages de l'album. Les enfants sont plus attentifs du fait de la présence de musique jouée tout près d'eux. Selon le thème abordé pendant la séance, on associe aussi l'écoute de musique : Les bêtises d'Henri Dès pour la désobéissance, la comédie musicale Le Roi Lion pour les animaux de la savane ou encore différents styles de musique pour le thème musical. Cela permet de compléter le sujet et de divertir les enfants.

37 :
 Sur la désobéissance, avec les maternelles, on raconte L'histoire de Kiki...

Ensuite, quand nous leur racontons une histoire, les enfants peuvent réagir, dire ce qui leur fait peur, ou ce qu'ils pensent des personnages. On leur demande si eux aussi, auraient fait la même chose que le héros. Cela participe à l'expression orale, à l'éveil, au jugement personnel de chacun, et à l'apprentissage de règles de vie quotidienne37. Jean Fabre, fondateur de L’École des loisirs relie cette notion d'éveil à la lecture :

38 :
 C.POSLANIEC. op. cit. Chapitre 1. p.123

« L'album est avant tout un jeu […]. L'activité spontanée de l'enfant est ludique. C'est par le jeu que l'enfant se révèle tel qu'il est et qu'il s'épanouit. »38

L'album et le livre en général, est donc un outil de jeu permettant d'ouvrir l'esprit des enfants. Outre l'aspect créatif et onirique, c'est aussi une approche culturelle que nous voulons transmettre. Toujours en fonction de l'âge des élèves mais aussi selon les possibilités qu'offrent le thème choisi, on prépare des activités différentes sous forme de jeux pour apporter des connaissances qui seront la plupart du temps, approfondies en classe à l'aide de livres documentaires. Notre but étant aussi de participer au développement intellectuel de l'enfant mais avec une approche différente de l'école.

En annexe, je vous présente quelques exemples de fiches de séances, mais il faut savoir que si une activité a fonctionné avec une classe, il n'est pas sûr qu'elle fonctionne avec une autre, même si l'âge du public est identique. Nous sommes donc amenées, à faire des modifications sur le moment, selon les réactions du public. (Voir en annexe 6 les exemples de fiches de séance).

39 :
 J'utiliserai le féminin dans la suite de mon rapport « vu que la très grande...
40 :
 D. ALAMICHEL. op. cit. I 5) -animatrice de rencontres et d'échanges. p.25

Au regard du déroulement de la séance organisée et animée par le/la39 bibliothécaire, un facteur est très important : la présence de l'enseignant. Contrairement à ce que propose Dominique Alamichel40 :

« Dans le cadre d'une visite de classe, l'enfant est élève et la bibliothécaire est intervenante scolaire. L'enseignant lui délègue son autorité morale et intellectuelle. »

je pense que l'enseignant doit faire autorité dans sa classe et qu'il doit participer aussi bien au moment de l'histoire qu'à celui des activités. Au cours de mes séances et après en avoir discuté avec l'équipe de la bibliothèque et certains enseignants, j'ai pu observer que les enfants étaient plus turbulents lorsqu'ils sont accompagnés de la maîtresse-remplaçante ou lorsque la maîtresse discute avec le parent d'élève accompagnateur. Madame Fasque, directrice de l'établissement Jean Giraudoux affirme qu'à la bibliothèque, la discipline est indispensable :

« mais lorsque l'enseignant est là, c'est lui qui fait l'autorité car il a la possibilité de punir. Il a la responsabilité de ses élèves. »

Il n'est pas question de « faire la police » et d'exiger des enfants d'êtres assis bien droit, car le but de telles séances est de leur faire apprécier la bibliothèque et de créer un lien avec eux, mais il est important qu'ils aient conscience des règles de respect de l'établissement et qu'ils soient attentifs envers leurs camarades qui souhaitent écouter et participer.

Enfin, au delà du temps de préparation nécessaire, pour que les enfants prennent vraiment plaisir à nous écouter et à participer, il faut être motivée soi-même et aimer partager les sujets avec eux. Il faut être à l'aise oralement et dynamique pour captiver l'attention. J'ai été quelque peu impressionnée par la première classe que j'ai accueillie. Difficile de se concentrer et de savoir s'ils écoutent. En effet, ils regardent ailleurs, gesticulent, et c'est très déstabilisant. Mais après la lecture, au moment des échanges, ils ont été très réactifs et se sont souvenus de ce que je leur ai raconté. Mais il est impossible de généraliser une situation à l'ensemble des séances. J'ai participé à l'accueil de classes très calmes et d'autres plus agitées, certaines étant très réactives, d'autres plus latentes. Bien sûr, j'ai été parfois déçue, mais cela permet de se remettre en question et de redéfinir ce qui peut convenir à une classe. L'avantage selon moi, de travailler avec un public jeunesse, c'est qu'il n'y a pas de monotonie, il faut toujours leur proposer des histoires et activités différentes.

2) L'atelier multimédia

La bibliothèque du Palais sur Vienne dispose d'un atelier multimédia. Huit postes informatiques sont à disposition du public pour des formations aux logiciels de bureautique, à la recherche internet ou du libre-accès. L'ordinateur avec une connexion internet est un outil indispensable en bibliothèque, tant pour être à l'heure des nouveaux médias que pour participer à la réduction des inégalités d'accès au web.

41 :
 Par exemple : Gcompris, Le monde de Victor, coloriage magique...

En ce qui concerne le jeune public, Monsieur Menand, animateur, suggère aux parents qui le souhaitent, des sites internet41 pour initier les plus petits à la manipulation de l'outil informatique par le biais de jeux. Des séances sont réservées aux élèves des écoles primaires et aux enfants du centre de loisirs. Il est important, de nos jours de savoir maîtriser les nouveaux moyens de communication, savoir chercher et s'informer sur internet.

Dès le CE2, les enseignants peuvent inscrire leur classe à l'atelier multimédia soit dans le cadre d'une « séance bibliothèque », soit dans le cadre d'un atelier (heures supplémentaires à celles des « séances bibliothèque »). Dans le cas d'une séance bibliothèque, l'animateur crée une activité en rapport avec le thème choisi. Il présente la recherche d'informations sous forme de jeux originaux qu'il conçoit lui-même. (Voir en annexe 7 la fiche d'activité multimédia). Les enfants ont donc la possibilité d'acquérir des connaissances intellectuelles, tout en utilisant l'ordinateur de manière ludique.

Dans le cas d'un atelier, l'enseignant peut prévoir un sujet pour ses élèves, ou donner à l'animateur la possibilité de travailler sur ce qu'il souhaite. Il s'agit plutôt de donner aux enfants les bases de la manipulation des logiciels de traitement de texte, d'image, et d'aider à la bonne utilisation d'internet et des moteurs de recherches. Ces formations plus directives, à raison de 4 heures dans l'année, permettent une première approche des pratiques fondamentales du diplôme du B2i qui est requis en classe de 3ème  : savoir s'informer, rechercher, communiquer, rédiger et protéger son ordinateur.

Les enfants du centre de loisirs, (8-10 ans) viennent pour des séances spécifiques d'une heure les mercredis matins. Avec eux, il s'agit principalement d'activités de loisirs mais tout en apprenant comment l'on peut se servir d'outils à des fins créatives. L'animateur, suite à un travail de veille informatique, peut proposer des sessions sur des sites gratuits (le plus souvent en anglais). Il est là pour indiquer la marche à suivre et aider les enfants. Quelques exemples de sites : Storybird qui permet de créer de histoires, Xtranormal où l'on peut réaliser des films, Toondoo où l'on invente des BD. À chaque fois, une inscription via une adresse e-mail est demandée, l'animateur utilise donc de « fausses adresses » qu'il a crée exprès, de manière à pouvoir faire jouer les enfants sans engager leur responsabilité et identité sur internet. Il leur présente également le logiciel libre GIMP, pour retoucher les images. Les images et photographies sont les objets numériques que les enfants utilisent le plus de par la banalisation des appareils photos. Il est donc utile et amusant pour eux de savoir modifier et retoucher leurs prises de vue (opération de détourage, light-painting, déformation, encadrement...).

L'atelier multimédia fait donc partie intégrante de la bibliothèque et participe à l'ouverture culturelle et à l'apprentissage des enfants, tant par l'apport d'informations qu'ils cherchent eux-même que par l'utilisation des outils informatiques.

3) Les services de portage

La bibliothèque propose un service de portage pour les écoles mais aussi pour la crèche du Palais sur Vienne : « Les Petits Pirates ». Les conditions de ces prêts sont différentes de celles d'un usager particulier, ce sont des prêts de groupe.

42 :
 Liste non exhaustive : les marionnettes, le loup, la ferme, la souris, les fées et...
43 :
 Bibliothèque Centre de Documentation

Au début des séances de classe, les enfants choisissent des livres qu'ils emportent chez eux. Mis à part ce système de prêt via l'école, les enseignants peuvent demander à bénéficier d'un service de portage une ou deux fois par trimestre. Ils ont la possibilité de faire une liste de livres particuliers ou bien laisser le choix à la bibliothécaire. Ils ont aussi l'opportunité de disposer de livres en série (par exemple Charlie et la chocolaterie de R. Dahl) que la bibliothèque a acquis selon le catalogue édité par la BDP. Ces séries bien souvent des titres phares, sont utilisées dans le cadre du travail scolaire, de lecture suivie ou servent d'appui à des sujets évoqués en classe. La bibliothèque met également à la disposition des enseignants ses « mallettes thématiques 42». Constituées dans le but d'avoir une réserve pour des expositions ou des séances avec les classes, ces mallettes sont déterminées selon les thèmes principaux qui peuplent la littérature jeunesse et l'imaginaire des enfants. Si les enseignants utilisent les ressources de la bibliothèque, c'est parce que les BCD43 des écoles ne sont pas suffisamment équipées. Par manque de temps, les professeurs ne gèrent pas l'acquisition d'ouvrages pour l'ensemble de l'école et il est impossible d'employer quelqu'un pour le faire. La bibliothèque a donc vraiment un rôle de lieu culturel pour les enfants et se trouve être un véritable partenaire pour les équipes enseignantes. La communication entre les deux est très importante pour organiser les calendriers d'échanges et connaître les besoins des classes.

44 :
 Quelques exemples : P. PÂQUERETTE. Les formes. Paris : Éditions Quatre Fleuves,...

Le deuxième partenaire est la crèche des « Petits Pirates ». Ce sont les professionnels de la petite enfance qui viennent prendre les documents que les bibliothécaires ont sélectionnés. On dénombre quatre « mallettes bébés-lecteurs » et « une mallette doudou ». L'équipe a acquis des petits livres plastiques pour le bain, des livres à caresser, à sentir, à toucher, des livres peluches, des livres objets (en forme de moto avec des roues pour montrer différents types de motos), des livres tissus, des livres animés44, des livres avec des histoires de doudou, de nounours, de tétine mais aussi des CD-livres avec des jeux de doigts, de relaxation, des comptines. Jusqu'à trois ans, l'enfant n'est pas scolarisé, il ne sait pas lire, alors pourquoi des livres ?

45 :
 D. ALAMICHEL. op. cit. I 7.3) La petite enfance. p. 39

« [pour] favoriser un développement plus harmonieux de la personnalité de l'enfant et une meilleure insertion dans la communauté à laquelle il appartient. »45

46 :
 Actions Culturelles Contre l'Exclusion et les Ségrégations : association créée en...

Cette citation figure sur les plaquettes de présentation d'ACCES46. Cette association a bousculé les mentalités au regard de l'image des moins de trois ans. À la bibliothèque du Palais sur Vienne, l'équipe actuelle a accepté d'échanger avec la crèche. Les puéricultrices bénéficient des mallettes mais aussi des conseils des bibliothécaires. Inversement les professionnels de la petite enfance peuvent donner des indications pour aider la bibliothèque à accueillir un si jeune public.

47 :
 C. POSLANIEC. op. cit. 4) Pédagogie de la littérature de jeunesse

Je partage l'avis de l'équipe de la bibliothèque, je pense que les bébés sont des lecteurs comme les autres et qu'il est important de les habituer à l'objet livre et à la musique dès la naissance. Cela peut faciliter l'insertion sociale et l'intérêt culturel plus tard dans l'enfance. De plus, ces petits livres leur donnent une première approche du monde : les couleurs, les nombres, les formes, les objets... Même s'ils n'ont pas la capacité de lire, leur imagination est bien réelle : un tout-petit peut manipuler un livre et s'inventer lui-même ce qui se passe. On peut leur raconter une histoire, toujours la même et ils réagiront si l'on fait une erreur. Christian Poslaniec47 a décrit les processus de réception chez l'enfant comme étant des :

« petits savoirs multiples [qu'ils acquièrent] dans l'escalier des plaisirs. »

L'enfant commence donc très tôt son itinéraire de lecture ce qui lui permet de se familiariser avec l'écrit. Il est donc important de connaître les étapes des apprentissages des enfants pour s'adapter au mieux à chacun.

48 :
ibid

C. Poslaniec détermine six marches dans « l'escalier des plaisirs » :

« 1 : le bébé découvre le livre et peut se laisser aller, l'adulte est là pour lire et rassurer ;
2 : vers 4-5 ans, l'enfant ne sait pas lire mais il est autonome, il se raconte les histoires à partir des images et peut réciter le texte de mémoire ;
3 : dès 7 ans, l'enfant commence à savoir lire et déchiffre tout ce qu'il voit. Mais le livre demande encore un effort ;
4 : vers 9 ans, l'enfant est autonome, il s'identifie à un personnage et vit le récit ;
5 : au collège, l'enfant peut dialoguer avec le livre, et s'ouvrir à l'interprétation ;
6 : le jeune adolescent perçoit l'interculturalité, la construction esthétique du récit et comprend la conception de l'auteur-écrivain.48 »

La bibliothécaire a un rôle à jouer dans l'acquisition de ces petits savoirs constituant :

49 :
ibid

« les trames de la tapisserie interculturelle. 49».

III La médiation culturelle : la place du bibliothécaire

La bibliothécaire du secteur jeunesse est polyvalente au regard de ses actions envers les enfants. Elle participe à leur évolution, construction, à leurs connaissances, et les aide à développer un imaginaire. Bien sûr, elle veut leur donner le plaisir de la lecture. Son rôle de médiatrice est alors complexe : quel est-il vraiment et comment y parvenir ? Comment se situer par rapport aux autres acteurs culturels du livre et de la lecture ? Enfin, que pouvons nous en retenir et que pouvons nous faire de plus ? Comment évaluer son travail ?

1) L'engagement du bibliothécaire

La bibliothécaire crée un lien avec son public de jeunes lecteurs, j'ai pu m'en rendre compte. Des enfants auxquels j'ai lu des histoires pendant des séances de classe sont revenus avec leurs parents. Même en ne les ayant eu qu'une fois, certains m'ont reconnue et me faisaient des petits bonjours. Lors des accueils de classe, les bibliothécaires étaient parfois prises d'assaut par des enfants qui voulaient leur montrer leurs livres. Cela prouve que l'enfant reconnaît la bibliothécaire, il sait qu'elle est là pour eux et surtout cela montre le partage qui se créé au fil des séances. Bien sûr, il y a toujours des exceptions,  certains enfants ne réagissent pas facilement. Charge à nous de les intéresser dans un souci d'équité.

L'ensemble des fonctions qu'exerce la bibliothécaire-jeunesse n'a pas d'ordre de priorité. Selon moi, toute action a son importance tant qu'elle est faite avec l'envie d'échanger avec son public.

La bibliothécaire jeunesse a un rôle d'animatrice culturelle, il faut mettre l'ensemble du fonds documentaire en relation avec tous les jeunes usagers. Mais il faut aussi être capable  de se mettre en scène : raconter une histoire en mettant le ton, mimer, danser, être énergique et motivée, ressentir soi-même le plaisir de l'animation pour mieux le communiquer. Il faut savoir faire preuve de créativité.

50 :
 DAVID MC KEE. Les couleurs d'Elmer. Paris : L’École des loisirs, 1994. 16p....

Il peut être utile (et cela dépend des moyens dont dispose l'établissement) d'avoir des notions de petit bricolage, d'activités manuelles, de peinture pour mener à bien un atelier. Les activités doivent toujours se faire en rapport avec un sujet culturel et être réalisées dans le cadre de découverte d'un domaine : par exemple, les scolaires ont fabriqué des personnages d'Elmer l'éléphant après avoir écouté l'histoire Les couleurs d'Elmer50 et étudié au préalable, les couleurs, la peinture pendant un cours d'arts plastiques. On pourrait penser que ce genre d'activité n'a pas sa place dans une bibliothèque. En effet, si le but est uniquement d'occuper les enfants à la bibliothèque, ces activités n'ont pas de sens. Mais je pense que reliées à l'ensemble des connaissances littéraires, documentaires et artistiques qu'offrent les différents supports culturels, ces activités ont toute leur place pour faire participer les enfants.

Il nous faut redonner du corps au livre et à la lecture. Ce moment est un instant de partage et d'échanges où l'on rend le livre vivant. Si l'on considère l'étymologie latine de « livre » on peut voir qu'il vient de « liber : partie vivante de l'écorce intérieure ».

On peut alors jouer avec le livre, sa forme, sa matière, le livre est un trésor qu'il faut exploiter, manipuler pour en retirer toutes les richesses. La lecture orale est essentielle pour éveiller les sens et inviter au monde imaginaire. Le corps écoute et s'imprègne de l'histoire, l'enfant peut se l'approprier. Le livre n'est plus un simple objet froid de travail, il prend vie et devient synonyme de plaisir.

51 :
 M. PETIT. Éloge de la lecture. La construction de soi. Paris : Belin, 2002. 159p....

La bibliothécaire est aussi « un passeur ». Elle communique les enjeux de la lecture aux enfants. En effet, en donnant ses propres impressions, elle peut susciter un désir de s'approprier le livre. Les mots libèrent ce que le lecteur peut ressentir au fond de lui, l'enfant s'identifie au héros et vit les aventures. Lire ce qui arrive à un autre permet d'objectiver sa propre expérience, de se construire et de se découvrir de façon personnelle. Michèle Petit à travers ses nombreuses recherches51 sur la lecture avance que :

« La lecture apparaît [aux enfants] comme un biais privilégié pour élaborer leur monde intérieur et donc de façon indissolublement liée, leur relation au monde extérieur. »

52 :
 M. PETIT. op. cit. p.26 en référence à l’œuvre de Virginia Woolf

La bibliothécaire est donc là pour accompagner l'enfant dans sa propre construction. Sans paraître intrusif, il faut favoriser la rencontre avec le livre. Celui-ci peut alors devenir « une chambre à soi »52 ou l'enfant peut s'épanouir. La lecture au delà d'un sentiment de plaisir, devient une expérience sociale personnelle.

Je pense que la bibliothécaire-jeunesse est une intervenante pluridisciplinaire, éclectique dans ses goûts. Elle doit se consolider une bonne culture générale pour diversifier mais aussi maîtriser les thèmes et activités.

Cette maîtrise est indispensable lorsque la bibliothécaire transmet des connaissances. En effet, elle est aussi là pour apprendre des choses aux enfants. Il existe donc un rôle d'éducatrice, de pédagogue. Mais c'est un rôle difficile à reconnaître :

53 :
 D. ALAMICHEL. op. cit. I 4) p.22

« la bibliothécaire en tant que pédagogue est peu reconnue dans la profession. Il y a comme un refus d'assumer cette fonction car elle suppose un type d'animation qui ne correspond pas à l'idée qu'elles se font de leur rôle d'intervenante culturelle. De plus, des raisons de principe peuvent venir se greffer sur ces réticences qui s'expliquent par l'histoire de la profession, les bibliothécaires ayant cherché à se démarquer de l'école. »53

Le sens du mot « pédagogie » est peut être mal considéré. L'étymologie grecque indique simplement qu'il s'agit de « l'action de conduire les enfants », il n'y a donc pas une seule façon prescrite pour le faire.

On ne peut pas nier la démarche pédagogique dès que nous pensons aux activités d'une séance, au type d'ouvrage qui sera le plus adapté selon les âges. Nous cherchons le meilleur moyen pour guider les enfants vers la connaissance et le plaisir culturel. Lors d'un accueil de classe, la bibliothécaire ajuste sa prestation selon la réceptivité des enfants, cela relève également de notion de pédagogie. La conduite pédagogique est alors plus latente dans le cas des bibliothécaires que dans celui des professeurs, mais elle existe bien.

Au regard des animations, il est possible de s'inspirer des sites réalisés et destinés d'abord par et aux enseignants : materalbum, l'école de Sylviane. Ces sites proposent des activités pour familiariser l'enfant avec le livre et les initier à la recherche d'informations. Ainsi, l'apport de savoirs se fait par l'intermédiaire de jeux : quiz, mémory, loto, mimes...(voir en annexe 8 les exemples de jeux). Les enfants étant dans un environnement différent de celui de l'école, ils ont moins l'impression de « travailler » et apprécient le côté ludique. C'est à mon avis, ce que la bibliothécaire veut défendre, ne pas donner l'impression de « faire comme à l'école » tout en enrichissant les connaissances de l'enfant.

La bibliothécaire-jeunesse se doit d'avoir des qualités multiples et un bon sens relationnel pour l'accueil des enfants. Sa motivation doit être perceptible par son public. La notion de plaisir doit être prédominante. La volonté d'enrichir la personnalité de l'enfant est importante. Le souhait d'apprendre aux enfants n'est pas à négliger.

Mais la place de la bibliothécaire reste distincte de celle de l'enseignant.

2) Une comparaison avec d'autres acteurs du livre et de la lecture

La bibliothécaire n'est pas la seule intervenante culturelle auprès des enfants. Dans le cadre de ses activités, deux partenaires participent à cette médiation : l'enseignant et le libraire. J'ai eu la chance de pouvoir dialoguer avec des acteurs de ces deux corps de métier. Il me semble important de pouvoir situer la place de chacun dans cette médiation culturelle, de façon à être complémentaire.

L'enseignant est le premier intervenant extérieur à la famille qui participe à la découverte du livre et de la culture. Les aspects de cet apprentissage sont divers mais définis dans le communiqué du Ministère de l’Éducation Nationale : Lire et écrire au cycle 3. Les enfants doivent acquérir des compétences. Alors, apprendre à lire c'est :

54 :
 MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE. Lire et écrire au cycle 3. p.11

« Lire pour apprendre : [effectuer un travail scolaire ou se documenter]. »54

La lecture serait considérée comme un outil pour appréhender le monde. Dominique Alamichel précise :

55 :
 D. ALAMICHEL. op. cit. I 7.2) Les accueils de classe p 33

« La préoccupation de l'école en matière de lecture est de former les jeunes esprits à la réflexion et au sens critique. »55

A l'école, le but est d'aider les enfants à se construire une :

56 :
 F. LAGACHE. Chapitre C 3) Modalités d'enseignement In La littérature de jeunesse :...

« bibliothèque mentale, un réseau de petits savoirs qui ont du sens. »56

57 :
 BCD : Bibliothèque Centre de Documentation
58 :
 À savoir : album, bande dessinée, conte, poésie, roman, récit illustré, théâtre
59 :
 Institutrice de la classe de grande section maternelle / Cours Préparatoire de...

Mais le livre n'est plus utilisé uniquement comme prétexte à des exercices pour l'orthographe, le vocabulaire ou la grammaire. La littérature de jeunesse trouve sa place dans l'enseignement, depuis la création des premières BCD57 selon le plan lecture de 1993 jusqu'à son entrée officielle dans les programmes en 2002 avec toute une sélection d'ouvrages conseillés par genre58. Les enfants ont donc accès au livre dans son support intégral. Mme Bruneau59 souligne :

« Il ne faut pas confondre le manuel de lecture pour apprendre à lire et le livre pour découvrir la lecture. »

L'image du livre s'en trouve changée :

60 :
 C. POSLANIEC. op. cit. 1) Un objet littéraire mal identifié : la littérature de...

« L'image traditionnelle où le livre est un outil (édifiant ou didactique) et le lecteur est passif (extraire du sens, comprendre...) [laisse la place à] une lecture ouverte où le lecteur est actif et peut construire et interpréter. »60

Ainsi les enseignants prennent le temps de raconter des histoires aux enfants en leur demandant d'être attentifs, concentrés et bien assis.

61 :
 MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE. L'évaluation des compétences en lecture In Lire...

Mais l'enseignant est toujours là pour guider ce qui peut être interprété ou pas et surtout pour évaluer61 : au long du cycle 3, l'enfant doit savoir présenter une interprétation, un point de vue, prouver ce qu'il propose, exprimer ses émotions, mémoriser, réinvestir ce qu'il lit. Cependant il ne faut pas confondre l'acquisition de compétences intellectuelles par l'écrit avec le goût de lire. De plus, et cela a été constaté par Mme Fasques, un enfant peut avoir des difficultés pour lire et comprendre mais apprécier la lecture.

À la bibliothèque, l'enfant n'est pas évalué, il est libre de se laisser aller à ses propres pensées, son imaginaire n'est pas limité. Il a le plaisir de choisir en autonomie ce qu'il veut lire. L'environnement de la bibliothèque permet à l'enfant de confronter ses savoirs à la réalité par la démarche de recherche documentaire personnelle. C'est pourquoi un partenariat entre école et bibliothèque est important pour participer à l'éducation culturelle des enfants. L'échange avec le professeur est essentiel pour distinguer les besoins particuliers d'une classe. La bibliothécaire et l'enseignant jouent un rôle différent mais sont complémentaires.

62 :
 Co-responsable de la librairie Rêv'en pages à Limoges

L'autre acteur du livre et de la lecture est le libraire. Son rôle au regard des enfants jusqu'à 11 ans est totalement différent. Le libraire vend les livres, le public qu'il côtoie le plus est donc un public d'adultes qui veut acheter un livre pour l'offrir à un enfant. Le libraire sert et conseille principalement les adultes. Mme Gizardin62 m'a expliqué :

« C'est l'adulte qu'il faut convaincre pour qu'il choisisse le livre susceptible de plaire à l'enfant. »

L'adulte choisit pour l'enfant, il est initiateur tant que l'enfant n'est pas réellement autonome (période de l'adolescence). Le libraire se doit de suivre les demandes de son client. Si le professionnel ne trouve pas ce que le client cherche, il lui en explique la raison. Le public est client, à la différence de la bibliothèque où il est usager. Mais le libraire, même s'il est dans un cadre mercantile, est avant tout acteur de la vie culturelle. Il est plus important d'établir une relation de confiance avec le client pour le satisfaire.

Le libraire est aussi là pour défendre des éditeurs, auteurs, illustrateurs jeunesse de qualité et de l'environnement local. Il est donc un partenaire privilégié pour conseiller les bibliothécaires notamment sur les nouveautés.

Les deux corps de métier ne sont pas rivaux. Le libraire participe à l'ouverture et l'approche des ouvrages jeunesse pour les adultes et la bibliothécaire offre aux enfants un panorama le plus large possible de la diversité culturelle. On peut espérer qu'ainsi, parents et enfants partageront ensemble le plaisir de la lecture.

Le libraire propose et participe à des animations qui ne concurrencent pas celles de la bibliothèque. Des jeux sont organisés dans les vitrines, des dédicaces sont programmées dans des bibliothèques suivant les accords passés entre les structures. Le libraire participe également aux salons du livre jeunesse comme par exemple celui d'Isle. Il fait venir les auteurs, organise les lieux et les ventes. Le libraire peut aussi travailler avec les enseignants lorsque ceux-ci souhaitent acheter des livres pour l'école ou même intervenir dans les classes pour présenter des ouvrages aux classes.

Mme Gizardin a remarqué qu'on pouvait distinguer deux générations de libraire : celle des initiateurs des librairies jeunesse qui se sentaient investis d'une mission de « passeurs de savoirs » à travers le livre comme objet d'apprentissage, et la génération actuelle qui a une perception différente de la littérature, plus fondée sur le goût de l'échange, du plaisir du livre. Nous nous sommes interrogées sur la nouvelle génération et la place du livre avec l'arrivée de la numérisation. En fait, l'évolution du métier de libraire suit la même voie que celui de bibliothécaire : une première génération axée sur les collections, un renouveau actuel centré sur les publics et la question de la médiation prochaine à travers les outils numériques.

Mais ce qui relie ces trois métiers, c'est cette même volonté d'ouverture d'esprit, de curiosité chez les enfants. Chacun souhaite porter l'enfant vers le plaisir du livre et de la culture. Mais chacun agit différemment selon les champs d'action dont il dispose et les conditions de l'exercice de son travail. C'est ce qui fait la richesse de la collaboration entre enseignants, libraires et bibliothécaires. Surtout, c'est ce qui crée la diversité de ce que l'on donne aux enfants.

3) Pistes de réflexions et d'actions

63 :
 C. POSLANIEC. op. cit. Chapitre 4)

Christian Poslaniec63 donne au livre trois fonctions principales :

« C'est un support de lecture […], une œuvre littéraire [...] et un objet socio-culturel. »

Le livre recouvre l'autonomie de la lecture, le plaisir du texte, de l'interprétation, de l'imaginaire et l'échange culturel entre tous.

La bibliothécaire, de part ses actions et les animations qu'elle propose assure au mieux les différents aspects que revêt l'objet-livre. De plus, elle se doit de remplir les missions énoncées dans le manifeste de l'UNESCO.

Ce que propose la bibliothèque du Palais sur Vienne est une manière de travailler. Chaque établissement et chaque bibliothécaire a un avis différent sur la façon de mener des actions.

Dans le cadre de ce que j'ai observé pendant mon stage, qu'est-ce qu'une bibliothèque pourrait proposer d'autre ?

J'ai essayé d'interroger les enfants. En effet, ce sont les plus concernés par les animations, mais on leur pose rarement des questions ! (Voir en annexe 9)

J'ai rencontré des élèves de grande section et CP. La maîtresse avait établi un petit groupe représentatif (bon lecteur, élève difficile, éveillé, peu curieux) pour ne pas fausser l'impression générale. Mais ils sont trop petits pour poser des mots et prendre du recul sur ce qu'ils aiment ou pensent de la bibliothèque. L'impact que peuvent avoir nos interventions est difficilement visible.

La majorité d'entre eux aime venir à la bibliothèque et lise principalement les livres empruntés à la bibliothèque. Certains ne reviennent pas avec leurs parents parce que ces derniers n'ont pas le temps pour les y amener. Pourtant les enfants réclament pour s'y rendre.

Je me suis rendu compte que mes questions étaient trop approfondies et les enfants y compris jusqu'à 11 ans restent timides. Même ceux qui sont très éveillés, actifs pendant une séance et qui reviennent souvent avec leurs parents, sont muets quand on leur pose des questions directes. Mais j'ai tout de même éprouvée une certaine satisfaction. Les enfants gardent en mémoire ce que la bibliothécaire leur a raconté, même il y a longtemps. Les plus petits m'ont tous parlé de Pierre et le Loup de Prokofiev alors que la séance avait eu lieu en novembre.

Cependant il reste très dur de mener une évaluation d'un point de vue qualitatif. Les enfants s'expriment au moment de la séance, avec des réactions difficiles à interpréter. J'ai parfois été frustrée de ne pas savoir si oui ou non une classe avait apprécié le moment de « l'heure du conte ». Mais l'heure d'après, nouvelle classe, nouvelle histoire et une situation autre. Nous sommes toujours en suspend, dans une certaine incertitude. Une remise en question personnelle est nécessaire pour pouvoir se renouveler.

Au regard des animations, des enfants m'ont demandé pourquoi ils ne pouvaient pas venir écouter des histoires avec leurs parents. La programmation d'heure du conte plaît aux enfants. Mais pour les organiser, il faut être sûr qu'il y aura du public et disposer de personnel suffisant pour assurer l'ouverture au public et l'animation. De même, la venue d'un auteur, d'un illustrateur remporte beaucoup de succès. Les enfants des classes ont étudié les livres de l'auteur concerné. Lors de sa venue, celui-ci échange avec eux. Il les fait écrire, dessiner. Il leur parle de ses personnages, de son parcours. Les enfants apprécient de rencontrer l'écrivain. De plus, cela leur offre la possibilité de s'intéresser à ce métier et de considérer la place de l'auteur dans l'écriture d'un ouvrage. Une marche supplémentaire dans « l'escalier des plaisirs » peut être franchie.

Pour faire participer les enfants, notamment les 9-11 ans mais aussi pourquoi pas les adolescents, des rondes du livre pourraient être préparées. Les enfants présenteraient des livres coup de cœur. Cela permettrait d'augmenter les échanges, les impressions et donnerait la parole aux enfants. Ceux qui n'aiment pas trop lire, ou qui hésitent à prendre un roman auraient l'avis de quelqu'un de leur âge. Peut-être seront ils encouragés vers la lecture de cette façon.

D'autres coopérations pourraient voir le jour. Ainsi les bibliothécaires pourraient intervenir auprès de la maison de l'enfance. Cet endroit est un lieu d'échanges entre parents, assistantes maternelles et enfants. Il est envisageable d'intégrer les bibliothécaires pour des séances « heure du conte ». Le public concerné serait donc élargi et le partage du livre aussi. Les bibliothécaires sont aussi là pour conseiller des lectures, des ouvrages adaptés à chaque âge et étapes de construction personnelle de l'enfant.

Pourquoi ne pas collaborer avec les musées ? C'est un autre lieu de culture et d'enrichissement que les enfants fréquentent difficilement. La bibliothèque pourrait proposer des livres documentaires et des histoires en rapport avec la spécialisation de la collection muséale. Le musée peut de son côté préparer des visites ludiques et des activités pratiques. Par exemple le Musée national Adrien Dubouché propose ce type de partenariat. Tout comme les bibliothèques, les musées sont obligés de se diversifier pour attirer le jeune public. Des visites de classes sont organisées avec des questionnaires-jeux. Les enfants peuvent ainsi découvrir l'histoire et la fabrication de la porcelaine (dans le cas présent) avant de s'essayer eux-même à une création. Le rôle de la bibliothèque serait d'aider les enfants dans leur découverte de l'art. En échange, l'équipe du musée expliquerait la conception des fiches de visites, utiles notamment dans le cadre d'expositions.

Enfin, la question se pose quant à la place de la bibliothèque dans l'apprentissage de la recherche documentaire. Au cours du cycle scolaire, l'enfant doit acquérir les méthodes pour se repérer dans un livre (sommaire, index...) mais aussi dans un espace de classement documentaire. Les interventions des enseignants en BCD doivent remplir ce rôle. Mais les BCD sont très peu fréquentées. Alors, l'enfant ne sait peut-être pas se repérer. Il peut être utile de proposer une séance de présentation de la bibliothèque avec son système de classement. Expliquer les différents supports et genres de documents qu'on y trouve. Donner des indications pour chercher des documents selon une thématique particulière et savoir analyser si un livre correspond à ce dont on a besoin. Bien sûr, la bibliothécaire est toujours là pour guider l'enfant et l'aider dans ses recherches, mais c'est aussi lui donner l'opportunité d'être autonome dans ses recherches que de lui expliquer comment faire.

Les possibilités de partenariats, d'animations sont donc nombreuses. Tout dépend des moyens de l'établissement, des structures culturelles environnantes et du temps d'organisation. Enfin, la formation personnelle de la bibliothécaire est importante.

Conclusion

Le secteur jeunesse est un espace documentaire aussi riche et varié que celui des adultes. Sa composition suit une logique adaptée au public qui le fréquente.

Chaque enfant, de la naissance à la pré-adolescence doit y trouver ce dont il a envie et besoin. La bibliothécaire est là pour y veiller.

La bibliothécaire jeunesse est une intervenante privilégiée au sein de la médiation culturelle auprès des enfants par nombre d'animations et d'actions.

Elle participe à leur découverte du plaisir du livre, de la lecture et de la culture dans son ensemble. Même si elle a aussi un rôle pédagogique, son image est différente de celle d'un enseignant scolaire. Lors de l'apprentissage de la lecture, la bibliothécaire est là pour transformer l'effort de lire en plaisir.

Le livre revêt également une dimension personnelle, en offrant la possibilité de se découvrir, de s'évader et de s'imaginer ce que l'on pourrait être ou faire. La bibliothécaire a un rôle éducatif en participant à la construction des enfants. Pour cela, elle partage ses propres expériences de lecture et ce qu'elle en a retiré.

La bibliothécaire jeunesse a donc plusieurs fonctions : médiatrice, intervenante culturelle, communicatrice de savoirs, conseillère, animatrice, conteuse.

Mais sa place n'est pas véritablement reconnue. Toutes ses compétences ne sont pas obligatoires dans le cadre d'une formation de bibliothécaire et l'absence de diplôme national spécifique empêche une réelle considération. Il existe des options de spécialisation dans le cursus universitaire, mais elles concernent principalement la littérature de jeunesse. C'est à dire la place du livre pour enfant au fil des siècles et la connaissance des auteurs, illustrateurs et éditeurs jeunesse. Cela ne comprend pas les multiples domaines auxquels elle peut toucher et les capacités diverses dont elle peut avoir besoin.

Le poste de bibliothécaire jeunesse est constitué de particularités qui s'acquièrent au fur et à mesure de son exercice.

Cependant, le cœur du métier à ne pas négliger est, à mon sens, le désir de partager et de donner du plaisir, de l'imaginaire aux enfants. Leur donner la chance de s'épanouir, de se découvrir. Pour mieux communiquer ce plaisir, il faut je pense, le ressentir soi-même et apprécier lire les ouvrages pour la jeunesse. Un engagement personnel est indispensable. Il n'y a pas de limite d'âge pour lire des livres de littérature jeunesse. Chacun peut y trouver l'émotion et l'imaginaire qui lui correspond et apprécier textes et illustrations.

Bibliographie

Références bibliographiques

ALAMICHEL Dominique. La bibliothécaire jeunesse : une intervenante culturelle. Paris : Electre - Éditions du Cercle de la librairie, 2006, 1 volume, 302 pages. (Collection Bibliothèques, sous la direction de POULAIN Martine).

Association des bibliothécaires de France sous la direction de MOUREN Raphaële et PEIGNET Dominique. Le métier de bibliothécaire. Paris : Electre – Éditions du Cercle de la librairie, 2007, 1 volume, 452 pages.

BONNAFE Marie. Les livres c'est bon pour les bébés. Paris : Calmann-Lévy, 1994, 1 volume, 199 pages.

CAUSSE Rolande. L'enfant lecteur. Paris : Autrement, 1988, 1 volume, 202 pages. ( Série Mutation, n°97, mars 1988).

ECO Umberto. Lector in fabula. Le rôle du lecteur. Paris : Livre de Poche, 1989, 1 volume, 314 pages. (Collection Livre de Poche).

LAGACHE Françoise. La littérature de jeunesse : la connaître, la comprendre, l'enseigner. Paris : Belin, 2006, 1 volume, 270 pages. (Collection Guide de l'enseignant École/Collège).

PETIT Michèle. Éloge de la lecture. La construction de soi. Paris : Belin, 2002, 1 volume, 159 pages. (Nouveaux mondes).

POSLANIEC Christian. (se) former à la littérature de jeunesse. Paris : Hachette éducation, 2008, 1 volume, 367 pages. (Collection Profession Enseignant).

Références webographiques

MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE, MINISTÈRE DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA RECHERCHE, DIRECTION GÉNÉRALE DE L'ENSEIGNEMENT SCOLAIRE. Lire et écrire au cycle 3, Repères pour organiser les apprentissages au long du cycle. [en ligne]. Paris : CNDP, 2003, 44 pages. (Collection Textes de référence-École).
Disponible sur : http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/lire_ecrire_c3.pdf  (consulté le 04/04/2010)

MUSÉE NATIONAL ADRIEN DUBOUCHÉ : céramique, verre, porcelaine de Limoges. [en ligne]. Limoges : Musée National Adrien Dubouché, [S.d].
Disponible sur : http://www.musee-adriendubouche.fr/ (consulté le 15/06/2010)

Pour le travail de veille, les recherches et la culture personnelle:

CENTRE DE RECHERCHE ET D’INFORMATION SUR LA LITTÉRATURE POUR LA JEUNESSE : le site du CRILJ. [en ligne]. [S.l] : CRILJ, 2008.
Disponible sur : http://www.crilj.org/des-livres-et-nous-2  (consulté dès le 26/03/2010)

CITROUILLE : blog des Libraires Sorcières. [en ligne]. [S.l] : Hautetfort, 2005.
Disponible sur : http://lsj.hautetfort.com/  (consulté dès le 26/03/2010)

CROQ'LIVRE : Centre régional de ressources en littérature jeunesse (Franche-Comté). [en ligne]. Besançon : Croq'livre , [S.d].
Disponible sur : http://www.croqulivre.asso.fr/index.php  (consulté dès le 26/03/2010)

LA JOIE PAR LES LIVRES : Centre national de la littérature pour la jeunesse. [en ligne]. Paris : BnF Département Littérature et Arts, [S.d].
Disponible sur : http://lajoieparleslivres.bnf.fr./masc/Default.asp?INSTANCE=JOIE (consulté dès le 26/03/2010)

SALON DU LIVRE ET DE LA PRESSE JEUNESSE DE MONTREUIL : Salon du livre et de la presse jeunesse. [en ligne]. Montreuil : Salon du livre : Département Seine Saint Denis, [S.d].
Disponible sur : http://www.salon-livre-presse-jeunesse.net/accueil.html (consulté dès le 26/03/2010)

RICOCHET : Ricochet-jeunes.org. [en ligne]. Suisse : Didier Gallaz : Dimitri Iberraken, 1994.
Disponible sur : http://www.ricochet-jeunes.org/sommaire  (consulté dès le 26/03/2010)

Annexes

Annexes (2,0Mo)

Notes

1  IFLA : Fédération Internationale des Associations de bibliothécaires et des bibliothèques

2  UNESCO : Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture (Voir annexe 1)

3  Casterman. (Petite enfance, série A la queue leu leu)

4  D. DUFRESNE. Les petites vies d'Apolline : Le pot. Paris : Mango jeunesse, 2002. 18p.
K.M AMIOT. J'apprends à dire merci. Paris : Fleurus, 2001.

5  T. LENAIN, O. TALLEC. Il faudra. Paris : Sarbacane, 2006. 16p.
A. MC ALLISTER, G. BAKER-SMITH. Il suffit d'y croire. Paris : Gautier Languereau, 2008. 38p.

6  J. ASHBÉ. L’École des loisirs. (Loulou&Cie)

7  A. KRINGS. Gallimard jeunesse. (Drôle de petites bêtes)

8  G. MULLER. Boucle d'Or et les trois Ours. (version originale)
RASCAL. Boucle d'or & les trois ours. Paris : L'École des loisirs, 2002. 24p.
L. CHILD. Boucle d'or. Paris : Gautier Languereau, 2008. 50p.
M. BILLET. Boucle d'or et les trois ours. Paris : Tourbillon, 2009. 10p. (Mon petit théâtre des contes)

9  Milan jeunesse. (Ouvre l'œil)

10  O. MELANO. Pompéi a disparu. Paris : L’École des loisirs, 2007. 42p. (Archimède) coté J 937 MEL

11  (Collection L'art et la manière)

12  Calligram. (Max et Lili), Rageot. (L'école d'Agathe ), L’École des loisirs. (Mouche)

13  A.M. POL. Danse ! Paris : Pocket, 2006. 133p.
ELIZA WILLARD [et al]. Mary-Kate et Ashley Olsen. Paris : Poche, 2004. 140p.
M.P. OSBORNE. La cabane magique. Paris : Bayard Jeunesse, 2005. 75p.

14  Collections : (Cascade) chez Rageot, (Médium) de L’École des loisirs, (Macadam) par Milan

15  RENAUD, S. BLOCH [et al]. La petite vague qui avait le mal de mer. [S.l] : Naive, 2007.

16  S. OLLIVIER. Louis Amstrong. Paris : Gallimard jeunesse, 2009. (Mes premières découvertes musiciens)

17  F. BOBE [et al]. Le bal des fées. Paris : Éveil et découvertes, 2006. Pour le thème de l'an prochain

18  B. LACOMBE (ill.), O. RUIZ (chant), A. EL RUBIO (mus.). Paris : Seuil jeunesse, 2009. 34p. + 1CD.

19  Ateliers de Diffusion Audio-Visuelle : organisme qui négocie les droits d'auteur pour les collectivités

20  Versions originales : M. SENDAK. Max et les Maximonstres. New-York : Harper&Row, 1963.
W. HOLZWARTH. De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête. Allemagne : Peter Hammer Verlarg GmbH, 1989. 24p.

21 Site de l'Association du Centre International d’Études en Littérature Jeunesse (CIELJ)

22 Site mais aussi revue de l'Association des Librairies Spécialisées Jeunesse

23  C. POSLANIEC. Chapitre 4) Pédagogie de la littérature de jeunesse In (Se) former à la littérature de jeunesse. Paris : Éditions Hachette Éducation, 2008. 367p. (Profession enseignant)

24  W. KRIEGESKORTE. Arcimboldo Giuseppe (1527-1593). Koln : Taschen, 2000. 79p.

25  C. ALBAUT. Comptines pour avoir bonne mine. Arles : Actes Sud junior, 1999. 61p.

26  « amitié » en russe : « Дружба »

27  D. ALAMICHEL. Chapitre I 5)Légitimité, fonctions et compétences spécifiques de la bibliothécaire-jeunesse -Conférencière In La bibliothécaire jeunesse : une intervenante culturelle. Paris : Cercle de la librairie, 2006. 302p. (Bibliothèques) p.28

28  R. CELLI. Baba Yaga. Paris : Père Castor Flammarion, 1993. 23p. (Secondes lectures)

29  Un lien avec Lector in fabula d'Umerto Eco est inévitable. L'enfant est à même d'interpréter librement ce qu'il voit ou lit, on ne peut, à mon sens, fermer une voix plutôt qu'une autre

30  D. ALAMICHEL. op. cit.  I 1)Objectifs généraux de l'animation -fonction de loisirs. p.13

31  D. ALAMICHEL. op. cit. I 6)Thèmes des animations. p.29-31

32  Voir le Manifeste de l'IFLA/UNESCO de 1994, éléments 4, 5, 6 et 7 en annexe 1

33  À savoir : le fantastique (lutin, fée, sorcière...), les pôles (vie, animaux, population...), le cheval et le poney

34  À savoir : la désobéissance, la musique , les animaux de la savane

35  C. DUNETON. Chapitre 1 Lire ou ne pas lire In L'enfant lecteur. Paris : Autrement, 1988. 202p. (Mutations) p.21- La langue oubliée

36  R. GUILLOT, L. HARLÉ, C. LE MASNE. Sirga. Paris : Mango Jeunesse, 2004. 32p.

37  Sur la désobéissance, avec les maternelles, on raconte L'histoire de Kiki Grabouille.
J. WILLIS. L'histoire de Kiki Grabouille. Paris : Seuil,1982. Ce petit garçon ne se lave pas et il est chassé de chez lui parce qu'il n'est pas propre. Beaucoup d'enfants n'aiment pas le moment de la douche, mais ils ne comprennent pas l'importance et les conséquences de l'hygiène.

38  C.POSLANIEC. op. cit. Chapitre 1. p.123

39  J'utiliserai le féminin dans la suite de mon rapport « vu que la très grande majorité du personnel des secteurs jeunesse sont des femmes » (dans l'introduction de La bibliothécaire jeunesse : une intervenante culturelle p. 10)

40  D. ALAMICHEL. op. cit. I 5) -animatrice de rencontres et d'échanges. p.25

41  Par exemple : Gcompris, Le monde de Victor, coloriage magique...

42  Liste non exhaustive : les marionnettes, le loup, la ferme, la souris, les fées et princesses, les sorcières...

43  Bibliothèque Centre de Documentation

44  Quelques exemples : P. PÂQUERETTE. Les formes. Paris : Éditions Quatre Fleuves, [S.d]
P. SMITH. Les couleurs. Paris : Nathan, [S.d]
Touche à Tout-1,2,3. Londres : Dorling Kindersley, [S.d]

45  D. ALAMICHEL. op. cit. I 7.3) La petite enfance. p. 39

46  Actions Culturelles Contre l'Exclusion et les Ségrégations : association créée en 1982 à l'initiative de Marie Bonnafé, René Diatkine et Tony Lainé. Elle revendique la considération du bébé comme étant une personne

47  C. POSLANIEC. op. cit. 4) Pédagogie de la littérature de jeunesse

48 ibid

49 ibid

50  DAVID MC KEE. Les couleurs d'Elmer. Paris : L’École des loisirs, 1994. 16p. (Kaléidoscope)

51  M. PETIT. Éloge de la lecture. La construction de soi. Paris : Belin, 2002. 159p. (Nouveaux mondes) Introduction

52  M. PETIT. op. cit. p.26 en référence à l’œuvre de Virginia Woolf

53  D. ALAMICHEL. op. cit. I 4) p.22

54  MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE. Lire et écrire au cycle 3. p.11

55  D. ALAMICHEL. op. cit. I 7.2) Les accueils de classe p 33

56  F. LAGACHE. Chapitre C 3) Modalités d'enseignement In La littérature de jeunesse : la connaître, la comprendre, l'enseigner. Paris : Belin, 2006. 270p. (Guide Belin de l'enseignement)

57  BCD : Bibliothèque Centre de Documentation

58  À savoir : album, bande dessinée, conte, poésie, roman, récit illustré, théâtre

59  Institutrice de la classe de grande section maternelle / Cours Préparatoire de l’école Jules Ferry

60  C. POSLANIEC. op. cit. 1) Un objet littéraire mal identifié : la littérature de jeunesse p.47

61  MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE. L'évaluation des compétences en lecture In Lire et écrire au cycle 3. p.35

62  Co-responsable de la librairie Rêv'en pages à Limoges

63  C. POSLANIEC. op. cit. Chapitre 4)

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Pour citer ce document

Lachaudru Laura. Le secteur jeunesse : un lieu de médiation culturelle : la place de la bibliothécaire, [En ligne], Rapport de stage, Licence professionnelle Métiers des bibliothèques et de la documentation. Limoges : Université de Limoges, 2010. Disponible sur : http://epublications.unilim.fr/memoires/licenceprombd/255 (consulté le 19/09/2017).