Pauline Leymonie

Gestion du fonds d'estampes anciennes : inventaire, conditionnement et mise en valeur

Maître de stage : Étienne ROUZIÈS
Responsable Pôle Limousin et Patrimoine et conservateur d'état,
Bfm de Limoges

stage effectué du Stage effectué du 4 Avril au 2 Juillet 2011

stucture d'accueil : Bibliothèque francophone multimédia - Limoges

publiée en ligne le 01 décembre 2011

Couverture du rapport de stage


La gravure et l'estampe, supports semblant plutôt être traités par des musées ou des archives, apparaissent comme peu connues dans le milieu des bibliothèques. La Bibliothèque francophone multimédia de Limoges possède un fonds conséquent d'estampes et tient à conserver ce fonds de la meilleure façon qu'il soit. Des modalités de gestion, de restauration et de conservation ont été appliquées au sein du Pôle Limousin et Patrimoine. Par la suite une réflexion quand à la mise en valeur de ce fonds par expositions, animations, numérisation et mise en ligne a été menée. Tout ceci pour répondre aux deux missions du Pôle : la conservation et la valorisation des fonds limousins et patrimoniaux.

Etching and engraving, supports rather pretend to be addressed by museums or archives, appear to be little known in the libraries community. The French multimedia library in Limoges has a fund of prints and therefore wants to keep the fund in the best way it is. Terms of management, restoration and conservation have been applied in the Cluster Limousin and Patrimony. Furthermore when thinking in the development of this fund thanks to exhibitions, events, scanning and posting online was completed. All this to meet the two mission of the Cluster missions : the conservation and recovery of heritage collections and property Limousin.

Tout d'abord je tiens à remercier M. Étienne ROUZIES, conservateur et responsable du Pôle Limousin et Patrimoine, qui a été mon maitre de stage durant ces trois mois. Je le remercie de m'avoir permis de découvrir les différents fonds de ce Pôle et notamment le fonds d'estampes si riche et si intéressant. Merci pour le temps que vous m'avez accordé et de m'avoir fait partager votre sensibilité et votre intérêt pour les fonds dont vous avez la charge.
Je remercie également M. Jean-Marie ALLARD, assistant qualifié de conservation et surtout mon enseignant référent, qui m'a accompagné durant mon stage. Ainsi que tous les membres de l'équipe du Pôle Limousin et Patrimoine pour m'avoir accepté au sein du Pôle, pour leur dynamisme ainsi que pour m'avoir inculqué les valeurs du travail en équipe, outil indispensable dans tous métiers.
Ensuite je tiens tout particulièrement à remercier Mme Laure THÉAUDIN qui a pris un peu de son temps précieux pour me parler de la numérisation et me former à l'utilisation du numériseur. Ainsi que l'Atelier du livre, et notamment M. Éric BRIOT pour sa disponibilité et sa patience lors de mon apprentissage des techniques de restauration.
De plus je tiens à remercier tous les employés de la Bfm, que j'ai pu croiser à un moment ou un autre, pour leur accueil et pour avoir accepté de m'apprendre les ficelles du métier et pour avoir répondu à mes questions.
En dernier lieu je remercie M. Daniel LE GOFF, directeur de la Bibliothèque francophone multimédia, pour son accueil.


Texte intégral

Introduction

Une estampe est une image produite en de nombreux exemplaires à partir d'une matrice, c'est-à-dire une plaque de bois, métal ou pierre gravée généralement à la main, que l'on encre puis que l'on presse sur une feuille de papier. Cette méthode, la gravure, permet donc la reproduction en plusieurs exemplaires d'un dessin. Grâce aux techniques de l'estampe l'homme a pu commencer à diffuser en nombre les images. A l'instar de la photographie, l'estampe fournit un témoignage historique en même temps qu'elle donne à voir l'évolution de techniques graphiques.

La terminologie de l'estampe est complexe car elle peut être synonyme de gravure. La gravure est le procédé par lequel on obtient la matrice qui servira à l'impression de l'image. Le mot « estampe » quant à lui est un terme générique car il comprend aussi les estampes dont l'image est reportée ou copiée sur le papier (comme la phototypie ou la lithographie)sans l'utilisation d'une matrice gravée.

Tout comme les livres, les estampes font parfois l'objet de collections, comme celles mises en place par la Bibliothèque royale avec le dépôt légal de l'estampe en 1632 ou encore celles constituées par des collectionneurs privés au fil des années. On retrouve ainsi des collections très importantes tant par leur nombre que par leur qualité, qui font aujourd'hui l'objet d'une conservation appliquée (comme au Département des estampes et de la photographie à la Bibliothèque nationale de France) afin de permettre la meilleure transmission possible aux générations futures.

Il ne faut surtout pas croire que le temps de l'estampe est révolu car aujourd'hui encore les fonds d'estampes s’enrichissent grâce à des artistes contemporains mais aussi grâce aux ateliers d'imprimeurs (URDLA, Arte-Maeght, Linard, etc.).

1 :
 http://217.167.158.69/portraits/_app/index.php

La Bfm (Bibliothèque francophone multimédia) de Limoges possède, au milieu de ses riches collections d'imprimés, un fonds iconographique non traité constitué de portraits limousins1, de photographies et de 408 estampes. Ces dernières permettent un incroyable voyage dans le temps, en donnant par exemple des informations historiques, sociétales, architecturales, ou encore environnementales, qui constituent un matériau de recherche précieux pour les historiens de l'art.C'est pour cela que le Pôle Limousin et Patrimoine réfléchit à tous les moyens à mettre en place pour une prochaine mise en valeur de ce fonds.

C'est après avoir fait un état des lieux et étudié ce fonds dans sa globalité que nous verrons tous les éléments qui permettent la mise en valeur de ce fonds, de l'élaboration d'un inventaire à la mise en ligne d'estampes numérisées en passant par la restauration.

Figure 1 : Échantillon d'estampes

Échantillon d'estampes

I- Présentation du fonds d'estampes

C'est au sein de la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges que j'ai effectué mon stage durant douze semaines, et plus précisément au Pôle Limousin et Patrimoine. Avant de parler précisément du fonds dont je me suis occupé il est important de présenter le contexte professionnel dans lequel j'ai évolué.

I.1- Description du cadre professionnel

2 :
 http://www.bm-limoges.fr/limousin.html

I.1.1- Le Pôle Limousin et Patrimoine2

C'est dans le bâtiment de l'ancien hôpital de Limoges que le Pôle Limousin et Patrimoine conserve ses collections. L'organigramme de ce service est le suivant :

  • Un conservateur d'État chef de service.

  • Un attaché territorial chargé de la numérisation.

  • 4 assistants territoriaux de conservation du patrimoine et des bibliothèques chargés de l'acquisition et du traitement intellectuel des documents.

  • Un technicien principal territorial (relieur).

  • 4 agents territoriaux du patrimoine chargés du traitement physique des documents.

L'ensemble de l'équipe assure la médiation en direction des publics.

Ce Pôle a deux missions très importantes : la conservation et la valorisation de la production éditoriale régionale ainsi que du patrimoine stricto sensu (livres anciens, manuscrits originaux, livres d'artistes, collections iconographiques).

La première mission, consiste a acquérir tous les documents limousins (imprimés, documents sonores, documents audiovisuels, multimédia, périodiques, affiches et tracts). On dit qu'un document est limousin lorsque :

  • L'auteur entretient un lien vivant avec la région (est né ou à vécu significativement dans la région).

  • L'éditeur et l'imprimeur sont installés dans la région.

  • Le sujet concerne la région.

Les modalités d'acquisition des documents sont les suivantes : achat (libraires, libraires d'anciens, micro-éditeurs locaux, disquaires, vidéothèques, centrales d'achat), dépôt légal imprimeur, dons, préemption lors de ventes aux enchères.

Chaque fois que possible les documents sont acquis en deux exemplaires, l'un pour la conservation consultable sur place uniquement, l'autre pour le prêt au public (documents postérieurs à 1945).

La deuxième mission est la conservation du patrimoine. Ce Pôle renferme des fonds aussi divers que précieux et rares. On peut, en effet, y trouver des manuscrits, des parchemins, des incunables, des livres d'artistes comme des cartes postales, des photos ou encore des portraits. La conservation de ces documents passe par leur conditionnement et leur communication indirecte. On peut trouver dans les magasins du Pôle des documents très anciens mais il ne faut pas croire que seuls les documents anciens font l'objet d'une conservation ; les romans contemporains par exemple sont eux aussi conservés (grâce à l'acquisition de deux exemplaires). Bien sûr la méthode de conservation est différente. L’accès aux documents anciens est limité voire réservé ou interdit selon leur état physique. La deuxième étape de cette conservation est l'entretien des collections.

Les magasins doivent ainsi être conforment aux normes de conservation : température, hygrométrie, luminosité, filtres anti-particules.

Le vieillissement naturel des documents nécessite en outre l'intervention régulière de l'équipe. Les ouvrages patrimoniaux font ainsi l'objet d'un nettoyage minutieux depuis plus de deux ans. Les agents utilisent des outils spécifiques : aspirateur adapté, savon et cire neutres. Les petites réparations sont effectuées sur site tandis que les interventions plus lourdes sont prises en charge par l'Atelier du livre. La durée de ce chantier est estimée à 11 ans.

Ces deux missions sont très complémentaires car la conservation s'inscrit dans la mission de communication des richesses patrimoniales au public.

Durant mon stage j'ai pu constater que le public constitue la préoccupation principale du service. A cet égard et afin de toucher de nouveaux usagers, le Pôle vient d'aménager une nouvelle salle « Arts et musique » consacrée à la musique, à la vidéo, à l'art, à la bande dessinée et à la presse. En effet, l'ouverture de cette salle correspond bien à la volonté du Pôle de mettre l'accent sur les arts qui enrichissent la culture Limousine et de signifier que celle-ci n'est pas réservée à une niche de spécialistes et de chercheurs. L'impact escompté est également un rajeunissement du public : de nombreux lecteurs ne connaissent pas encore ce Pôle et les jeunes en ont une image vieillotte et ignorent que des groupes limousins peuvent faire du rock par exemple.

I.1.2- Les collections et leur valorisation

Nous venons de voir les deux missions du Pôle, aussi importantes l'une que l'autre, mais quels sont les fonds dont s'occupe le Pôle et quelles sont leurs particularités ?

Tout d'abord il y a ce que l'on appelle le fonds limousin. C'est le fonds le plus diversifié du Pôle car il comprend des livres, des périodiques, des CD, DVD, VHS, cassettes audio ou encore vinyles. Les principaux critères qui font qu'un document est limousin ou pas, sont le sujet et l'auteur (écrivains, réalisateurs ou compositeurs doivent être nés ou résider en Limousin). Mais il ne faut pas oublier les éditeurs et imprimeurs établis en Limousin. On y trouve aussi bien sûr des ouvrages traditionnels, rédigés en occitan limousin.

3 :
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Graduel_d%27Ali%C3%A9nor_de_Bretagne
4 :
 http://www.bm-limoges.fr/documents/graduel/fonds.html

Ensuite il y a le fonds patrimonial, c'est-a-dire les documents rares ou anciens. Une grande partie de ce fonds fut saisi aux communautés religieuses après la Révolution et remise à disposition du public vers 1804, date de création de la bibliothèque municipale. Bien qu'ancien ce fonds peut être communiqué au public mais uniquement consultable sur place. Ce fonds anciens comporte certaines pièces assez remarquables tels que le Graduel3 de l'abbaye de Fontevrault du XIII° siècle (consultable en ligne4), le Livre d'Orgue de la cathédrale de Limoges du XVIII° siècle (bientôt en ligne) ou encore le manuscrit de La guerre de Troie n'aura pas lieu de Jean Giraudoux. Très récemment, la bibliothèque vient d'acquérir en vente publique un manuscrit du XV° siècle remarquable car plusieurs enluminures sont inachevées, ce qui donne à voir les différentes étapes de cet artisanat d'art. Ces œuvres remarquables sont mises en valeur grâce aux travaux de numérisation entrepris par la bibliothèque. Il ne faut pas croire que ce fonds est clos car il y a encore des acquisitions ou des dons de livres anciens.

Pour mettre encore mieux en valeur ses fonds, la bibliothèque organise des animations, des expositions, des conférences et participe à des manifestations telles que le Salon du livre de Limoges.

5 :
 http://www.bm-limoges.fr/documents/tresors_2010-2011.pdf

Les Trésors de la Bfm5, mis en place par le Pôle Limousin et Patrimoine, sont un cycle de conférences ayant pour objet de faire découvrir les collections patrimoniales au public.

6 :
 http://www.bm-limoges.fr/documents/etc.pdf?PHPSESSID=7a4a65821b856594e396a250180d4cf3
7 :
 http://www.bm-limoges.fr/agenda.html

Ces initiatives sont visibles sur le bulletin d'information « Etc6 » ou sur le site de la Bfm (voir l'agenda7).

Une nouvelle modalité de valorisation des collections est depuis peu en place avec un programme de numérisation à grande échelle qui permet de concilier la conservation des originaux et une diffusion démultipliée des copies numériques via internet.

La numérisation se fait en interne avec un numériseur récemment acheté ou bien est externalisée pour des volumes plus conséquents comme la presse (les années 1905-1947 incluses du Populaire du Centre seront ainsi disponibles en ligne fin 2011-début 2012).

8 :
 http://www.bm-limoges.fr/collections_numeriques.html
9 :
 http://www.bm-limoges.fr/limousin_collections_numerisees.html

Outre la presse locale, le fonds de portraits limousins ainsi que le Graduel de Fontevrault ont bénéficié de ce programme. Ces documents sont visibles à partir de l'onglet Bibliothèque numérique8 et Collections numérisées9 du site internet de la Bfm.

La numérisation s'inscrit de plus dans un partenariat avec d'autres institutions patrimoniales comme le Musée de la Résistance, le Musée des Beaux-Arts ou encore les Archives municipales.

10 :
 http://217.167.158.69/portraits/_app/index.php

Un autre fonds particulier sera bientôt concerné par ces missions de conservation et de valorisation : c'est le fonds d'estampes remisé dans un coin du Pôle Limousin et Patrimoine. Cette collection en l'état aveugle faute de traitement, rejoindra les photos, les portraits (consultables en ligne10) ainsi que les cartes postales. Ces différentes collections constitueront, à terme un fonds iconographique organisé et cohérent auquel seront ajoutés les cartes, plans et affiches.

I.2- Un fonds particulier : le fonds d'estampes

Lors de mon arrivée le fonds m'a été présenté. On ignore la méthode d'acquisition de ce fonds, hormis pour certaines estampes où l'on a trouvé des indications à propos de dons ou d'achats, mais dans la majorité des cas leur origine reste inconnue. Le personnel, faute de temps et de moyen, n'a pu s'occuper de ce fonds notamment à cause du chantier de nettoyage des documents anciens conservés au compactus (magasin principal). C'est donc un travail complet qu'il restait à faire sur ce fonds.

I.2.1- Localisation

Rangées dans l'un des magasins du Pôle (ancienne réserve patrimoniale), les estampes sont placées dans un meuble à plan, certaines sont dans des pochettes mais sans aucune logique de classement ni aucun respect des normes de conservation. La première chose à faire à été de me familiariser avec ce fonds et de réfléchir à tout ce qu'il y avait à faire pour pouvoir rendre ce fonds accessible au public très prochainement. Lors de mon premier coup d’œil aux tiroirs je me suis rendu compte que plusieurs types de documents se partageaient ce meuble. En effet au milieux des estampes j'ai pu trouver des cartes mais aussi des plans. L'ensemble de ces documents graphiques était rassemblé dans des pochettes et des étuis parfaitement contre-indiqués pour la conservation. (Kraft, Canson et autres matériaux acides).

A première vue il été difficile d'estimer le nombre de gravures qui composaient cette partie du futur fonds iconographique. Une chose était sûre, il y en avait plus d'une centaine, de différents formats, ce qui rendait plus difficile leur évaluation quantitative. Il semblait par ailleurs que la majorité du fonds n'était pas liée au Limousin.

Trois principaux formats sont apparus, ce qui permettait de dégager a priori un cadre de classement homogène pour la distribution des documents dans les tiroirs du meuble à plans.

11 :
 http://www.bm-lyon.fr/trouver/basesdedonnees/base_estampe.htm
12 :
 http://bibliotheque-numerique.inha.fr/
13 :
 http://www.archives-hautevienne.com/inventaires/inventaire_detail.php4?idInventaire=376

Connaissant très peu de chose au sujet des estampes je me suis vite rendue compte que le traitement de ce support est particulier, c'est pour cela que je me suis renseignée auprès de certaines bibliothèques ayant traité des fonds d'estampes. Je me suis donc intéressée principalement aux fonds d'estampes des bibliothèques de Poitiers, Lyon11, l'INHA12 (Institut Nationale d'Histoire de l'Art) ou encore à ceux des Archives départementales de la Haute-Vienne13 dont une partie est accessible en ligne.

Cela m'a permis entre autre de réfléchir à la présentation de ce fonds dans un inventaire, à sa cotation ainsi qu'à l'élaboration de notices afin d'anticiper sur son prochain catalogage et sur sa mise en valeur.

I.2.2- A la découverte de la gravure

En plus de leur présentation intellectuelle j'ai cherché à en savoir plus sur les méthodes de gravure et les techniques de conservation adaptées à ce support.

Il faut savoir, comme dit dans l'introduction, que le terme d'estampe est général (il comprend les gravures comme les lithographies) alors que le terme de gravure concerne une méthode d'impression. La terminologie comme les méthodes sont complexes c'est pour cela qu'il apparaît nécessaire de les expliquer.

Dans un premier temps nous allons voir les techniques, c'est-à-dire les moyens de graver une matrice (pièce qui servira à la reproduction multiple).

Il y a la gravure en relief ou taille d'épargne (généralement sur bois mais existe aussi sur linoléum) qui est peut être l'une des plus utilisées. Le graveur dessine sur une matrice, creuse ensuite le contour de ce dessin au canif, au burin, au ciseau ou à la gouge puis encre les parties saillantes. On applique ensuite le support papier contre la matrice.

Tout ce qui est gravé apparaitra en blanc après impression ; on parle donc là d'impression en relief car ce sont les reliefs qui reçoivent l'encre et non les creux.

Figure 2 : Gravure en relief

Illustration gravure en relief

Source : http://www.ledictionnairevisuel.com
Reproduced with the permission of QA International, www.ikonet.com, from the book “The Visual Dictionary”. © QA International, 2003. All rights reserved

Ensuite il y a la gravure en creux ou taille-douce : le dessin est gravé sur une plaque de métal. Le terme de taille-douce vient du fait que le cuivre est très sensible aux variations de l'inclination ou de la force de la main de l'artiste, il faut donc tailler en douceur la matrice. Il y a cependant deux procédés de taille-douce, la taille directe avec un burin ou une pointe sèche, et la taille indirecte avec de l'acide, ce qu'on appellera plus communément l'eau-forte.

Pour ces deux procédés, ce sont les creux qui reçoivent l'encre contrairement à la gravure en relief. Il faut penser à enlever le surplus d'encre afin qu'il y en ait uniquement dans les creux. La feuille de papier est ensuite appliquée et avec la matrice elles passent entre les rouleaux d'une presse. L'une des caractéristiques intéressante de cette impression c'est que l'imprimé est restitué en sens inverse de la matrice. Elle permet aussi de faire une large nuance de gris grâce aux sillons plus ou moins profonds, ce qui est plus difficile lors de la gravure en relief.

Figure 3 : Gravure en creux

Illustration gravure en creux

Source : www.ledictionnairevisuel.com
Reproduced with the permission of QA International, www.ikonet.com, from the book “The Visual Dictionary”. © QA International, 2003. All rights reserved

Enfin il y a ce qu'on appelle les impressions à plat : c'est-à-dire la lithographie. Contrairement aux autres méthodes là il n'y a aucune gravure car c'est un dessin sur pierre. Avec un crayon ou une craie grasse l'artiste dessine donc directement sur la pierre, les traits vont s’imprégner dans la pierre calcaire. Ensuite il faut fixer le dessin pour qu'il résiste aux impressions. Pour cela il faut humidifier la pierre puis l'encrer, en noir ou en couleur. L'encre va uniquement se déposer sur les traits gras du crayon ou de la craie, car rejetée par humidité. Ensuite il faut appliquer une feuille sur cette pierre et la passer sous presse. Le résultat donne l'impression d'un dessin au crayon.

Figure 4 : Impression à plat

Illustration impression à plat

Source : www.ledictionnairevisuel.com
Reproduced with the permission of QA International, www.ikonet.com, from the book “The Visual Dictionary”. © QA International, 2003. All rights reserved

Après avoir étudié ces divers procédés de gravure, nous avons envisagé un classement par techniques mais après réflexion ce cadre nous est apparu non pertinent : les catégories auraient été trop disproportionnées.

La future organisation du meuble à plans apparaissait donc de plus en plus complexe en raison de la diversité des possibilités de rangement.

II- Traitement du fonds d'estampes

Durant cette première étude de l'ensemble des documents nous avons pu constater que certains allaient demander de petites restaurations. C'est pour cela qu'avant d'envisager la méthode de rangement des estampes il faut les traiter de manière à ce qu'elles soient parfaitement conservées, ou du moins qu'elles ne se dégradent pas plus et qu'elles soient accessibles au public dans les plus brefs délais.

II.1- Préparation du fonds

II.1.1- Inventaire

Inspirée par le travail déjà effectué en la matière par les bibliothèques de Lyon et de Poitiers, par l'INHA (Institut National d'Histoire de l'Art), par les Archives Départementales de la Haute-Vienne, par la BnF mais aussi par l'expérience du personnel et de l'Atelier du livre, nous avons décidé de commencer par faire un état des lieux des collections puis de procéder à un inventaire.

L'ensemble des documents était stocké pêle-mêle dans un meuble à plans. Le volume total est de 408 estampes dont 190 limousines (28 pour la Corrèze, 15 pour la Creuse, 146 pour la Haute-Vienne et 1 limousine). La plupart sont datées de la fin du XIXe siècle. Une quinzaine peut être attribuée avec certitude à un seul et même graveur, en l'occurrence Charles Giroux.

Cet inventaire n'est pas un recensement au sens strict. En effet, chaque document est décrit a minima : titre, technique, format, auteur(s) et imprimeur, date, annotations manuscrites, notes, marques de possession.

Figure 5 : Aperçus de l'inventaire

Exemple d’aperçus de l’inventaire

Ces informations seront consignées sur répertoire imprimé mis à la disposition du public du Pôle Limousin et Patrimoine et serviront ensuite de base de travail pour la rédaction de la notice et l'inscription au catalogue informatique de la bibliothèque.

II.1.2- Cotation

La deuxième étape consiste à définir une cotation cohérente avec l'ensemble des collections. Cette cotation doit en outre rester ouverte, c'est-à-dire permettre l'inscription de nouvelles estampes dont la bibliothèque pourrait faire l'acquisition à l'avenir.

Avant tout il faut penser à rentrer dans la logique du Pôle Limousin qui a pour objectif de proposer un fonds iconographique complet et cohérent qui regroupe tous les supports tels que les photographies, les portraits, les cartes postales, les affiches, les cartes et plans et bien sûr les estampes.

L'idée de déterminer la cote par support n'a pas été retenue :

  • EST : pour les estampes

  • POR : pour les portraits

  • PHO : pour les photographies

  • ...

En effet, cela aurait nécessité un travail rétrospectif trop important sur des documents déjà précotés (photos et portraits notamment).

Dès-lors, deux critères hiérarchisés de classement sont retenus pour définir la cotation :

  • un critère géographique (origine régionale du document)

  • un critère physique (format du document non régional).

Le choix de la cote elle-même est inspiré par les Archives départementales de la Haute-Vienne qui possèdent un fonds iconographique très riche. Il s'agit d'une cote alphanumérique avec l'élément générique FI (Fonds Iconographique) précédé d'un chiffre pour affiner la catégorisation des documents.

Pour les estampes, on arrive à la cotation suivante :

1. Critère géographique

  • 1FI pour la Corrèze

  • 2FI pour la Creuse

  • 3FI pour la Haute-Vienne

  • 4FI pour le Limousin (document régional sans département identifié)

2. Critère physique

  • 5FI format (36x41 cm)

  • 6FI format (51x61 cm)

  • 7FI format (61x81 cm)

  • 8FI supérieur à 61x81cm

Le choix du classement des estampes non limousines par format s'impose pour des raisons fonctionnelles de rangement dans les meubles dédiés et de respect des normes de conservation.

Ces formats sont tout simplement basés sur les dimensions des pochettes de conservation (c'est-à-dire 36x41 cm, 51x61 cm et 61x81 cm). Les estampes trop grandes pour être mises dans des pochettes de conservation composeront le quatrième format.

On peut dès-lors enregistrer chaque estampes sous ces huit cotes ainsi définies en leur attribuant un numéro d'inventaire*. Ainsi, la première estampe concernant la Corrèze sera enregistrée comme suit :

  • 1FI 1*

En ce qui concerne la cotation physique, la cote est écrite à la main sur la pochette de conservation ainsi qu'au dos de l'estampe. Chaque document pourra ainsi retrouver son étui et son lieu de rangement lors de sa communication au public.

II.2- Travaux pratiques

II.2.1- Dégradations et interventions adaptées

Dans l'ensemble le fonds est en bon état même si quelques estampes présentent des dégradations de différents types.

Toutes sont excessivement poussiéreuses par défaut de conditionnement adéquat qui seul peut éviter les salissures et les frottements abrasifs. Un travail préalable de gommage est donc indispensable. Il consiste à éliminer les particules de poussière en partant des bords et en exécutant des mouvements circulaires méticuleux à l'aide d'une gomme professionnelle.

Plusieurs présentent en outre des déchirures ou sont même scindées en plusieurs morceaux. Leur intégrité physique leur est restituée en collant au verso du papier Japon qui fournit des fibres de substitution. On utilise de la colle d'amidon neutre et réversible afin de pouvoir retrouver l'état initial du document ; l'évolution des techniques et des matériaux de conservation pourrait en effet rendre obsolète l'intervention actuelle.

Les matériaux acides et oxydants sont définitivement jetés à la poubelle : chemises Canson, Kraft, carton coloré, trombones et agrafes. Ils correspondent en effet à une époque des bibliothèques où les enjeux patrimoniaux se résumaient à des exigences minimales (température et humidité dans le meilleur des cas).

On peut également trouver sur certains documents des tâches qui proviennent principalement de minéraux inclus dans les fibres du papier et qui apparaissent avec le temps.

Il y a enfin des estampes cornées pour lesquelles il faut, après gommage, vaporiser un peu d'eau (avec ou sans alcool) avant de les mettre sous presse. Cette opération nécessite en amont une grande prudence car certains supports en couleur peuvent contenir de l'aquarelle.

La dernière opération consiste à ranger les estampes dans des pochettes à pH neutre conformes à la norme ISO 9706, ce qui optimise leur conservation et leur manipulation.

Chaque intervention décrite ci-dessus doit respecter les principes fondamentaux de la conservation patrimoniale : neutralité des matériaux et des outils utilisés et réversibilité de chaque geste effectué.

II.2.2- Exemples de restauration

Je suis allée voir Éric Briot à l'Atelier du livre avec un échantillon d'estampes dégradées.

La première estampe imprimée sur du papier extrêmement acide et donc cassant était déchirée en trois morceaux. On dit en pareille situation que le papier est brûlé. Dans ce cas-là il suffit de recomposer l'estampe grâce à du papier Japon.

Pour réellement découvrir toutes (ou presque) les techniques de restauration qui peuvent concerner les estampes j'ai ensuite choisi un cas représentatif cumulant plusieurs difficultés. En plus d'être très poussiéreuse, cette gravure était déchirée sur les bords et présentait des lacunes.

Figure 6 : Avant restauration

Estampes avant restauration

Dans un premier temps il faut gommer l'estampe sans oublier les bords des déchirures car l'utilisation de la colle ou d'eau pourrait faire ressortir la poussière sous forme de marques noires.

Figure 7 : Après gommage

Estampes après gommage

Dans un second temps il faut réparer les déchirures grâce à du papier Japon qu'on applique sur le revers de l'estampe. Ce papier riche en fibres permet de renforcer les filaments naturels du papier.

La dernière étape consiste à combler les manques, c'est-à-dire à rajouter un morceau de papier là où il n'y en a plus afin de redonner son intégrité originale à l'estampe. Après le choix d'un papier neutre dont la couleur se rapproche le plus de celle de l'estampe, il faut le découper en biseau suivant la forme de la déchirure. Une fois collé, on ne doit pas sentir au toucher de différence entre le papier rajouté et l'estampe. On ne doit pas non plus voir de différence de nuance et on utilise à cet effet de la terre de Sienne (ou « terre pourrie ») qui permet un large spectre de gris ou de marron. Ici on appliquera par frottements délicats de la terre de Sienne marron.

Figure 8 : Manques après teinte

Estampes : manques après teinte

Source : photographies de l'auteur

Figure 9 : Manques avant teinte

Estampes : manques avant teinte

Source : photographies de l'auteur

Figure 10 : Vue des manques (dos)

Estampes : vue des manques (dos)

Source : photographie de l'auteur

Toutes ces manipulations excluent la précipitation et se déroulent dans un temps long (temps de séchage, mise sous presse, repos mécanique du support).

Figure 11 : Restauration avant/après

Estampes : restauration avant/après

Pour le reste du fonds seul le gommage et quelques réparations de déchirures ont été réalisés.

Figure 12 : Exemple d'un gommage

Estampes : exemple d'un gommage

Source : photographie de l'auteur

Figure 13 : Détail d'un gommage et des tâches

Estampes : détail d'un gommage et des tâches

Source : photographies de l'auteur

Un seul cas vraiment particulier ne pourra pas être traité en interne et devra être envoyé à un atelier spécialisé de restauration. Il s'agit d'un plan de casino de Limoges en deux morceaux, très abîmé par de nombreuses déchirures et surtout peint en aquarelle.

Une analyse du document et une batterie de tests sur les produits à utiliser seront indispensables. Ce chantier sera externalisé.

III- Mise en valeur par la numérisation

Le champ patrimonial est profondément remanié par les nouvelles technologies de l'information et de la communication.

III.1- Une diffusion grâce à la numérisation

La numérisation permet de concilier les deux missions fondamentales du patrimoine : la conservation des documents et leur diffusion auprès d'un public le plus large possible. Les originaux sont en effet préservés et soustraits à la communication (exception faite pour les chercheurs) tandis que les copies numériques sont diffusées de façon illimitée via Internet (pour les documents libres de droits).

C'est dans cette perspective que le Pôle Limousin et Patrimoine a investi une somme conséquente dans l'achat d'un numériseur afin de donner une visibilité à ses collections les plus rares et les plus précieuses.

Car désormais il existe des sites web exclusivement dédiés à la mise en valeur d’œuvres appartenant à la mémoire collective. Notre travail sur les estampes va de la sorte trouver un prolongement décisif sur Wikimédia et sur Géoculture.

III.1.1- Une large diffusion : Wikipédia

14 :
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Accueil_principal

Le premier outil internet que nous avons utilisé est Wikipédia14. Il s'agit d'une encyclopédie participative, universelle et multilingue qui permet de créer des articles qui sont par la suite vérifiés et validés. Pour pouvoir mettre en ligne un article biographique, il faut ainsi pouvoir justifier les informations fournies par des recherches précises et fondées afin que les administrateurs le valident. Wikipédia permet de faire autant de renvois vers autant de pages que l'on veut via des liens hypertextes. Il faut donc en amont bien réfléchir à la cohérence et à la hiérarchisation des données que l'on souhaite enregistrer en pensant que celles-ci s'inscrivent potentiellement dans un réseau mondial (éviter le « bruit »).

15 :
 http://commons.wikimedia.org/wiki/Accueil

Pour mettre en avant les estampes elles-mêmes nous avons utilisé en complément Wikimédia Commons15 qui est une base de données incluant tous les médias libres comme des photos, de la musique ou encore des vidéos. Cette base permet à un public curieux de rebondir sur des contenus connexes, notamment de passer des données de Wikimédia Commons aux articles de Wikipédia. Pour mettre en ligne des documents, il faut soit en être l'auteur soit que le document soit libre de droit et appartienne au domaine public (70 ans après la mort de l'auteur).

16 :
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Giroux

Le choix des documents à numériser a été naturellement dicté par le résultat de notre travail d'inventaire. Ce dernier nous a en effet permis de dégager une petite collection de seize estampes gravées par l'artiste limousin C harles Giroux16. Une fois les gravures numérisées, nous avons mis en ligne les fichiers sur Wikimédia en les enrichissant d'une notice descriptive et en les regroupant sous une seule catégorie. De cette manière chaque nouvelle estampe de Charles Giroux mise en ligne par un internaute pourra intégrer ce « réservoir » ou banque d'images.

Par la suite une notice biographique de Charles Giroux à été créée sur Wikipédia en utilisant des ressources documentaires fiables comme le Benezit ou encore L’inventaire du fonds français.

A cette notice (validée par les administrateurs de Wikipédia), nous avons bien-sûr rattaché les œuvres regroupées sur Wikimédia Commons comme précédemment indiqué. Afin de mieux mettre en valeur la région, nous avons fait de nombreux liens vers des pages Wikipédia concernant le Limousin.

Cette biographie, sommaire en l'état, sera progressivement étoffée grâce à l'aide des autres contributeurs de Wikipédia.

Figure 14 : Impression écran de Wikipédia

Impression écran de Wikipédia

III.1.2- Une diffusion à vocation régionale : Géoculture

Géoculture est un portail numérique récemment mis en place (2010) et qui a vocation à diffuser  la culture limousine. C'est un site web qui permet de donner un ancrage territorial aux richesses culturelles et artistiques de la région tout en proposant des parcours touristiques.

Géoculture fonctionne à partir d'une carte interactive où chaque localisation renvoie à des œuvres littéraires, dialectales ou artistiques ayant un lien avec l'aire géographique en question.

Ce site ne donne pas un accès aux œuvres complètes mais en propose un aperçu et oriente le visiteur vers les institutions culturelles et touristiques compétentes (offices de tourisme, musées, médiathèques). C'est pour cela que nous nous intéressons à ce portail numérique qui pourrait à terme présenter un échantillon d'estampes limousines et par ricochet conduire les curieux vers le Pôle Limousin et Patrimoine de la Bfm.

La sélection des estampes proposées par le Pôle Limousin et Patrimoine se fera selon des critères thématique et technique : le « paysage limousin » et les « procédés de gravure ». Parmi les 6 estampes retenues, nous aurons des vues de Limoges récurrentes (cathédrale vue de la Vienne, incendie de 1864, port du Naveix) ainsi qu'une lithographie représentant une vue de Guéret très riche de nuances ou encore une eau-forte de Laveuses à Vallières (en Creuse).

Figure 15 : Choix pour Géoculture

Choix pour Géoculture

Une fois ces estampes numérisées, il faudra élaborer leur notice descriptive et les soumettre à une commission de professionnels qui donneront leur accord ou non quant à leur pertinence. Car il va de soi que toutes les œuvres proposées ne sont pas acceptées et mises en ligne. Les documents doivent posséder une réelle valeur culturelle et une originalité à même d'intéresser aussi bien un public de spécialistes que d'amateurs. La valeur ajoutée réside dans le fait que le lieu et l'œuvre doivent s'enrichir réciproquement.

Figure 16 : Aperçus Géoculture

Aperçus Géoculture

III.2- Par la suite

III.2.1- Perspectives internes à la Bfm

Même restauré, inventorié et conditionné, le fonds des estampes reste en l'état aveugle pour le public si ce n'est au travers d'un listing papier disposé à la banque de prêt du Pôle. Sa visibilité ne sera effective qu'après son traitement intellectuel (création d'une notice) et son inscription au catalogue informatique de la Bfm.

Une autre manière d'apporter une plus-value à ce fonds exhumé des tiroirs par notre travail serait d'organiser à partir de lui des expositions et des animations. Ces manifestations pourraient prendre la forme de mise en vitrine, de conférence ou encore de présentation des techniques de gravure à l'Atelier du livre.

Enfin, la Bfm pourra présenter une sélection d'estampes sur son site (onglet « Bibliothèque numérique ») sur le modèle des réalisations précédentes (Graduel de Fontevrault et portraits limousins). Cette sélection pourrait en outre venir enrichir le pavé « Patrimoine et Limousin » du même site web.

III.2.2- Portail documentaire limousin

Depuis quelques années plusieurs régions créent des bibliothèques numériques afin de promouvoir leurs fonds patrimoniaux.

Dans la dynamique du Plan d'action pour le patrimoine écrit et du nouveau Pôle associé régional avec la BnF (convention 2010), la Bfm a décidé avec ses partenaires régionaux de transformer Maduvil (catalogue collectif Bfm/SCD lancé en 2007) en portail régional des bibliothèques du Limousin.

Ce portail baptisé Biblima pour objectif de proposer un catalogue collectif des principales bibliothèques de la région ainsi qu'une bibliothèque numérique consacrée au patrimoine écrit limousin.

Au second semestre 2011, une première version de Biblim va être lancée, comprenant le catalogue collectif (Bfm, SCD, Tulle, Brive, Saint-Léonard, Guéret), et une page sur le patrimoine numérisé qui centralisera les liens vers les collections déjà en ligne.

Cette bibliothèque numérique permettra un plan de numérisation cohérent et une vision prospective du patrimoine régional en intégrant le cas échéant d'autres institutions comme les archives ou les musées. Les collections choisies compteront manuscrits, incunables, livres imprimés remarquables ou d'intérêt régional, documents iconographiques (estampes, affiches, cartes, photographies, atlas, plans, maquettes …), partitions, presse. L'année 2011 ciblera des documents du Moyen-Age et de la Renaissance.

Une sélection d'estampes remarquables ainsi que le fonds Giroux déjà numérisé auront toute leur légitimité dans ce nouvel outil.

Conclusion

Dans un premier temps nous avons fait un état des lieux de ce fonds d'estampes pour ensuite mettre en place les traitements adéquats. Enfin, nous avons vu certaines manières de mettre en valeur ces estampes de la meilleure façon qu'il soit. Ce fonds aveugle il y a trois mois fait désormais partie des collections du Pôle communicables au public.

Le traitement de ce fonds m'aura permis d'élargir mes connaissances à un nouveau support. Chaque support demande des traitements et des mises en valeur différents, à terme ce stage au sein du Pôle m'aura permis de découvrir quels sont les traitements, méthodes de conservation et de restauration à appliquer à un support iconographique.

La plus-value de mon travail au profit de la Bfm est la communication d'un nouveau support au public. En effet au sein du Pôle aucun autre support iconographique n'est mis à la disposition des usagers. Bien sûr, sans catalogage pour l'instant, ce fonds n'est pas encore réellement visible.

Mon travail s'inscrit donc dans un cadre plus vaste qui est la constitution d'un fonds iconographique. Ce fonds commence à prendre forme grâce au traitement des 408 estampes. Par la suite y seront rattachés le fonds de photographies, les cartes postales, les portraits, les cartes et plans. Le travail de mise en valeur restera à compléter. Cet enrichissement se fera grâce aux nouvelles technologies, notamment la numérisation et l'internet. Les réseaux sociaux par exemple (Facebook, Twitter ...), les sites de partage (Flickr, Picasa ...) et très bientôt la bibliothèque numérique limousine.

Bibliographie

Les méthodes de l'estampe

LO MONACO Louis. La gravure en taille-douce : art, histoire, technique. Paris : Arts et métiers graphiques, 1992.

MALENFANT, Nicole. L'estampe. Québec : Éditeur officiel du Québec, 1979. (Collection Formart, série initiative aux métiers d'art).

MARTIN Judy. Gravure et impression : techniques et création. Paris : Eyrolles, 2001. 1 volume, 175 pages.

SARAZIN Jean-Jacques. La gravure d'art. Gémenos : Autres temps, DL 2006. 1 volume, 96 pages. (Petit précis).

TERRAPON Michel. L'eau-forte. Genève : Éditions de Bonvent, 1975. 1 volume, 127 pages. (Les Métiers d'art).

VILLON A.M. Nouveau manuel complet du graveur en creux et en relief. Paris : L. Laget, 1978. 2 tomes en 1 volume, 387-302 pages. Consultable en ligne : http://gallica.BnF.fr/ark:/12148/bpt6k5734980w (Consulté le 15/06/11).

Les artistes et l'estampe

GUIBERT Louis. Catalogue des artistes limousins. Limoges : Ducourtieux et Gout, 1908. 1 volume, 104 pages.

MELOT Michel. L'estampe impressionniste. Paris : Flammarion, 1994. 1 volume, 293 pages.

MELOT Michel. L’œuvre gravé de Boudin, Corot, Daubigny, Dupré, Jongkind, Millet, Théodore Rousseau. Paris : Arts et métiers graphiques, 1978. 1 volume, 293 pages.

MELOT Michel, GRIFFITHS Antony, S. FIELD Richard. Genève : Skira, 1981. 1 volume, 285 pages. (Histoire d'un art).

PASSERON Roger. La gravure française au XXe siècle. Paris : Bibliothèque des arts, 1970. 1 volume, 181 pages.

RAMEIX Christophe. L'école de Crozant : les peintres de la Creuse et Gargilesse, 1850-1950. [Limoges] : L. Souny, 1991. 1 volume, 195 pages.

Un peu d'histoire

TEXIER Fabienne. Limoges il y a 100 ans en cartes postales. Prahacq (Deux-Sèvres) : Patrimoines et médias, 2010. 1 volume, 180 pages. (Il y a 100 ans en cartes postales).

VILLE DE LIMOGES. Exposition des Sciences & Arts appliqués à l'Industrie 10 Mai-15 Juillet 1886. Catalogue. Limoges : [s.n], 1886. 1 volume.

Bulletin des Bibliothèques de France : URL :http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-1960-06-0169-002 (consulté le : 10/06/2011)

Traitements

Bibliothèque nationale de France : Estampes et photographies : URL : http://www.BnF.fr/fr/collections_et_services/anx_dep/a.estampes_photographie_classement.html (consulté le 10/06/2011)

Annexes

Annexes (2,4Mo)

Notes

1  http://217.167.158.69/portraits/_app/index.php

2  http://www.bm-limoges.fr/limousin.html

3  http://fr.wikipedia.org/wiki/Graduel_d%27Ali%C3%A9nor_de_Bretagne

4  http://www.bm-limoges.fr/documents/graduel/fonds.html

5  http://www.bm-limoges.fr/documents/tresors_2010-2011.pdf

6  http://www.bm-limoges.fr/documents/etc.pdf?PHPSESSID=7a4a65821b856594e396a250180d4cf3

7  http://www.bm-limoges.fr/agenda.html

8  http://www.bm-limoges.fr/collections_numeriques.html

9  http://www.bm-limoges.fr/limousin_collections_numerisees.html

10  http://217.167.158.69/portraits/_app/index.php

11  http://www.bm-lyon.fr/trouver/basesdedonnees/base_estampe.htm

12  http://bibliotheque-numerique.inha.fr/

13  http://www.archives-hautevienne.com/inventaires/inventaire_detail.php4?idInventaire=376

14  http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Accueil_principal

15  http://commons.wikimedia.org/wiki/Accueil

16  http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Giroux

Table des matières

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Pour citer ce document

Leymonie Pauline. Gestion du fonds d'estampes anciennes : inventaire, conditionnement et mise en valeur, [En ligne], Rapport de stage, Licence professionnelle Métiers des bibliothèques et de la documentation. Limoges : Université de Limoges, 2011. Disponible sur : http://epublications.unilim.fr/memoires/licenceprombd/384 (consulté le 19/09/2017).