Aude BILLON

Pré-étude à la réorganisation des espaces à la médiathèque Pierre-Moinot de Niort

Maître de stage : Erick SURGET
Conservateur en chef,
Médiathèque Pierre Moinot

stage effectué du 2 janvier au 30 mars 2013

stucture d'accueil : Médiathèque Pierre Moinot de Niort

publiée en ligne le 30 octobre 2013

Couverture du rapport de stage


La médiathèque Pierre-Moinot de Niort, âgée de presque 30 ans, a été la première médiathèque moderne à être créée en Poitou-Charentes. Elle présente aujourd'hui une organisation en partie inadaptée à sa nouvelle vocation de tête de réseau communautaire, mais aussi aux dernières évolutions des bibliothèques et aux normes en vigueur. Ainsi, face aux nombreux besoins qui émergent, une réorganisation complète de la structure semble inévitable. Cette étude présente l'état actuel de la médiathèque centrale de Niort, les objectifs qu'elle souhaite atteindre par un tel projet et les pistes de réflexion en cours.

The Pierre-Moinot library in Niort, almost 30 years old, was the first modern library built in the Poitou-Charentes region. However, it has become inadequate to fulfil the requirements of its new position as head of the community network, and lags behind in the latest developments and standards applicable. Thus, considering the emergence of these new needs, a complete reorganisation seems unavoidable. This study reviews the current state of the Niort central library, the goals set by the project as well as ongoing reflections.

Je remercie particulièrement mon maître de stage M. Erick Surget, Conservateur en chef et Directeur des Services des bibliothèques et de la lecture publique, pour m'avoir permis de faire mon stage dans sa structure ainsi que pour m'avoir aidé et accompagné dans la réalisation de mon étude.

Mes remerciements s'adressent également à l'ensemble du personnel de la médiathèque Pierre-Moinot de Niort, pour m'avoir si bien accueilli, aidé et conseillé durant l'intégralité de mon stage, et pour m'avoir permis de découvrir toutes les missions d'un bibliothécaire. Je les remercie également de la confiance qui m'a été accordée et de tout ce qui a pu m'être apporté sur le plan professionnel.

Je tiens également à remercier Mme Marie Lissart, ma professeur référente durant ce stage, pour son aide et les conseils qu'elle a pu me donner.


Texte intégral

Introduction

Dans les années 1970, la création de la Bibliothèque Publique d'Information marque un tournant crucial dans la conception des nouvelles médiathèques. S'inspirant de ce modèle, le programme de construction de la médiathèque de Niort, établi dans les années 1970-1980, est marqué par une volonté d'ouvrir les espaces et de permettre une libre circulation des différents types d'usagers, mais également de mêler les supports et les espaces de fonctions différentes pour casser l'image traditionnelle de la bibliothèque comme « temple du savoir » réservé à une élite.

Si dans un premier temps, la médiathèque a rempli son rôle et a su se montrer innovante dans bien des domaines, elle semble présenter aujourd'hui une organisation inadaptée aux nombreuses évolutions que connaît le monde des bibliothèques. En effet, des espaces publics devenus insuffisants (espaces de travail, espaces d'animations) et des circulations mal-aisées sont un frein au développement de nouvelles activités et ne permettent plus aujourd'hui de répondre tout à fait aux attentes des usagers

C'est donc dans ce contexte que j'ai eu à réaliser une pré-étude concernant la réorganisation des espaces de la médiathèque Pierre-Moinot de Niort. Ainsi, nous rappellerons dans un premier temps l'historique de la médiathèque Pierre-Moinot, avant de décrire précisément son organisation actuelle. A cet indispensable état des lieux succédera l'inventaire des nombreux éléments qui ont fait apparaître la nécessité d'une redistribution et d'un élargissement plus ou moins important des espaces publics de la médiathèque, face notamment aux nouvelles normes d'accessibilité et nouvelles prescriptions d'usage mais aussi devant l'évolution même des publics et de leurs attentes. Nous aborderons pour terminer les pistes de réflexion avancées jusqu'à ce jour en vue de la véritable réhabilitation de cet établissement.

1. Evolution des services depuis l'ouverture de la médiathèque

1 :
 EPCI : Etablissement public de coopération intercommunale.

Niort est une ville dont la population municipale compte environ 60 000 habitants, elle est la préfecture des Deux-Sèvres et le chef-lieu de la Communauté d'agglomération niortaise (CAN). La CAN regroupe aujourd'hui 29 communes pour une population totale d'environ 104 000 habitants. Depuis 2000, elle exerce la compétence de la lecture publique et a confié à son Service des bibliothèques la mission de mettre en réseau les différentes médiathèques transférées à l'EPCI1. Actuellement, ce réseau comprend à la fois un réseau urbain constitué de la médiathèque centrale Pierre-Moinot, de quatre antennes de quartier, d'une média-ludothèque et d'un bibliobus urbain, mais aussi d'un réseau extra-urbain comprenant également 9 médiathèques (Aiffres, Chauray, Coulon, Echiré, Frontenay-Rohan-Rohan, Mauzé-sur-le-Mignon, St-Gelais, Usseau et Villiers-en-Plaine ). Aujourd'hui, la médiathèque centrale Pierre-Moinot a pris la tête de ce réseau communautaire, mais revenons tout d'abord sur son histoire.

1.1. Historique

2 :
...

La tradition de lecture publique à Niort est très ancienne. En effet, sa médiathèque est « l’héritière directe de la Bibliothèque municipale de Niort, créée le 25 mai 1771 après donation au corps de ville des livres du curé archiprêtre de la paroisse de Notre-Dame de Niort, Jean-de-Dieu René Bion (1704 -1775) »2 A ce fonds primitif, se sont ajoutées les collections issues d'importantes confiscations révolutionnaires, puis les legs, dons et achats du XIXe et XXe siècles, nécessitant ainsi plusieurs déménagements successifs jusqu'à l'emplacement actuel de la médiathèque, au sein du Centre d'action culturelle du Moulin du Roc. Auparavant, la bibliothèque municipale de Niort avait inauguré en 1937 la première section de lecture publique dans la région du Centre-Ouest avec des collections pour adultes et pour enfants mises en accès direct.

3 :
 Voir l'annexe 1.

De 1975 à 1978, un programme est établi par la municipalité de Niort pour la création d'un Centre d'action culturelle abritant à la fois un théâtre et une nouvelle médiathèque qui devait remplacer l'ancien équipement devenu trop étroit. Retenu à la suite d'un concours d'appel d'offres, le projet du cabinet d'architectes Lahon-Boutet-Gonfreville de La Rochelle a fait cependant tout de suite l'objet d'importantes réserves de la part du nouveau conservateur que la ville venait de recruter. Le programme de l'époque n'avait en effet pas tenu compte pour la bibliothèque d'un certain nombre de prescriptions. Grâce au soutien de la Direction du livre, le conservateurfinit par obtenir notamment qu'on réévalue en particulier les superficies des réserves avant même les débuts de la construction. Néanmoins, le parti pris architectural (corps principal en arc, verrières sur deux côtés, mezzanine au lieu d'étage etc.) ne présageait pas une bonne évolution de l'équipement sur le long terme. La nouvelle médiathèque municipale de Niort ouvrit cependant ses portes à son emplacement actuel en décembre 19863.

4 :
 Surget Eric, « Mémoire régionale : l'exemple de Niort », Bulletin d'informations...

Par ailleurs, parallèlement au chantier du Centre d'action culturelle du Moulin du Roc, un autre projet est venu enrichir son programme. L'UPCP, Union pour la culture populaire en Poitou-Charentes, avait prévu d'installer près de Niort un centre de documentation constitué des archives sonores et audiovisuelles collectées pendant plus de trente ans sur l'ensemble des départements du Poitou-Charentes et de la Vendée. Le co-financement régional de ce projet entrait quelque peu en concurrence avec celui de la nouvelle médiathèque dont le conservateur avait planifié une importante valorisation multimédia de ses fonds régionaux et patrimoniaux. Aussi fut-il décidé d'intégrer les deux projets dans une extension du programme niortais et d'inviter l'UPCP et la ville de Niort à fonder un partenariat original. Une convention fut donc signée en 1985, sous l'égide de la région et du Ministère de la culture, entre la ville de Niort et l'UPCP pour « la constitution au sein de la médiathèque de Niort d'un centre de documentation sur le Poitou, l'Aunis et la Saintonge, l'Angoûmois, intégrant un fonds régional sur l'ethnologie de la France en Poitou-Charentes »4, dont une partie serait constituée des fonds de collectage de l'UPCP. Pour abriter ce centre, on réhabilita un ancien entrepôt de chamoiserie attenant directement à l'emplacement choisi pour l'implantation du Centre d'action culturelle. Nouveau service de la bibliothèque municipale, la médiathèque régionale, labellisée centre national d'ethnologie de la France en Poitou-Charentes,comprenait alors au premier étage, un espace public de prêt multimédia, une grande salle d'étude ainsi que différents ateliers de transfert de supports situés au second étage: laboratoire de photographie, laboratoire de microfilmage, laboratoire son et atelier de montage vidéo-cinéma avec studio d'enregistrement. Cette partie de la médiathèque fut achevée en 1988.

Cependant, après plusieurs années de plein fonctionnement, le programme scientifique de la médiathèque régionale rencontrait deux difficultés concomitantes, la concurrence du CERDO (Centre d'études, de recherche et de documentation sur l'oralité) à Parthenay et la perte consécutive d'une partie de ses financements croisés. Le partenariat fut donc suspendu en 1997 et une partie des équipements réaffectés et réaménagés en bureaux ou espaces de consultation d'archives. Seuls les espaces publics et la salle d'étude continuent de fonctionner aujourd'hui selon leurs missions premières. Cette dernière évolution a cependant permisde créer et de développer un véritable service du fonds ancien.

5 :
 SIGB : Système intégré de gestion de bibliothèque. Aloès est le quatrième...

Enfin, en 2000, la compétence des bibliothèques et de la lecture publique est transférée à la Communauté d'agglomération de Niort, la médiathèque de Niort devient donc médiathèque centrale d'agglomération. En 2009, un nouveau SIGB5 (Aloès) est installé pour gérer l’ensemble des bibliothèques niortaises (dont celles de l’École nationale de musique et de danse et du Musée Bernard d’Agesci) et du réseau communautaire. La médiathèque centrale, qui prend le nom de médiathèque Pierre-Moinot en 2010, devient alors la tête d'un grand réseau de lecture publique qui comprend 16 médiathèques dont 9 situées sur le territoire de la Communauté.

Un service de navette a d'ailleurs été mis en place entre ces différentes médiathèques afin de permettre les échanges et les prêts entre les structures partenaires. La navette a vu son activité s'accroître au fil des ans, engageant donc une réflexion afin d'assurer un service toujours aussi satisfaisant dans le futur.

1.2. État des lieux de l'existant

La médiathèque centrale a subi de nombreuses évolutions depuis son ouverture en 1986, un état des lieux semble donc s'imposer pour comprendre l'organisation et le fonctionnement actuels de la structure.

1.2.1. Organisation générale et fonctionnement de la médiathèque Pierre-Moinot et de son réseau

Le réseau de lecture publique de la CAN comprend seize équipements. Le réseau urbain est constitué de la centrale qui s'organise sur deux bâtiments, de quatre antennes de quartier de taille modeste (Saint-Florent, 90 m²; Sainte-Pezenne, 27 m²; Clou-Bouchet, 100 m² et Le Lambon, 226 m²), d'une média-ludothèque de 500 m² qui propose jeux, jouets et livres en consultation sur place et en prêt, et enfin d'un bibliobus urbain qui dessert chaque semaine sept quartiers de Niort.

6 :
 Chiffres issus du site internet du réseau : http://cantalogue.agglo-niort.fr.

La médiathèque centrale de Niort met à la disposition de ses usagers un fonds d'environ 300 0006 documents répartis entre les différents services. En effet, dans les espaces publics, les collections et le personnel se répartissent en des secteurs distincts: la médiathèque générale adulte (MGA), la médiathèque d'enfance et de jeunesse (MEJ), la médiathèque musicale, le secteur vidéo et la médiathèque régionale (MER).

Les collections patrimoniales sont également très importantes. Évaluées à près de 80 000 documents elles regroupent notamment le deuxième fonds d'incunables de la région ainsi que la collection la plus importante du Centre-Ouest de partitions et de manuscrits musicaux des XVII? et XVIII? siècles. Une dizaine de fonds particuliers touchant à l'histoire littéraire et artistique de Niort ou des Deux-Sèvres sont conservés à la médiathèque centrale, dont par exemple des fonds spécifiques sur la vie et l’œuvre du poète Théodore Agrippa d'Aubigné (1552-1630) ou bien du romancier Gaston Chérau (1872-1937). Les ouvrages imprimés et gravés avant 1820 et les manuscrits anciens sont communiqués au public par le service du fonds ancien.

En 2012, on comptait 8 278 inscrits ou réinscrits dans les douze derniers mois sur le réseau de lecture publique de la Communauté d'agglomération de Niort, soit 7,95% de la population de la CAN. On comptait toutefois 9 813 actifs, dont 5 089 pour la seule médiathèque niortaise, ayant réalisé au moins un prêt sur l'année 2012. Ces résultats sont à relativiser et à replacer dans un contexte particulier où le réseau communautaire se trouve, sur son propre territoire, en concurrence directe avec 13 autres bibliothèques communales qui n'en font pas partie.

En ce qui concerne la médiathèque centrale Pierre Moinot, 254 386 prêts tous supports confondus ont été enregistrés, pour l'année 2012, soit une augmentation de 3,92% par rapport à l'année précédente (chiffres issus du logiciel de gestion Aloès).

Le personnel du réseau de lecture publique est au nombre de 59 agents, dont 43 en poste sur le réseau urbain, correspondant à 33,6 équivalent temps plein travaillé. Parmi eux, on compte sept agents de catégorie A, onze de catégorie B et vingt-cinq C.

La médiathèque centrale est ouverte au public cinq jours par semaine (du mardi au samedi) pour une durée hebdomadaire de 31 heures, avec toutefois des horaires diminués pour la médiathèque musicale (17 heures par semaine) et la médiathèque régionale (19 heures).

Le réseau de lecture publique de la CAN propose deux types d'abonnements: livre et multimédia, dont les tarifs varient en fonction, de l'âge, des revenus des usagers et de leur appartenance où non à la communauté d'agglomération. L'abonnement est annuel (il peut être semestriel dans le cas d'un abonnement multimédia) et individuel. Toutefois, il n'est pas rare que des adultes utilisent la carte de leur enfant pour emprunter des documents, le tarif étant moins élevé pour les moins de 25 ans. Les tarifs peuvent, en effet, aller de la gratuité jusqu'à 48 euros. Le prêt se fait pour une durée de quatre semaines (deux semaines pour les nouveautés), il est renouvelable jusqu'à trois fois pour une durée de deux semaines. Les usagers peuvent emprunter les documents imprimés, les CD et les DVD musicaux en nombre illimité, ainsi que quatre DVD et sept VHS.

Le réseau de lecture publique de la CAN mène une politique d'animation active avec des rencontres d'auteur, des rencontres musicales, des expositions, des conférences, des ateliers, des spectacles, des lectures publiques, qui ont lieu dans les différentes médiathèques du réseau. Une partie de ces animations est organisée autour d'un thème central choisi annuellement. Ainsi pour la saison 2012-2013, le thème choisi était: « Petites choses et autres objets, ça ne pense pas mais ça nous parle ». Tout au long de l'année, le réseau de lecture publique organise également des rendez-vous réguliers avec ses lecteurs, notamment à destination des enfants: bébés lecteurs, la ronde des mercredis, l'heure du conte, l'heure d'éveil, les soirées jeux,... Enfin, depuis deux ans, le réseau communautaire a mis en place un prix littéraire: « Les palmes de la CAN », avec trois sélections (adultes, 8-9 ans et 9-11 ans) de cinq livres sur le thème choisi pour l'année. Les lecteurs qui souhaitent participer doivent lire la sélection qui leur correspond et élire en mai les trois lauréats. La médiathèque s'implique également dans une politique d'animation en faveur des publics empêchés avec notamment des actions auprès de la maison d'arrêt de Niort.

Afin de comprendre comment s'organise plus précisément la médiathèque centrale nous allons maintenant analyser ses différents espaces.

Le centre municipal d'action culturelle du Moulin du Roc, situé boulevard Main dans le centre-ville de Niort, comprend deux équipements culturels la Scène Nationale du Moulin du Roc et la médiathèque centrale d'agglomération Pierre-Moinot. Au sein de ce complexe culturel, on distingue trois adresses différentes, celle du 9 boulevard Main occupée par le théâtre de la Scène Nationale, celle du 7 boulevard Main, qui est celle de la médiathèque et celle du 1 boulevard Main dans laquelle se répartissent à la fois des locaux appartenant à la médiathèque et d'autres propres à la Scène nationale du Moulin du Roc.

L'ensemble de la médiathèque centrale d'agglomération de Niort se répartit donc sur deux bâtiments distincts. Le 7 boulevard Main regroupe la majorité des services de la médiathèque tandis que le 1 boulevard Main abrite la médiathèque régionale, le service du fonds ancien et le service de coordination culturelle. Cet aménagement double pose de multiples difficultés notamment pour ce qui est des circulations du public et du personnel entre les deux lieux.

La médiathèque Pierre-Moinot, dans le contexte actuel, jouit néanmoins de deux atouts indéniables. Tout d'abord, son cadre, elle occupe en effet un espace très agréable avec une superbe vue sur la Sèvre. Cette situation au cœur d'un espace paysager lui permet de bénéficier d'un environnement de grande qualité. Deuxièmement, le grand hall du Centre d'action culturelle, partagé avec le théâtre, permet aux usagers de pouvoir attendre l'ouverture de la médiathèque à l'abri. Depuis 2009, une boîte sécurisée de retours y est même installée permettant aux emprunteurs de restituer leurs documents en dehors des jours et heures d'ouverture.

L'édifice principal présente un bâtiment en partie en forme d'éventail et s'organisant sur quatre étages. Le parti pris a été d'ouvrir au maximum l'espace, de faciliter les circulations en évitant les cloisons. Le rez-de chaussée et la moitié du premier étage accueillent les espaces publics, le reste du premier étage abrite une grande partie des services internes, les deuxième et troisième étages sont, quant à eux, occupés par les magasins et par les locaux d'équipement des documents. Le second bâtiment abrite, au premier étage, les deux sections de la médiathèque régionale, et au second étage, le service public du fonds ancien et les deux bureaux du service de coordination culturelle.

Chacun des secteurs dispose d'une banque de prêt/retour et de renseignement, les secteurs adulte, jeunesse et musique bénéficient également de la présence d'automates de prêts qui déchargent le personnel de certaines tâches et qui permettent aux usagers de gagner du temps en cas d'affluence.

Étudions maintenant les caractéristiques des différents espaces de la médiathèque. Le tableau suivant indique les surfaces dont disposent aujourd'hui la médiathèque pour ces différents espaces.

Tableau 1.1 : Surfaces actuelles des différents espaces de la médiathèque Pierre-Moinot

 

Espaces

Surface (m²)

7 boulevard Main

Espaces publics

Accueil

80

Adulte

760

Jeunesse

260

Musique

180

Auditorium

60

Vidéo

110

Espaces internes

Bureaux internes

325

Espace d'équipement

120

Magasins

1715

Garage

65

Surface utile du bâtiment

3675

1 boulevard Main

Espaces publics

Salle des collections publiques

233

Salle de lecture

74

Espaces internes

Bureau

16

Fonds ancien

27

Coordination culturelle

40

Rangement

33

Surface utile du bâtiment

423

Total des espaces publics

1757

Total des espaces internes

2341

Surface utile totale de la médiathèque Pierre-Moinot

4098

8 :
 Voir les annexes 3.1., 3.2. et 3.5.

1.2.2.1. Les espaces publics8

1.2.2.1.1 Le hall d'accueil
9 :
 OPAC : Online public access catalog, il s'agit des postes d'accès au catalogue...

Le Centre d'action culturelle donne accès aux deux différentes structures qui le composent par un grand hall. En entrant dans la médiathèque les usagers découvrent un espace d'accueil spécifique à la structure, récemment refait en 2009, sur un programme qui visait à redéfinir cet espace, à le rendre plus attrayant et plus esthétique. Un petit patio, déjà présent auparavant, a été entièrement refait, il apporte une touche agréable de nature au sein de la bibliothèque mais occupe toutefois une place assez restreinte. La volonté pour cet accueil était également de faciliter la libre circulation, c'est pourquoi le plan vertical a été privilégié pour l'aménagement choisi. Ainsi, a été créé ce que l'on appelle le « mur de livre », représentation de la médiathèque dans ses diverses compétences et prérogatives. Au sommet, des rayonnages de livres anciens, synonymes de patrimoine, font référence à la fonction de conservation de l'établissement. Plus bas, des présentoirs mettent en avant une sélection de nouveautés acquises par la bibliothèque, elles attirent l'œil et invitent à la découverte de la médiathèque. Enfin, trois OPAC9 sont encastrés dans ce mur, accessibles dès l'entrée, ils symbolisent une ouverture directe sur l'ensemble des documents contenus dans la bibliothèque.

À la droite du mur de livres, on trouve le bureau des inscriptions, ce poste nécessite en permanence pendant les heures d'ouverture au public, la présence d'un mandataire, c'est-à-dire une personne habilitée à manier l'argent public provenant des abonnements payants. Cette configuration permet aux usagers de bénéficier d'un espace plus confidentiel qu'auparavant.

À partir de cet espace d'accueil, l'usager peut se diriger directement en secteur adulte (en face), en secteur jeunesse (à droite) ou en musique (à gauche).

1.2.2.1.2 La médiathèque générale adulte

L'espace adulte a une place centrale au sein de la médiathèque, tant par son implantation géographique que par le volume de ses collections et le nombre de personnels qui y travaillent.

La médiathèque générale adulte occupe une surface d'environ 760 m² répartie entre le rez-de-chaussée et le premier étage. Du point de vue des collections, le fonds est riche, on comptait à la fin de 2012 environ 48 000 documents en accès libre, mêlant la fiction (classée par genre) et les documentaires rangés par classes Dewey. On trouve au rez-de-chaussée les romans, les policiers, la science-fiction, les livres en gros caractères, les livres audio et les bandes-dessinées, ainsi qu'une partie des documentaires (une partie des 700, les 400, les 800 et les 900). Le reste des documentaires se situe à l'étage (des 000 aux 700).

Pour l'année 2012, 87 880 prêts (chiffres issus du logiciel Aloès) ont été réalisés au sein de la médiathèque générale adulte, soit plus d'un tiers des prêts de l'ensemble de la structure. Malgré une légère baisse par rapport à 2011, elle reste le service qui enregistre le plus de prêts.

Le service public au sein de cet espace s'organise en deux fonctions principales :

  • le poste de prêt/retour : il est occupé pendant les heures d'ouverture au public par une à deux personnes (pour les périodes de forte affluence). Auparavant, deux personnes s'occupaient en permanence du prêt/retour et prenaient également en charge les inscriptions.

  • le poste de renseignement : il est situé près de la banque de prêt/retour et est occupé par une seule personne.

Ces deux types de poste ne sont pas occupés par les mêmes personnels, ce sont généralement des agents de catégorie B qui occupent le poste de renseignement tandis que le prêt/retour est effectué par des agents de catégorie C.

C'est également dans l'espace adulte que l'on trouve la majorité des périodiques. Les grands quotidiens nationaux ainsi que les derniers numéros des revues grand public se situent dès l'entrée du secteur, tout proche d'un espace de lecture spécifique. Les numéros plus anciens qui peuvent être empruntés sont placés dans des casiers proches du poste de renseignement. Certaines revues spécialisées sont situées dans des présentoirs placés tout près des ouvrages de la même discipline. Pour ces revues moins consultées, seul le dernier numéro paru est en accès libre, les plus anciens montent immédiatement en magasin.

En ce qui concerne les espaces de travail et de lecture, on trouve des tables disséminées au sein du secteur adulte, ainsi que des chauffeuses. A l'étage, deux salles à l'écart servent également d'espaces de travail plus calmes, on a d'ailleurs conservé dans une de ces salles le mobilier de l'ancienne bibliothèque, ce qui lui confère une certaine solennité. Auparavant, l'une de ses salles servait d'espace de visionnement pour certains documents vidéographiques qui ne pouvaient être prêtés. Par ailleurs, c'est aussi dans le secteur adulte que l'on trouve la plupart des postes informatiques destinés aux usagers, ils sont ici au nombre de dix au rez-de-chaussée et deux à l'étage, leur utilisation est gratuite et ne nécessite pas d'être inscrit à la médiathèque. À ces postes s'ajoutent trois OPAC (en plus des trois situés dans l'espace d'accueil) répartis entre le rez-de chaussée et l'étage. Le secteur adulte dispose au total de 121 places assises, dont 84 places de travail, 25 places de lecture-loisir et 12 places de consultation informatique.

Pour ce qui est du personnel, on compte une dizaine d'agents rattachés à ce secteur. Le service nécessite pour un fonctionnement pérenne un effectif de six à sept agents au minimum par jour (notamment pour le samedi, journée la plus fréquentée), afin de pouvoir organiser un roulement d'occupation des différents postes tout au long de la journée qui soit satisfaisant.

1.2.2.1.3 La médiathèque d'enfance et de jeunesse

La médiathèque d'enfance et de jeunesse occupe environ 260 m² (rez-de-chaussée et étage compris) sur la droite du bâtiment, elle est séparée au rez-de-chaussée de la partie adulte par une cloison vitrée. Actuellement, cinq agents sont amenés à travailler dans ce secteur, mais cet espace ne nécessite qu'une à deux personnes pour assurer le service public de prêts de livres et d'albums au rez-de-chaussée, l'espace audiovisuel, à l'étage étant confié à l'équipe « vidéo ».

Le secteur jeunesse rassemble aujourd'hui environ 40 000 documents dont 22 000 en accès public. Au rez-de-chaussée, on retrouve tous les documents imprimés : albums de fiction, documentaires, romans, bandes-dessinées, mangas et périodiques. Le classement s'effectue par un système de gommettes de couleur pour les albums et les documentaires (qui suivent tout de même les classes Dewey) ou de gommettes numérotées (chaque numéro correspondant à un niveau de difficulté) pour les romans. Il n'existe pas d'espace spécifique destiné aux adolescents qui regrouperait les documents qui leur sont dédiés.

Une rampe d'accès permet d'accéder directement à l'étage, où l'on trouve les collections de musique et de vidéo jeunesse, ces collections sont donc gérées par le secteur vidéo. Par ailleurs, une salle plus isolée à l'étage contient l'espace des bébés lecteurs. Cette salle servait autrefois d'atelier pour différentes activités manuelles pour les enfants, mais face à l'augmentation du volume des collections, sa fonction a changé. Juste à côté se trouve également le petit théâtre, la salle utilisée pour l'heure du conte et pour les animations avec les enfants. En effet, l'espace jeunesse accueille de nombreuses animations, notamment l'heure du conte qui a lieu toutes les semaines et une animation bébés lecteurs une fois par mois. Des expositions d'illustrateurs jeunesse ont également régulièrement lieu, mais aucun espace au sein de la médiathèque n'est réservé pour ce type de manifestation, ce qui pose souvent des problèmes d'organisation et d'installation.

Pour ce qui est des places assises, les usagers bénéficient ici de nombreuses places de lecture-loisir, mais seulement quatre postes informatiques et une seule table de travail sont disponibles dans cet espace.

1.2.2.1.4 La médiathèque musicale

La médiathèque musicale, créée dès 1984, prend place au rez-de-chaussée, à gauche de l'entrée. Cet espace offre une atmosphère plus confinée que les autres et occupe un statut un peu à part, bénéficiant par exemple d'horaires particuliers.

Elle met à la disposition de ses usagers environ 32 000 CD, DVD musicaux et partitions sur une surface de 180 m². Les documents sont classés par genre musical et par support.

Très sollicité dès l'ouverture de la bibliothèque, cet espace a vu ses fréquentations se réduire notablement depuis 2004 avec l'essor du téléchargement sur Internet. La baisse du nombre d'emprunts s'en est fait d'autant plus durement ressentir, atteignant difficilement aujourd'hui les 45 000 prêts par an, au lieu des 100 000 prêts enregistrés à la fin des années 1990. La médiathèque musicale n'est accessible que 19 heures par semaine le mercredi et le vendredi de 13 à 18 heures et le samedi de 10 à 17 heures. Certains usagers se plaignent de ses horaires restreints et il est bien envisagé à court ou moyen terme de les réévaluer. Par ailleurs, la moindre attractivité du prêt de documents sonores a été compensée par la suppression des quotas de prêt. Ainsi, aujourd'hui les emprunteurs beaucoup moins nombreux qu'autrefois empruntent souvent bien davantage que leurs prédécesseurs.

La médiathèque musicale met également à disposition de ses usagers un salon d'écoute individuelle sur place des collections numérisées du service, selon le système de plate-forme logicielle proposée par la société Cristalzik.

Hormis le matériel d'écoute sur place, l'espace n'a subi aucune transformation majeure depuis son implantation, son mobilier notamment est ancien. Des travaux de rénovation (peinture et sols) sont certainement nécessaires pour améliorer l'attractivité du service.

1.2.2.1.5 Le secteur vidéo

La vidéothèque de prêt, créée en 1989, après la vidéothèque de consultation, avait été pensée à l'origine selon le modèle de la BPI, avec l'insertion de cassettes demi pouces au milieu des livres. Comme la BPI, la médiathèque de Niort a dû réviser ce principe d'installation et trouver un espace dédié à ce fonds. C'est notamment en grignotant sur l'espace jeunesse et en y incorporant la vidéo et la musique jeunesse que ce secteur a pu être mis en place. Aujourd'hui cet espace occupe environ 110 m² pour un fonds d'environ 8 000 documents en accès libre (DVD et VHS). Au sein de l'espace de la vidéo, un local de rangement sert de réserve au secteur avec environ 800 documents conservés.

Ce service a enregistré pas moins de 32 712 prêts sur l'année 2012, soit une augmentation de 12,6 % par rapport à 2011. Cet espace connaît un réel succès qui ne se dément pas depuis son ouverture. Le secteur vidéo est tenu aujourd'hui par 3,5 agents, il nécessite la présence d'une à deux personnes pendant les heures d'ouverture au public.

Toutefois, face à une activité qui ne cesse d'augmenter, la vidéo semble vraiment à l'étroit dans un lieu inadapté et offrant une surface insuffisante pour une présentation attractive des documents.

1.2.2.1.6 La médiathèque régionale

La médiathèque régionale se trouve dans le second bâtiment, le 1 boulevard Main. Le public y accède depuis une passerelle qui relie les deux bâtiments ou bien par l'entrée qui lui est propre sur la façade principale de l'immeuble, il faut toutefois dans les deux cas sortir de l'enceinte du bâtiment principal de la médiathèque pour parvenir à ce secteur. De trop nombreux usagers connaissent peu l'existence de cette partie de la bibliothèque du fait même de sa situation excentrée et d'une signalétique très insuffisante.

Contrairement aux autres espaces publics, la médiathèque régionale paraît donc aujourd'hui sur-dimensionnée par rapport au public qu'elle reçoit. Le nombre de prêts peut témoigner de la sous-utilisation de cet espace, en effet, seuls 899 prêts ont été enregistrés pour l'année 2012. Située au premier étage, elle occupe une surface utile de 307 m² pour une collection d'environ 14 000 documents en accès public. Son espace s'organise en deux salles destinées au public : une salle dévolue aux collections en accès public et une salle d'étude. Le traitement matériel et intellectuel des documents se fait sur place pour éviter les aller-retours du personnel et des documents entre les deux bâtiments de la médiathèque. Suite à l'abandon en 1998 du projet initial de centre scientifique et technique sur l'ethnologie française en Poitou-Charentes, seules deux personnes travaillent désormais dans ce secteur, contre cinq au début des années 1990.

1.2.2.1.6 L'auditorium

La médiathèque dispose d'un auditorium d'environ 60 m² dont la fonction est très polyvalente (salle de réunion interne et externe). La relative exiguïté de cet espace, que les normes de sécurité obligent à n'accueillir que 30 à 35 personnes ensemble, pose problème face à des besoins récurrents de réunir l'ensemble ou une partie du personnel et d'organiser des animations qui remportent de francs succès. Il pose en outre depuis toujours des problèmes d'insonorisation, en plus de son état passablement défraîchi aujourd'hui. La médiathèque est donc souvent obligée de négocier avec la Scène nationale pour disposer d'espaces d'exposition ou de salles de conférence pour des manifestations plus importantes.

10 :
 Voir les annexes 3.3. et 3.4.

1.2.2.2. Les espaces internes10

1.2.2.2.1. Les magasins

Les magasins occupent une surface de 1 715 m² sur deux étages quasi-complets. Ils sont organisés en différents secteurs : le fonds moderne, le fonds ancien, le fonds ancien jeunesse, le fonds des périodiques et le fonds diffusion.

Au deuxième étage sont situés :

  • Le fonds ancien : qui regroupe les ouvrages acquis avant 1926, ceux-ci ne sont pas empruntables et sont consultables seulement sur rendez-vous.

  • Le fonds ancien jeunesse comprend les volumes sortis des collections en accès libre qui ont fait l'objet d'une décision de conservation.

  • Le fonds diffusion, il correspond à la réserve des antennes de quartier. En 1986, il était un service d'accès semi-public où les instituteurs venaient choisir et emprunter des livres pour leurs classes, mais avec la généralisation et l'amélioration des bibliothèques scolaires, cette pratique a peu à peu disparu.

  • Le fonds des périodiques, il est partagé entre le fonds vivant, constitué des abonnements en cours, et le fonds mort, c'est-à-dire les périodiques auxquels la médiathèque n'est plus abonnée mais qui présentent un certain intérêt et qui sont donc conservés.

  • La réserve du secteur musique qui contient environ 4 000 documents (des vinyles essentiellement).

Au troisième étage, on trouve :

  • Le fonds moderne : il correspond à la réserve du secteur adulte, ce sont les ouvrages conservés par la médiathèque depuis 1926. Les ouvrages y sont classés selon trois formats : petits (in-8), moyens (in-4), grands (plus de 28 cm).

  • Le fonds régional : il s'agit des documents (ouvrages et revues) en accès indirect de la médiathèque régionale

  • La réserve précieuse : une salle sécurisée contient les documents les plus précieux de la médiathèque, l'accès est codé. À la réserve précieuse peut être rattachée la « salle d’Égypte », qui est une salle d'exposition permanente autour d'un meuble d’Égypte réalisé en 1817 par un architecte niortais pour conserver et présenter les ouvrages et les planches de la monumentale Description de l’Égypte publiée à Paris de 1810 à 1826.

  • Les revues de l'année en cours.

Les documents contenus en magasin ne sont pas tous entrés au catalogue informatisé et sont communiqués au public grâce à un système ancien de fiches. À terme, celles-ci ont vocation à disparaître. Trois personnes travaillent essentiellement dans les magasins.

1.2.2.2.2. Les services internes
Au 7 boulevard Main

La majorité des bureaux du personnel se situent au premier étage du bâtiment du 7 boulevard Main. On en compte à cet endroit neuf, ainsi qu'une très petite cuisine et un grand dégagement pour une surface totale de 325 m². Les bureaux sont organisés en fonction des services auxquels ils sont rattachés. Ainsi, on trouve un bureau pour le secteur adulte, ici les agents qui y travaillent assurent essentiellement le traitement intellectuel des documents. Un second bureau est occupé par les secteurs de la musique et de la vidéo, les différentes personnes qui y sont installées s'occupent à la fois de l'équipement et du traitement intellectuel de leurs documents. Un autre bureau est utilisé par le secteur jeunesse et les antennes et un local est occupé par le personnel responsable de la gestion du portail et des ressources électroniques. Enfin cinq bureaux sont occupés par le directeur, la directrice adjointe, les service administratif et financier, le secrétariat et le service informatique.

Au deuxième étage, se trouvent un vestiaire et un atelier où sont réceptionnés et équipés les ouvrages adulte et jeunesse, pour une surface globale de 120 m².

La médiathèque dispose également d'un garage d'une surface de 65 m² abritant le bibliobus urbain et deux véhicules utilisés notamment pour le service de navette documentaire.

Au 1 boulevard Main

Au sein de la médiathèque régionale, au premier étage, seuls 16 m² sont utilisés comme bureau pour la responsable du service. On trouve également, sur une surface d'environ 100 m², des services internes ou semi-internes au deuxième étage du 1 boulevard Main. Ainsi, s'est installé en 1998, le service du fonds ancien constitué à l'époque d'un bureau/salle de consultation et d'une salle de généalogie ancienne. En 2007-2008, la salle de généalogie et le laboratoire de microfilmage ont laissé la place aux bureaux du service de coordination culturelle où sont regroupés les deux agents qui l'animent. Deux autres espaces, servant actuellement de rangements, étaient l'un dévolu à l'atelier photographique de la médiathèque régionale, l'autre au laboratoire sonore du même service.

Pour conclure cette description critique, nous dirons que si la médiathèque a subi de nombreuses transformations dans son fonctionnement depuis 1986 et a dû s'adapter à diverses évolutions, son bâti et son organisation générale n'ont été que très peu modifiés. La médiathèque de Niort fut, dans la région, une des toutes premières réalisations de médiathèques modernes des années 1970-1980. Compte tenu de l'évolution rapide et profonde connue par ce type d'équipement depuis une vingtaine d'année surtout, un gros travail de réhabilitation et de restructuration paraît donc aujourd'hui indispensable pour la mise aux normes du bâtiment d'abord, ensuite pour réviser et améliorer sa fonctionnalité face à l'évolution des médias et des pratiques durant ces dix à douze dernières années ainsi que pour un meilleur confort des usagers et des personnels.

2. Une réorganisation des espaces nécessaire

Comme nous venons de le constater, la médiathèque Pierre-Moinot de Niort est aujourd'hui un établissement qui semble être arrivé au bout de ses capacités matérielles d'évolution, il semble indispensable de réorganiser en profondeur ses espaces, afin d'améliorer la présentation de ses collections et de mettre en œuvre ses nouvelles missions.

2.1. Objectifs de la réhabilitation de la médiathèque Pierre-Moinot

Le chantier important de réhabilitation de la médiathèque, tel qu'il est envisagé, doit atteindre plusieurs objectifs :

  • répondre au plus près aux normes révisées d'accès depuis 20 ans et mieux satisfaire aux recommandations en vigueur sur les espaces des bibliothèques,

  • retravailler l'accessibilité notamment pour les personnes à mobilité réduite,

  • augmenter au mieux les surfaces disponibles pour le public et les espaces d'animation, en tenant compte, voire en tirant parti des contraintes liées à l'intrication de la médiathèque et du théâtre dans l'ensemble immobilier du Centre d'action culturelle,

  • redéfinir et réinstaller les missions dévolues au service patrimonial,

  • s'adapter aux évolutions liées à la dématérialisation des contenus,

  • privilégier des solutions ou des installations d'accueil et de séjour confortables pour le public (en s'inspirant du concept du « troisième lieu ») afin d'offrir une meilleure lisibilité aux espaces et aux documents et réviser les circulations.

2.1.1. Nécessité d'une augmentation de la superficie des espaces publics

Le déficit de superficie empêche la Médiathèque de répondre convenablement à plusieurs de ses missions.

11 :
 Bisbrouck Marie-Françoise, « Comment aider le bibliothécaire dans sa réflexion »...

En matière de superficie, aucune « norme » n'oblige les collectivités à atteindre un seuil minimal de surface pour la construction ou la réhabilitation des bibliothèques ou médiathèques. Toutefois, des recommandations existent, publiées en 1975 par la Direction du livre et de la lecture, et révisées en 1983 et en 1996. Ainsi pour les communes dont la population est inférieure ou égale à 25 000 habitants, le ratio minimum de surface utile est de 0,07 m² par habitant, au delà on ajoutera 0,015 m² par habitant. Ces surfaces doivent être atteintes pour pouvoir obtenir les subventions de l’État par le biais du concours particulier. D'après Mme Bisbrouck « ces superficies peuvent [donc] être considérées comme une norme puisqu'elles constituent une obligation faite aux communes si elles veulent bénéficier d'une subvention mais il faut rappeler que ce sont des normes extrêmement basses »11. Pour répondre à ces critères, la médiathèque centrale de Niort devrait donc au minimum occuper une surface de 2 935 m² pour les surfaces simplement imparties aux services de lecture publique. Avec dans la réalité 4 098 m² de surface utile, les recommandations paraissent largement respectées, toutefois comme le souligne Mme Bisbrouck, ces normes ne sont pas forcément suffisantes. C'est le cas pour la médiathèque de Niort dont la majeure partie des espaces disponibles se trouvent mal distribués ou bien disposés à perte notamment ses espaces publics, et où il s'agit de tenir compte d'un important service patrimonial. Ce déficit de surface paraît d'autant plus important que la médiathèque Pierre-Moinot est devenue depuis 10 ans la tête du réseau de lecture publique de la Communauté d'agglomération de Niort et que la population globale à desservir dépasse les 100 000 habitants. En comparaison, certaines agglomérations de même importance proposent des équipements souvent plus grands. Par exemple la communauté d'agglomération de Béziers, qui rassemble 108 000 habitants offre une médiathèque centrale de 8 000 m², ou encore la communauté de commune de Quimper avec environ 90 000 habitants propose un équipement de 4 500 m².

Par ailleurs, comme nous l'avons vu dans l'état des lieux, aucun réel espace d'animation n'existe, hormis deux petits auditoriums. Pour organiser des expositions, la bibliothèque doit généralement négocier avec le théâtre ou avec le service culturel de la ville pour bénéficier d'une des deux salles d'exposition existantes dans le Centre d'action culturelle, les deux se trouvant à l'extérieur de l'enceinte de la médiathèque. Il n'est pas rare que ces négociations obligées se soldent par des échecs ou du moins des solutions qui contrarient le calendrier de la programmation initiale, la configuration logique des lieux ou la dynamique de l'opération. Par exemple, à la fin mars, la médiathèque a dû déménager le petit hall d'accueil de la médiathèque pour y installer les œuvres de l'artiste Christian Voltz. Pour des conférences, la médiathèque utilise son plus grand auditorium dont la trop faible jauge (35 personnes maximum) pose souvent des problèmes. Retrouver des espaces d'animation conséquents et si possible autonomes s'avère donc essentiel.

De plus, un des souhaits du directeur, M. Surget, serait de regrouper le service du fonds ancien et le secteur études de la médiathèque régionale, dans un espace dédié à la recherche et à la consultation, en proximité immédiate d'une petite salle d'exposition permanente. Il est vrai que les collections patrimoniales de la médiathèque, assez riches, mériteraient d'être valorisées mieux qu'elles ne peuvent l'être actuellement.

12 :
 Voir l'annexe 4.1

Une première étude en vue d'une restructuration du bâtiment avait déjà été réalisée en 2010 par Mme Bisbrouck, laquelle avait essentiellement pointé le manque de surfaces. Cette étude m'a servi de base pour ce qui suit. Selon les ratios minimum de surface utile12 déterminés par Mme Bisbrouck dans l'ouvrage Bibliothèques d'aujourd'hui : à la conquête des nouveaux espaces et en m'appuyant sur son diagnostic niortais, j'ai ainsi pu déterminer les surfaces utiles minimales à consacrer aux collections en accès libre et aux places assises au sein de la médiathèque Pierre-Moinot.

13 :
 Bisbrouck Marie-Françoise, « Comment aider le bibliothécaire dans sa réflexion »...
14 :
 Ibidem.

Le tableau ci-dessous présente les surfaces utiles à consacrer aux collections de chaque secteur, selon le nombre de documents possédés actuellement. Ces mesures ne tiennent compte que des « circulations immédiatement afférentes au mobilier »13, déterminées par Mme Bisbrouck et « excluent donc les escaliers, ascenseurs, rampes, sanitaires, locaux techniques, etc. »14

Tableau 2.1 : Surface utile nécessaire aux collections en accès libre

Collections

 

Nombre actuel de documents

Surface utile souhaitable (m²)

Médiathèque générale adulte

45 000 volumes

450

3 000 bandes-dessinées

45

Médiathèque d'enfance et de jeunesse

18 000 volumes

234

2 000 albums et bandes-dessinées

40

Médiathèque musicale

30 000 documents sonores

231

2 000 partitions

16

Secteur Vidéo

8 000 vidéogrammes

80

Médiathèque régionale

15 000 documents

150

Périodiques

180 abonnement

18

Total

1264

Il est à noter qu'un travail de désherbage intensif est actuellement en cours et devra se poursuivre afin de réserver l'accès libre aux ouvrages ou aux documents les plus récents voire d'actualité immédiate pour certains types de supports quitte à réduire un peu le nombre des ouvrages laissés en accès libre. Le nombre de documents doit cependant rester assez conséquent dans une médiathèque de cette importance, tout en demeurant raisonnable pour lui éviter de noyer les usagers sous la masse.

Pour les places assises, les recommandations sont de 0,007 places par habitant, soit pour la population de la Communauté d'agglomération de Niort, 728 places assises pour l'ensemble du réseau. La ville rassemblant 60 000 habitants, le minimum à atteindre pour la médiathèque centrale, serait de 420 places (auditorium compris), or aujourd'hui on atteint seulement 276 places, ce qui est beaucoup trop faible notamment en période d'affluence. On pourrait donc imaginer une répartition entre les différents secteurs comme suit (certaines places du secteur adulte pourraient toutefois se trouver en vidéo ou en musique).

Tableau 2.2 : Comparaison entre le nombre de places assises réel et souhaitable à la médiathèque Pierre-Moinot

Places assises

Existant

Souhaitable

Adultes

132

160

Enfants

69

100

Auditorium

35

120

Médiathèque régionale

45

Espace patrimoine

40

Total

281

420

15 :
 Voir l'annexe 4.2.

La surface utile à consacrer aux places assises dépend du choix du mobilier et de la fonction attribuée à chaque place (places de lecture-loisir, de consultation, de travail en groupe, de consultation informatique, ...). En effet, par exemple pour les places de lecture-loisir, la mise en place de canapés plutôt que de fauteuils ou encore de tables rectangulaires plutôt que rondes pour les places de travail, permettrait de gagner quelques mètres carrés. Le mobilier actuel étant assez ancien, les rayonnages, tables et sièges datent même de l'ouverture de la médiathèque, il est convenu de le remplacer. Mais puisque, le choix d'un futur mobilier n'est pas encore arrêté, je me suis donc servi de valeur moyennes en fonction des ratios minimum de surfaces pour les différents types de places assises15 établis par Marie-Françoise Bisbrouck afin de calculer les surfaces utiles nécessaires pour ces places assises, soit :

  • pour le secteur adulte :

    • 3 m² par place de consultation,

    • 2,50 m² par place de travail en groupe,

    • 3,50 m² par poste informatique,

    • 3 m² par place de lecture-loisir,

  • pour le secteur enfant :

    • 2,50 m² par place de lecture-loisir,

    • 2,50 m² par place de travail,

    • 3,50 m² par poste informatique,

    • 1,50 m² par place pour l'heure du conte,

  • pour l'espace patrimoine :

    • 3 m² par place de consultation

  • pour la salle de conférence

    • 1,50 m² par place.

Le tableau ci-dessous présente donc les surfaces utiles nécessaires aux places assises selon leur fonction.

Tableau 2.3 : Surface utile des places assises

 

Type de places

Nombre souhaitable de places

Surface utile souhaitable (m²)

Médiathèque générale adulte

Lecture calme, consultation su place

45

135

Places de travail en groupe

25

62,5

Informatique

30

105

Lecture de loisir

60

180

Total

 

160

482,5

Médiathèque d'enfance et de jeunesse

Lecture loisir

40

100

Places de travail

15

37,5

Informatique

15

52,5

Heure du conte

30

45

Total

 

100

235

Auditorium

 

120

180

Espace patrimoine

 

40

120

Total

 

420

1017,5

D'autre part, il faut également comptabiliser dans les surfaces utiles des espaces publics, le hall d'entrée, les banques de prêt et d'accueil, les automates de prêt et d'éventuels lieux d'exposition.

16 :
 Collignon Laure, Gravier Colette (sous la dir.), Concevoir et construire une...

Le hall d'accueil mesure actuellement environ 80 m². Or on compte généralement « 1 m² pour 3 places de consultation »16 soit pour 420 places environ 140 m². On doit compter également au minimum 10 m² par poste d'accueil (accueil, renseignement, prêt/retour), soit pour la médiathèque de Niort 60 à 80 m² selon le réagencement des différents secteurs et 4 m² par automate de prêt. Enfin, la mise en place d'espaces d'exposition nécessiterait au minimum 60 m² pour les expositions non permanentes en accès public et 40 à 50 m² pour le service patrimoine.

Tableau 2.4 : Surface utile nécessaire aux espaces publics

Collections

Places assises

Hall d'accueil

Banques de prêt/retour

Espaces d'exposition

Automates de prêt

Surfaces utiles (m²)

1264

1017,5

140

80

100

12

Total

2613,5

Circulations à ajouter + 10 % au minimum

261,4

Surface totale des espaces publics

2874,9

17 :
 Bisbrouck Marie-Françoise, Les bibliothèques universitaires, évaluation des nouveaux...

Comparés au 1 757 m² disponibles actuellement, il manquerait donc environ 1 100 m² d'espaces publics pour atteindre les recommandations actuelles et garantir un certain confort d'utilisation de la médiathèque aux usagers. De plus, à ce déficit s'ajoute une contrainte supplémentaire, la forme architecturale en éventail de la médiathèque entraîne une déperdition de la surface utile. En effet, « les bâtiments aux formes arrondies […], bien qu'étant reconnus comme très agréables sur le plan esthétique dans la plupart des cas, ne font pas l'unanimité et sont considérés comme un luxe, dans la mesure où environ 20 % de la surface utile est, en fait, transformée en circulations et apparaît comme de la « place perdue », au détriment des collections en libre accès et des places de consultation »17. Pour la médiathèque de Niort, la contrainte du bâtiment courbe s'aggrave du fait que la majeure partie de ses murs est constituée d'une verrière qui ne facilite évidemment pas l'aménagement.

Au-delà de ces aspects, des travaux vont également être nécessaires pour améliorer l'accessibilité et la circulation des publics au sein de l'établissement.

2.1.2. Vers une meilleure accessibilité du lieu

Le projet de réaménagement devra tenir compte des différentes difficultés liées à l'accessibilité que connaît actuellement la médiathèque.

2.1.2.1 Les problèmes généraux d'accessibilité à la médiathèque Pierre-Moinot

En matière d'accessibilité, le défaut principal de la médiathèque est la séparation des espaces publics sur deux bâtiment distincts entre lesquels les circulations ne sont pas aisées. Comme déjà dit précédemment, les bâtiments du 1 et du 7 boulevard Main ne sont reliés que par une passerelle qui enjambe un bras de Sèvre, et dont l'emprunt ne peut se faire qu'en sortant de la médiathèque. Cette passerelle, en plus d'être très incommode, est assez inesthétique. À cela s'ajoute la quasi inexistence de signalétique entre les deux bâtiments. Les espaces publics dans leur ensemble ne bénéficient donc pas d'une lisibilité claire.

Par ailleurs globalement la signalétique ne convient pas et un gros travail devra être engagé sur ce plan là. En effet, elle est très insuffisante, n'est pas uniforme et souvent peu claire, lorsqu'elle existe. Les caractères utilisés pour indiquer les différents secteurs et zones sont souvent illisibles car d'une taille trop petite. D'autre part, dès le hall du Centre d'action culturelle, on a du mal à repérer l'entrée de la médiathèque qui est très mal signalée, tout comme la sortie lorsqu'on se trouve à l'intérieur. Les usagers sont, en effet, nombreux à ne pas s'y retrouver entre la porte d'entrée et de sortie et il ne se passe pas une journée sans que le personnel ne doive indiquer où est la sortie. Il manque par ailleurs un plan général de l'équipement à l'entrée et au niveau des circulations verticales afin de donner la possibilité aux usagers de distinguer les différents secteurs et de se repérer au sein de la médiathèque.

Illustration 1 : Illustration du manque d'uniformité de la signalétique de la médiathèque

Photographies des différences et du manque d'uniformité de la signalétique de la médiathèque

Source : Aude Billon 2013 CC BY-NC

Un groupe de travail, composé de différents personnels de la médiathèque ainsi que d'autres services de la Communauté d'agglomération, se penche actuellement sur ces questions afin de faire des propositions sur une nouvelle signalétique plus efficace et accessible à tous, y compris les personnes en situation de handicap, sur l'ensemble de la médiathèque centrale.

En effet, la médiathèque doit à court terme pouvoir répondre aux exigences en matière d'accessibilité pour les personnes handicapées, de nombreuses modifications d'aménagement vont donc être nécessaires.

2.1.2.2. L'accueil des personnes en situation de handicap

Depuis quelques années, la prise en compte des personnes handicapées dans les divers aspects de la vie quotidienne a pris de l'ampleur. En France, ce sont principalement deux lois qui encadrent la question du handicap : la loi d'orientation en faveur des publics handicapés du 30 juin 1975 et celle du 11 février 2005 pour « l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ». Cette dernière propose une définition du handicap et indique les obligations à suivre en matière d'accessibilité :

« Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un poly-handicap ou d'un trouble de santé invalidant. »

« Les dispositions architecturales, les aménagements et les équipements intérieurs et extérieurs des locaux d'habitation, qu'ils soient la propriété des personnes privées ou publiques, des établissements recevant du public, des installations ouvertes au public et des lieux de travail, doivent être tels que ces locaux et installations soient accessibles à tous, et notamment aux personnes handicapées, quel que soit le type de handicap, notamment physique, sensoriel, cognitif, mental ou psychique ».

18 :
 Les dimensions caractéristiques obligatoires utilisées dans le développement qui...

La loi oblige ainsi les établissements recevant du public à être accessibles à tous les publics pour le 1er janvier 2015. La réhabilitation du bâtiment de la médiathèque aurait donc également pour objectif de répondre aux dernières normes d’accessibilité pour les personnes handicapées. L'arrêté du 1er août 2006 détermine les modalités d'application de la loi et définit les règles d'accessibilité à appliquer pour les établissements recevant du public. Il indique notamment des dimensions minimales18 à respecter dans différents cas de figures, mesures à parfois majorer pour une bonne utilisation des différents équipements.

En ce qui concerne l'accessibilité pour les personnes handicapées au sein de la médiathèque, tout est à faire. Différents points devront être étudiés avec attention.

2.1.2.2.1. Les circulations

Tout d'abord les circulations devront être largement revues, les différents cheminements devraient atteindre au minimum une largeur de 1,40 m (voire 1,60 m si l'on souhaite pouvoir se faire croiser deux fauteuils roulants ou deux poussettes). Toutefois, les surfaces utiles pour les collections établies précédemment s'appuient sur des circulations supérieures à cela (1,80 m entre les rayonnages les plus fréquentés). Suivre les recommandations de Mme Bisbrouck, devrait donc suffire, dans ce cas là, pour être conforme aux exigences d'accessibilité. Aujourd'hui, au sein de la médiathèque, les espaces de circulation sont bien moindres à de nombreux endroits : l'espacement entre les rayonnages est souvent bien insuffisant, cela est dû en partie à la forme même du bâtiment qui oblige les rayonnages à se déployer en éventail et qui laisse un espace de circulation large à une extrémité mais étroit à l'autre. Dans l'état actuel des choses on estime qu'il faudrait enlever une travée de rayonnage sur trois, au minimum, pour parvenir aux résultats préconisés. Du côté des locaux du personnel également, les circulations devront être élargies.

De plus, certains aménagements doivent être mis en place au sein des cheminements, il est en effet nécessaire de laisser des espaces libres afin de permettre à une personne à mobilité réduite de pouvoir se reposer, de réaliser une manœuvre ou d'utiliser un équipement ou dispositif quelconque. Ces différents types d'espaces possèdent des caractéristiques propres. Ainsi, des paliers de repos, permettant de souffler, doivent s'insérer dans les cheminements, leurs dimensions minimales doivent êtres d'1,20 m sur 1,40 m. Une personne en fauteuil roulant doit aussi avoir la possibilité de manœuvrer et de faire demi-tour comme elle le souhaite, pour cela un espace de manœuvre d'1,50 m de diamètre est nécessaire. Pour chaque porte un espace de manœuvre avec des dimensions particulières devra aussi être mis en place et dépendra du type d'ouverture : pour une porte à pousser, la longueur de l'espace de manœuvre devra être d'au moins 1,70 m, dans le cas d'une porte à tirer, il faudra compter au moins 2,20 m de longueur. Enfin, pour l'utilisation de certains équipements, un espace d'usage de 0,80 m sur 1,30 m devra être disponible.

D'autre part, pour répondre aux différents handicaps visuels, la mise en place d'un cheminement podo-tactile ou coloré qui ferait se rejoindre l'entrée et l'accueil pourrait être envisagée afin de permettre une plus grande autonomie des personnes mal-voyantes. Le groupe de travail qui réfléchit à une nouvelle signalétique a évoqué un cheminement constitué d'autocollants colorés en forme de traces de pas. Varier ainsi la couleur et les matières des sols entre les circulations principales et les différents espaces permettrait en effet une orientation simplifiée pour des personnes souffrant de déficience visuelle.

2.1.2.2.2. Le mobilier
19 :
 Ibidem.

Le mobilier doit pouvoir s'adapter à tous les publics, cela nécessite donc quelques dispositions particulières. Ainsi au moins une partie des banques d'accueil, d'information, de prêt/retour doivent être utilisables en position assise, le mobilier devra donc avoir au moins en un point une hauteur maximale de 0,80 m et présenter « un vide en partie inférieure d'au moins 0,30 m de profondeur, 0,60 m de largeur et 0,70 m de hauteur permettant le passage des pieds et des genoux d'une personne en fauteuil roulant »19. De plus, pour une personne en fauteuil, la zone de préhension se trouve entre 0,44 m et 1,62 m, ce qui obligerait à n'utiliser que trois tablettes d'une étagère pour des ouvrages de petit format, contre en général quatre à six aujourd'hui, mais aucune obligation particulière pour les bibliothèques n'existe sur ce point, les calculs de la partie précédente s'appuie sur des rayonnages de cinq tablettes. Ainsi, si cette recommandation ne peut être respectée, ce qui serait vraisemblablement le cas pour Niort, à moins de diminuer drastiquement le volume des collections, il est important de rendre du personnel disponible pour aider une personne en fauteuil qui se trouverait en difficulté pour saisir des documents.

D'autre part, si un auditorium à gradins est mis en place, il devra lui aussi être aménagé, en laissant par exemple des espaces libres où des fauteuils roulants pourront être installés dans la continuité d'une rangée de sièges. Pour un auditorium de 120 places il faudra compter au moins 3 places adaptées aux personnes en situation de handicap.

Enfin, la médiathèque disposant déjà des sanitaires adaptés au sein de l'espace public, je ne développerai donc pas les obligations relatives à ce point. Toutefois un réaménagement de ceux situés du côté jeunesse devra être fait, ils ont en effet été condamnés en raison d'un accès tout à fait inadapté aux enfants en bas âge et aux personnes en situation de handicap (escalier sans rampe). D'autre part, des sanitaires adaptés au personnes handicapées devront également être installés du côté des locaux du personnel.

2.1.2.2.3. Les portes et accès

Selon les normes, les portes principales d'accès doivent être d'une largeur d'au moins 1,40 m et les autres 0,90 m. Les portes vitrées doivent comporter des éléments visuels contrastés (bandes de couleur sur toute la largeur de la porte). L'espace de manœuvre ne devra pas être oublié devant toute porte.

Pour la médiathèque de Niort, la mise en place de portes automatiques avec un sas pour l'entrée et la sortie faciliterait grandement la circulation des personnes à mobilité réduite. Mais si l'on tient compte des économies d'énergie et du confort thermique du personnel de l'accueil, ceci ne serait sans doute pas la meilleure solution. Peut-être des portes simplement battantes parviendraient à satisfaire toutes les parties.

D'autre part, à divers endroits de la médiathèque on trouve des portes vitrées qui restent constamment ouvertes qui peuvent constituer des obstacles dangereux pour des personnes mal-voyantes. Ne s'agissant pas de portes coupes-feu, la prudence et le bon sens obligeraient à poser la question de leur véritable utilité et sans doute de leur suppression.

2.1.2.2.4. Les circulations verticales
20 :
 Ibidem.

Les circulations verticales doivent être utilisables par tous. Les ascenseurs devront donc être aménagés comme suit. Ils doivent ainsi disposer d'au moins une main courante et de commandes comprises entre 0,90 m et 1,20 m de hauteur, des instructions sonores ou en braille sont également à mettre en place. Pour les escaliers, des dispositions obligatoires intéressent les publics non ou mal-voyants. Ainsi, ils doivent présenter en haut un revêtement visuel et tactile à 0,50 m de la première marche afin de permettre l'anticipation du dénivellement. Le bord des marches doit également être de couleur contrastée et non-glissant. Les première et dernière marches doivent posséder une contremarche pourvue d'un contraste visuel d'au moins 0,10 m. Les escaliers doivent aussi présenter une main courante de chaque côté à une hauteur comprise entre 0,80 m et 1 m et une largeur minimale de 1,20 m entre les deux. Elles doivent être faciles à prendre, rigides, continues et bien visibles par un contraste de couleur ou un éclairage adapté. Elles ont également l'obligation de « se prolonger horizontalement de la longueur d'une marche au delà de la première et de la dernière marche de chaque volée de l'escalier sans créer d'obstacles au niveau des circulations »20. Au niveau des circulations verticales, la médiathèque devra surtout retravailler la signalétique pour l'ascenseur et les rampes d'escalier qui ne répondent pas du tout aux caractéristiques obligatoires.

2.1.2.2.5. La signalétique et l'éclairage

La législation oblige également à certaines mesures touchant à la signalétique, qui doit pouvoir être lue et comprise par tous.

Il est par exemple recommandé que le contraste entre le fonds et le texte soit d'au moins 70 %. De plus, pour choisir la taille des caractères utilisés, il faut déterminer la distance à laquelle le texte devra être lu. Les tableaux suivants donnent certaines indications (non obligatoires) en ce qui concerne les contrastes appropriés et la taille à donner aux caractères pour mettre en place une signalétique efficace.

Illustration 2 : Présentation des contrastes entre différentes couleurs

Tableaux indicatifs des contrastes entre couleurs et de la hauteur minimale des caractères à respecter selon la distance d'observation

Illustration 3 : Hauteur des caractères selon la distance d'observation

Tableaux indicatifs des contrastes entre couleurs et de la hauteur minimale des caractères à respecter selon la distance d'observation

Source : http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/DGALN_accessibilite_FICHE_9.pdf

Le choix qui offre le meilleur contraste est donc le noir sur du blanc. Par ailleurs, il peut être intéressant d'utiliser un code couleur pour signaler divers éléments au sein de la médiathèque. L'utilisation de pictogrammes peut également faciliter la compréhension de la signalétique, on veillera par ailleurs à choisir des termes simples et clairs afin qu'ils soient compréhensibles de chacun.

L'éclairage ne doit également pas être négligé. Des valeurs précises d'éclairement en lux à respecter et à mesurer au niveau du sol grâce à un appareil spécifique, sont déterminées dans le texte de loi du 11 février 2005.

Illustration 4 : Valeurs minimales d'éclairement selon les types de lieux

Tableau des valeurs minimales d'éclairement selon les types de lieux

Source : http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/DGALN_accessibilite_FICHE_9.pdf

Afin de déterminer si la médiathèque Pierre-Moinot répond à ces obligations, le recours à un professionnel compétent dans ce domaine serait nécessaire. En effet, si le rez-de-chaussée bénéficie en grande partie d'une lumière naturelle en raison des zones placées sous la verrière, d'autres espaces sous mezzanines ou sous plafond bas ne bénéficient pas du même avantage et demeurent dans un environnement beaucoup plus sombre.

L'accessibilité à la médiathèque centrale est un des enjeux majeurs du projet de réorganisation de l'espace. Ce problème doit être traité rapidement en réponse aux obligations légales liées à l'accessibilité des personnes en situation de handicap. Par ailleurs, l'établissement souhaiterait aussi profiter du réaménagement de ses espaces pour répondre aux évolutions actuelles et aux nouvelles attentes des usagers.

2.1.3. De nouveaux usages

2.1.3.1. Vers une « bibliothèque troisième lieu » ?

Depuis quelques années les missions des bibliothèques ont fortement évolué, les établissements de lecture publique deviennent de plus en plus des lieux de rencontre et de vie permettant une certaine mixité sociale. Ce modèle de la « bibliothèque troisième lieu » prend ainsi de plus en plus d'ampleur :

21 :
 Black Alistair, « Socially controlled space or public sphere ‘third place’ ?...

« Aux côtés d’autres établissements de la vie de tous les jours, où l’on peut traîner et se détendre, à l’instar des cafés, librairies, tavernes, lunch clubs et centres communautaires, elles [les bibliothèques] ont historiquement témoigné des qualités essentielles propres au “troisième lieu” : elles représentent des endroits neutres, gommant les clivages sociaux, plutôt sans prétention, communautaires ; elles constituent des territoires familiers, confortables, accessibles, qui favorisent l’interaction, la conversation (dans certaines limites) et une ambiance enjouée ; elles sont fréquentées par des “habitués” et font fonction de second chez-soi, soulageant les individus du train-train quotidien, procurant réconfort et distraction »21.

C'est ce vers quoi souhaiterait tendre la médiathèque de Niort. Cela serait possible en s'adaptant aux attentes des usagers et en leur offrant des espaces plus chaleureux et conviviaux, permettant différents usages de la médiathèque. La configuration de départ de l'établissement, très ouverte, en limitant au maximum les cloisons, fluidifiant les circulations et favorisant la déambulation est propice à l'établissement d'un tel modèle. Toutefois, le manque de place actuel ne permet pas son développement et fige la structure dans un fonctionnement plus traditionnel. Si elle parvenait à gagner de la place et donc à aérer l'espace, elle devrait procéder à une modernisation de ses locaux afin de favoriser l’émergence d'une vraie médiathèque « troisième lieu ». Cela pourrait passer dans un premier temps par un changement complet du mobilier afin qu'il soit plus attractif et chaleureux. Il serait intéressant que le mobilier choisi puisse ainsi proposer diverses postures pour la lecture et offrir des possibilités d'échange. L'idée d'intégrer du mobilier sur roulettes parait également séduisante, dans un lieu où aujourd'hui on manque de place pour proposer plus facilement diverses animations. En effet, ce type de mobilier permettrait de modifier facilement l'aménagement et la configuration des espaces pour laisser la place à une exposition, une rencontre ou autre. Une réfection complète de certains espaces serait également à envisager (la médiathèque musicale par exemple) pour donner davantage envie aux usagers de flâner et de passer du temps dans la médiathèque. Si la médiathèque souhaite pouvoir favoriser l'interaction entre les personnes, un travail sur l'acoustique ne devra pas être négligé afin de permettre également des usages plus traditionnels de la médiathèque.

Cette tendance au « troisième lieu » s'appuiera aussi sur une multiplication des propositions de la médiathèque concernant les nouvelles technologies et la dématérialisation des contenus.

2.1.3.2. L'essor du numérique

Depuis une décennie environ, le numérique et Internet ont pris une place grandissante dans notre société. Les bibliothèques et médiathèques, lieux privilégiés de ressources et de diffusion de l'information, se doivent de répondre aux attentes de leurs usagers en la matière.

Ainsi, pour la médiathèque Pierre-Moinot, les évolutions actuelles nécessiteraient une augmentation du nombre de postes informatiques destinés aux usagers. Aujourd'hui, on en compte seulement 17 sur l'ensemble de la médiathèque centrale, auxquels on peut ajouter 7 postes de consultation du catalogue. Or, on peut estimer que pour une médiathèque desservant une telle population il en faudrait au moins le triple, soit environ 45 postes disponibles en plus des OPAC. Toutefois, cela représenterait un gros investissement tant en terme financier qu'en terme de place, ainsi dans un premier temps l'installation du Wifi au sein de la médiathèque permettrait de pallier ce manque et de démultiplier les possibilités de connexion à Internet.

D'autre part, des projets autour du numérique sont actuellement en cours à la médiathèque Pierre-Moinot. Après la mise en place d'un site internet de plus en plus performant, le Cantalogue, la médiathèque souhaite mettre à disposition en consultation sur place des liseuses et des tablettes. Un « salon numérique » doit ainsi préfigurer cette évolution majeure de l'équipement. Pour des raisons précisément de manque d'espace, mais aussi pour des raisons stratégiques (viser le public adolescent en priorité), il a été décidé de le positionner en deux endroits de la médiathèque au milieu des collections : l'un au plus près du lieu de consultation des périodiques, l'autre à proximité immédiate du secteur bandes-dessinées.

La reconfiguration complète des différents espaces apparaît donc comme indispensable et différentes hypothèses et solutions sont envisagées pour répondre aux nombreux besoins de la médiathèque.

Pour l'année 2013, la CAN a intégré à son budget des dépenses destinées à faire réaliser par un programmiste spécialisé une étude technique sur la médiathèque, afin de dégager les solutions possibles au réaménagement de la médiathèque. Ce projet de réorganisation des espaces et des collections est évoqué depuis longtemps. Plusieurs solutions ont donc jusqu'à aujourd'hui pu être envisagées, toutes doivent faire face à un certain nombre de difficultés.

Tout d'abord, une contrainte politique majeure oblige à travailler dans un cadre institutionnel complexe, peu propice aux décisions rapides : la médiathèque relève de la Communauté d'agglomération de Niort et le théâtre de la Scène Nationale dépend de la municipalité. L'ensemble du Centre d'action culturelle se trouvant partagé entre ces deux tutelles, il paraît indispensable de pouvoir trouver un terrain d'entente entre les deux parties pour que le projet de réhabilitation soit efficace et cohérent. D'autant plus que la direction du théâtre souhaiterait également voir sa structure transformée afin de gagner en superficie et de proposer un meilleur équipement au public.

Déjà, deux réunions ont eu lieu entre les représentants des deux collectivités et les directions respectives du théâtre et de la médiathèque afin de s'entendre sur un programme possible de restructuration de l'ensemble du bâtiment du Centre d'action culturelle.

Lors de ces réunions, les discussions ont fait apparaître une volonté de mutualiser certains espaces entre les deux structures.

Par exemple, la médiathèque souhaitant disposer d'un auditorium/salle de conférence d'une capacité d'accueil d'environ 120 à 150 personnes et le théâtre souhaitant également proposer une salle de cinéma d'une taille comparable, un projet commun pourrait naître. Si cette salle voyait le jour, son utilisation double devrait faire ainsi l'objet d'une convention d'objectifs entre les deux structures qui devraient se partager aussi les coûts de fonctionnement au pro-rata des temps d'usage respectifs. Mais la première difficulté serait de trouver un espace pour cet équipement qui exigerait une surface et une hauteur sous plafond suffisantes, ainsi qu'une entrée propre et autonome. L'emplacement actuel par exemple du garage de la médiathèque, hypothèse retenue parmi d'autres par les partenaires, est le seul espace non public à disposer d'une hauteur suffisante. Il n'offre actuellement qu'une surface de 65 m², ce qui est trop peu pour une salle devant recevoir 120 à 150 personnes. En raison de bien d'autres problèmes, cette hypothèse nécessiterait d'importants travaux sur la façade sur rue. Seul le programmiste pourra déterminer si cette solution est réellement envisageable ou non.

Autre idée de mutualisation évoquée, celle précisément d'un salon numérique destiné aux adolescents. Bien que la médiathèque se soit lancée en ce moment même dans la mise en œuvre de ce projet au sein même de son bâtiment, l'existence d'un espace partagé dans l'avenir proche entre les deux établissements a été notée comme une piste intéressante de travail. Pour ce projet commun qui serait particulièrement dédié aux adolescents, plusieurs lieux possibles ont été évoqués : la billetterie du théâtre ou encore la petite salle d'exposition le « Belvédère » qui se situe dans le Centre d'action culturelle. Or la médiathèque souhaiterait que cet espace se situe en son sein, cela nécessiterait donc de relier le Belvédère (qui est le plus proche) à la médiathèque et ainsi d'élargir son emprise sur la placette du hall située aux abords de l'accueil de la médiathèque. En plus de faciliter les circulations, cela pourrait permettre un gain de surface de l'ordre de 100 m². Mais aujourd'hui, le hall dans son ensemble sert souvent d'espace d'attente lors des représentations théâtrales et il arrive que le public soit très nombreux à attendre ici. Pour des raisons de sécurité, un tel réaménagement parait donc un peu compromis sans transformation profonde et radicale de l’établissement.

En ce qui concerne spécifiquement la médiathèque, les propositions pour gagner de la place, rationaliser au mieux l'espace et le rendre plus lisible et cohérent sont nombreuses.

Une des premières propositions seraient de rassembler tous les espaces publics dans un même bâtiment. Pour cela, il serait nécessaire de déménager les collections de la médiathèque régionale dans le bâtiment principal et de transférer la globalité des services internes du côté du 1 boulevard Main. Cette proposition serait mieux venue si l'on parvenait à faire exister une liaison directe entre les deux bâtiments afin que le personnel ne soit pas obligé de sortir continuellement de l'enceinte de la médiathèque pour se déplacer entre les espaces publics et internes. Cette liaison, dans l'esprit des bibliothécaires, permettrait d'une part d'assurer une circulation plus simple entre les deux espaces mais également de gagner un peu de surface pour les espaces publics. Cependant, pour une majorité du personnel, les espaces publics et les espaces internes seraient donc plus éloignés les uns des autres et une réorganisation du travail serait sans doute nécessaire afin d'éviter de continuels allers-retours. De plus, la surface actuelle occupée par les locaux du personnel (445 m²) est bien plus importante que celle de la médiathèque régionale (320 m²). Cette nouvelle répartition des espaces nécessiterait aussi la récupération de l'ensemble des bureaux situés au deuxième étage du 1 boulevard Main dont l'occupation aujourd'hui relève de la Scène nationale. Cette reconfiguration permettrait à la médiathèque de disposer d'une superficie totale d'environ 620 m² pour les services internes. Il serait donc alors éventuellement possible de créer une vraie salle de réunion pour le personnel, inexistante aujourd'hui, ou d'imaginer un espace supplémentaire destiné au public (espace d'animation, de formation, etc).

D'autre part, grâce à ce transfert, le Directeur du Service des médiathèques souhaiterait pouvoir intégrer les collections en accès libre de la médiathèque régionale au secteur adulte et créer un service patrimonial qui regrouperait les ouvrages de référence dédiés au fonds ancien et précieux dans un espace destiné à la recherche et à l'étude. Ce service pourrait alors, autre hypothèse, prendre place au deuxième étage du 7 boulevard Main, dans l'actuelle salle d'équipement (transférée dans cette hypothèse au 1 boulevard Main) et éventuellement dans la salle du fonds diffusion, correspondant aux magasins réservés aux antennes de quartier.

Mais cette solution, comme celle de l'auditorium/salle de cinéma, reposerait sur lapossible externalisation du service des antennes hors du bâtiment de la médiathèque, scénario également en cours de réflexion. En effet, le site d'une ancienne usine, tout proche de la médiathèque centrale et actuellementen cours de réhabilitation par la municipalité devrait abriter diverses activités, il serait donc possible d'y installer ce service. Cela inclurait notamment donc l'espace destiné au fonds diffusion, une petite superficie de bureaux et surtout le garage où sont garés les véhicules de la navette et le bibliobus urbain, soit un gain global de l'ordre de 200 m².

Une des transformations qui devrait prochainement avoir lieu pour parvenir à une meilleure lisibilité des espaces sera de lier la musique et la vidéo pour former un seul département audiovisuel. La direction de la médiathèque a déjà cette réflexion en tête depuis plusieurs années, ayant envisagé un moment de déplacer l'audiovisuel à l'emplacement actuel de la médiathèque régionale, mais en raison de différents problèmes techniques (sécurité des personnes et problème de charge au sol) le projet n'avait jamais abouti. Actuellement, l'idée serait de décloisonner et de rénover l'auditorium, qui a assez mal vieilli, afin d'y installer l'actuel secteur vidéo. Cette disparition de l'auditorium permettrait également au futur secteur audiovisuel, grâce au dégagement de la verrière, de bénéficier d'une meilleure luminosité qui manque considérablement aujourd'hui dans le secteur « musique ». De plus, le gain de place serait d'autant plus important qu'une seule banque de prêt et d'accueil suffirait pour l'ensemble du secteur. Accompagné de différentes transformations internes (peinture, sol et mobilier), ce nouveau service assurerait une meilleure cohérence des espaces au sein de la médiathèque.

Une des propositions les plus abouties puisque l'étude technique a déjà été établie, serait d'ajouter plusieurs petites extensions à la mezzanine du premier étage du 7 boulevard Main. Un élargissement complet de la mezzanine paraît en effet techniquement impossible car d'une part techniquement les travaux seraient très difficiles à mettre en œuvre et d'autre part, cela supprimerait le bénéfice de la grande verrière entraînant une baisse importante de luminosité pour le rez-de-chaussée. C'est pourquoi seul l'ajout de trois îlots de mezzanine paraît pouvoir être retenu mais pour un gain de seulement 162 m². Par ailleurs, ces îlots ne permettraient pas de supporter des rayonnages de livres en raison d'une charge au sol trop faible. Ces nouveaux espaces serviraient donc essentiellement d'espaces de travail, de consultation ou de simple détente. Ce serait aussi peut-être la solution qui permettait d’installer plusieurs espaces de travail plus confidentiels qui manquent actuellement à la médiathèque.

Enfin, il apparaît comme indispensable que les futures décisions en matière d'aménagement prennent en compte les possibles futures évolutions de l'établissement. Il est donc important que les espaces, à une ou deux exceptions près (l'auditorium/cinéma, la salle d'exposition), ne soient jamais complètement figés et qu'ils puissent être modulés afin de rendre assez flexible l'équipement. Si les besoins actuels ne sont pas les mêmes qu'en 1986, il en sera certainement de même dans vingt ou trente ans, une certaine anticipation des évolutions à venir sera donc de rigueur pour cette réhabilitation.

Parmi les propositions précises de réaménagement émanant des services, aucune ne parvient à résoudre à elle seule tous les problèmes fonctionnels d'espace que connaît aujourd'hui la médiathèque Pierre-Moinot. Il est donc important que le travail de réflexion se poursuive avant que les élus ne s’engagent davantage dans la réhabilitation de ce grand équipement de lecture publique qui fut un modèle dans la région dans les années 1980.

Conclusion

Si au moment de sa création la médiathèque de Niort avait plutôt bien pris la mesure de son époque, elle a aujourd'hui perdu de son avance. En effet, son espace et son organisation ne correspondent plus aux attentes actuelles des publics et se prêtent de plus en plus mal à la mise en place des nouvelles technologies et des nouvelles pratiques qui leur sont liées.

Dès le début, certains éléments du programme de la construction de la médiathèque n'ont pas joué en faveur d'un développement satisfaisant de la structure (forme du bâtiment, espaces d'animation restreints, verrière, petite mezzanine). Les évolutions actuelles, les nouvelles normes et recommandations en matière d'espace et les nécessités qui en découlent en terme de place notamment montrent bien cette fragilité originelle. C'est pourquoi une réhabilitation complète de l'équipement visant en premier lieu à offrir davantage d'espaces publics aux usagers est indispensable. Ce besoin est d'autant plus urgent que depuis 2010, la médiathèque Pierre-Moinot est devenue la tête du réseau de la Communauté d'agglomération de Niort et que l'obligation d'accessibilité aux personnes en situation de handicap pour les établissements recevant du public impose des règles nouvelles qui devront impérativement être respectées au 1er janvier 2015.

Jusqu'à aujourd'hui, plusieurs hypothèses intéressantes de réaménagement ont ainsi pu être avancées, dont certaines impliquent un partenariat plus serré avec le théâtre de la Scène nationale, offrant diverses solutions et perspectives de mutualisation qui permettrait de mieux rationaliser les espaces au sein du Centre d'action culturelle du Moulin du Roc. La possibilité d'une redistribution des services publics et technico-administratifs entre les deux bâtiments qui composent la médiathèque parait également la solution la plus efficace (et radicale) pour améliorer la lisibilité et la fonctionnalité de l'organisation générale.

Ce sera au cabinet d’études choisi bientôt par la collectivité qu'il reviendra d’examiner la faisabilité technique des différentes pistes envisagées voire d’en proposer de nouvelles qui permettraient à la Médiathèque Pierre-Moinot de Niort de bénéficier d’un bâtiment suffisamment rajeuni et élargi pour mettre en œuvre ses nouvelles missions et accueillir les nouvelles pratiques. Cependant, ce travail sur les espaces, bien qu'indispensable, ne suffira pas à lui seul à moderniser complètement la médiathèque : l'amélioration du service public, ne passera-t-il pas également par une extension des horaires d'ouverture (actuellement à 31 heures par semaine) ou encore par la généralisation de la gratuité totale des abonnements au prêt ? Néanmoins, nul doute qu'une réhabilitation réussie de l’établissement aboutisse à la création des conditions plus favorables à cette belle et bonne évolution.

Bibliographie

Ouvrages et guides en ligne :

Agence Rhône-Alpes pour le livre et la documentation. Bibliothèques et handicap, accueillir tous les publics. Agence Rhône-Alpes pour le livre et la documentation, 2010, 102 p. http://www.arald.org/ressources/pdf/selargissement/bibliotheques_et_handicaps.pdf

BISBROUCK, Marie-Françoise (sous la dir). Bibliothèques d'aujourd'hui : à la conquête de nouveaux espaces. Paris : Ed. Du Cercle de la Librairie, 2011, 394 p.

BISBROUCK, Marie-Françoise. Les bibliothèques universitaires, évaluation des nouveaux bâtiments. Paris : La documentation française, 2000, 152 p.

CHAINTREAU, Anne-Marie (sous la dir.). Bibliothèques universitaires, learning centres. Guide pour un projet de construction. Ministère de l'enseignement et de la recherche, 2012, 236 p. http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr

CHAINTREAU, Anne-Marie, GASCUEL, Jacqueline. Votre bâtiment de A à Z : mémento à l'usage des bibliothécaires. Paris : Ed. du Cercle de la Librairie, 2000, 314 p.

COLLIGNON, Laure, GRAVIER, Colette (sous la dir.). Concevoir et construire une bibliothèque : du projet à la réalisation. Paris :Le Moniteur, 2011, 339 p.

TAESCH-FÖRSTE, Danielle. Concevoir, réaliser et organiser une bibliothèque : mémento à l'usage des élus, des responsables administratifs et des bibliothécaires. Paris : Ed. du Cercle de la librairie, 2006, 164 p. (Bibliothèques).

Articles :

SERVET, Mathilde. « Les bibliothèques troisième lieu », BBF, 2010, n° 4, p. 57-63 http://bbf.enssib.fr/ Dernière consultation le 11 avril 2013.

SURGET, Eric. « Mémoire régionale : l'exemple de Niort », Bulletin d'informations de l'Association des Bibliothécaires Français, 3ème trimestre 1993, n° 160, pp 27-31. http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/revues/afficher-43333. Dernière consultation le 29 janvier 2013

« Niort : site pilote pour l'ethnologie régionale », Livres-hebdo, n° 36, 31 août 1987.

Sites internet :

Site du réseau de lecture publique de la Communauté d'agglomération de Niort : http://cantalogue.agglo-niort.fr. Dernière consultation le 27 février 2013.

Site gouvernemental : http://www.legifrance.gouv.fr. Dernière consultation le 21 mars 2013.

Site du Ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Accessibilite-du-cadre-bati-la.html. Dernière consultation le 21 mars 2013.

Site dédié à la réglementation liée à l'accessibilité des bâtiments :www.accessibilite-batiment.fr . Dernière consultation le 21 mars 2013.

Ressources internes :

BiISBROUCK, Marie-Françoise. Niort, médiathèque centrale d'agglomération Pierre-Moinot, pré-programmation en vue d'une restructuration, 2010.

Pyramide conseils. Diagnostic relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées, Médiathèque Générale, 7 boulevard Main 79 000 Niort, 2009.

Annexes

Annexes (5,0Mo)

Notes

1  EPCI : Etablissement public de coopération intercommunale.

2  http://cantalogue.agglo-niort.fr/medias/medias.aspx?INSTANCE=EXPLOITATION&PORTAL_ID=portal_model_instance__mediatheque_niort_historique.xml

3  Voir l'annexe 1.

4  Surget Eric, « Mémoire régionale : l'exemple de Niort », Bulletin d'informations de l'Association des Bibliothécaires Français, 3ème trimestre 1993, n°160, p. 28.

5  SIGB : Système intégré de gestion de bibliothèque. Aloès est le quatrième qu'aura connu la médiathèque après le système Libra en 1985, SDL Média en 1991 et Geac Plus en 1998.

6  Chiffres issus du site internet du réseau : http://cantalogue.agglo-niort.fr.

7  Voir l'annexe 2.

8  Voir les annexes 3.1., 3.2. et 3.5.

9  OPAC : Online public access catalog, il s'agit des postes d'accès au catalogue informatisé de la médiathèque.

10  Voir les annexes 3.3. et 3.4.

11  Bisbrouck Marie-Françoise, « Comment aider le bibliothécaire dans sa réflexion » dans Bisbrouck Marie-Françoise, Bibliothèques d'aujourd'hui, à la conquête de nouveaux espaces, Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2010, p. 186.

12  Voir l'annexe 4.1

13  Bisbrouck Marie-Françoise, « Comment aider le bibliothécaire dans sa réflexion » dans Bisbrouck Marie-Françoise, Bibliothèques d'aujourd'hui, à la conquête de nouveaux espaces, Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2010, p. 187.

14  Ibidem.

15  Voir l'annexe 4.2.

16  Collignon Laure, Gravier Colette (sous la dir.), Concevoir et construire une bibliothèque, du projet à la réalisation, Paris : Le Moniteur, 2011, p.166.

17  Bisbrouck Marie-Françoise, Les bibliothèques universitaires, évaluation des nouveaux bâtiments, Paris : La documentation française, 2000, p. 61.

18  Les dimensions caractéristiques obligatoires utilisées dans le développement qui suit sont issues de l'arrêté du 1er août 2006, consulté sur http://www.legifrance.gouv.fr/.

19  Ibidem.

20  Ibidem.

21  Black Alistair, « Socially controlled space or public sphere ‘third place’ ? Adult reading rooms in early British public libraries » in : Marian Koren (dir.), Working for Five Star Libraries. International Perspectives on a Century of Public Library Advocacy and Development, Vereiniging openbare bibliotheken/Biblion, 2008, p. 27-41,- traduit par Mathilde Servet dans Servet, Mathilde, « Les bibliothèques troisième lieu », BBF, 2010, n° 4, p. 57-63 [Consulté en ligne] sur http://bbf.enssib.fr/ le 26 février 2013.

22  Voir l'annexe 5.

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Pour citer ce document

BILLON Aude. Pré-étude à la réorganisation des espaces à la médiathèque Pierre-Moinot de Niort, [En ligne], Rapport de stage, Licence professionnelle Métiers des bibliothèques et de la documentation. Limoges : Université de Limoges, 2013. Disponible sur : http://epublications.unilim.fr/memoires/licenceprombd/479 (consulté le 19/09/2017).