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Plaidoyer pour l’impertinence

Eric LANDOWSKI
Paris, CNRS

publié en ligne le 31 janvier 2013

Texte intégral

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1 :
 Pour ce faire, nous tirerons parti de trois modèles qui, bien que construits indépendamment au fil du temps, nous paraissent (...)

Prendre pour objet de réflexion « l’impertinence » ne consistera pas ici à gloser le sens d’un mot.  Objectif tout différent, il s’agit pour nous de cerner un style de comportement dans la vie, notamment intellectuelle, et, on va le voir, de le justifier dans le cadre d’une grammaire de l’interaction qui se veut aussi indépendante que possible de la langue naturelle.  Nul doute qu’il y ait là de notre part un peu d’impertinence.  Par rapport à une institution aussi respectable que la langue (à nos yeux, la plus respectable d’entre toutes), une attitude déférente consisterait à partir du terme en question, « impertinence », en le prenant pour ce qu’il est — un mot de la langue française — et à analyser sa valeur propre à l’intérieur du champ lexico-sémantique auquel il appartient.  C’est évidemment faire preuve au contraire d’une certaine désinvolture que de procéder, comme nous le ferons, à l’inverse, c’est-à-dire de commencer par construire déductivement, sur une base logico-syntaxique, un ensemble de configurations sémiotiques interdéfinies, donc conceptuellement homogènes, puis, dans le but de leur donner à chacune un nom, d’emprunter au vocabulaire usuel une série correspondante de lexèmes pouvant leur servir d’étiquettes, quitte à forcer quelque peu le sens le plus courant de tel ou tel des lexèmes ainsi promus au rang de « métatermes ».  Petit coup de force contre l’usage lexical, légère impertinence au nom évidemment d’une pertinence autre, que nous chercherons à établir en l’occurrence sur le plan sémio-narratif1.

2 :
 Puisque de même qu’« est beau le fait d’aimer ce qui est aimable » (Platon, Le Banquet, 183d), respecter ce qui est respectable (...)

Partons donc d’une formule syntaxique élémentaire : /manifester du respect à l’égard de ce qu’on en juge digne/, qu’il s’agisse de personnes, d’institutions ou d’objets de quelque autre nature.  Par convention métalinguistique, dénommons « déférence » la ligne de conduite, généralement tenue pour vertueuse2, dont ladite formule énonce le principe.  On peut à partir de là déduire la définition formelle de deux autres types d’attitudes qui, soit sur le plan des rapports sociaux, soit d’un point de vue éthique, présenteront un caractère plus problématique : /ne pas manifester de respect (ou, plus grave, manifester de l’irrespect) à l’égard de qui (ou de ce qui) est considéré comme en étant digne/ — c’est ce que nous conviendrons d’appeler « insolence » —, ou bien, au contraire, /manifester du respect à l’égard de ce qu’on pense ne pas le mériter/, ce à quoi nous donnerons le nom de « complaisance ».  Reste, en termes combinatoires, une dernière possibilité : /ne pas manifester de respect devant ce qu’on estime ne pas le mériter/.  C’est la formule que nous retiendrons comme définition syntaxique minimale de l’« impertinence ».

3 :
 Cf. Algirdas Julien Greimas, « Le beau geste », Recherche Sémiotique/Semiotic Inquiry, vol. 13, 1-2, 1993.

Selon cette perspective, si l’« insolence », en tant que refus d’une « déférence » attendue face à qui ou à quoi, par hypothèse, on devrait s’incliner, constitue la forme vicieuse de l’irrespect, inversement l’« impertinence », bien que beaucoup la considèrent comme un vilain défaut, en représente la forme vertueuse en tant que refus d’une « complaisance » moralement suspecte.  Forme d’autant plus vertueuse qu’à la différence du geste de l’insolent, simple excentricité, acte de provocation gratuite, recherche d’une « originalité » et d’un « insolite » qui ne mènent à rien, l’attitude critique de l’impertinent offre une contrepartie positive.  Transgression commise au nom d’une pertinence autre, il vise l’affirmation d’un sens nouveau.  Autrement dit, l’opération qu’il effectue est une négation constructive, et à ce titre il prend typiquement la valeur d’un « beau geste »3.

Respect ou irrespect, vertu ou vice, ces deux paires de contraires se révélant donc à l’examen parfaitement indépendantes l’une de l’autre, le « respect » (ou l’obéissance, qui en est la traduction la plus courante dans les rapports à une autorité, une institution, une tradition ou une norme) ne saurait constituer en lui-même une vertu — pas plus que l’« irrespect » (ou la désobéissance) ne peut être considéré en soi comme un vice.  Tout en la matière dépend de la valeur attribuée à l’objet auquel s’attache le respect ou l’irrespect et du degré de pertinence de ce qu’on lui substitue.  Et comme il faut généralement du temps — par exemple en art, mais aussi dans les sciences — avant que la validité d’une nouvelle pertinence ne soit socialement reconnue, ce n’est souvent que longtemps après coup que peut un jour se trouver recatégorisé comme geste positivement innovateur et donc, si on peut dire, pertinemment impertinent, ce qui sur le moment, aux yeux des contemporains, n’avait pu manquer de passer pour dérisoire insolence destinée tout au plus à épater à bon compte le bourgeois ou à scandaliser l’académie.

Ce qui peut se résumer de la façon suivante :


*

En vue de tester ce modèle, ou en tout cas de l’illustrer, imaginons, pour aller au plus simple, une classe de lycée.  Dans ce contexte, préfiguration à peine caricaturale de l’espace d’interaction académique, le Maître, et le Savoir qu’il a charge de transmettre, constituent ensemble l’instance — statutairement « respectable » — par rapport à laquelle vont se différencier des réactions, des stratégies, des attitudes caractéristiques de figures types dont les années d’école nous ont laissé le souvenir.

Au premier rang, le « chouchou de la maîtresse », incarnation du sujet déférent.  Partageant d’autant mieux l’esprit et les valeurs du système qu’il en est le plus souvent, comme dit le sociologue, l’« héritier », il s’y sent absolument à l’aise, à la manière d’un poisson dans l’eau ou d’un homme du monde dans le « grand monde ».  Sa déférence ne fait qu’exprimer cette parfaite adhésion.  L’école est même tellement son monde qu’il rêve d’y tenir un jour le rôle de la maîtresse.  Dans ces conditions, le travail scolaire n’est pas pour lui une contrainte mais un moyen de s’accomplir.  Tout ce qui est au programme lui semble justifié — « pertinent » — et l’intéresse.  A tel point qu’il ne fait même pas exprès d’être si bon élève : il lui suffit pour cela d’être lui-même.  Toujours « comme il faut », on le croirait programmé pour réussir, et c’est ce qui irrite le plus ses camarades.

A l’opposé, au dernier rang, l’indiscipliné, le cancre, le chahuteur, figure de l’élève insolent tant vis-à-vis du maître auquel il ne reconnaît aucune autorité que par rapport au programme du cours, dont il ne voit pas la raison d’être.  Inversant les rôles, il vole au professeur l’attention de ses condisciples, les force à se retourner vers lui et transforme l’heure de cours en heure de divertissement comme si c’était au fond de la classe, devenue théâtre, et non plus sur l’estrade, que l’essentiel avait lieu.  Etranger aux conventions du système, insoumis à ses règles et s’affichant comme tel pour le plaisir d’attirer les regards sur sa personne, il risque à chaque instant l’exclusion.  Pour l’éviter, son seul recours est de se rallier les bonnes âmes — parents enclins à l’indulgence, pédagogues scrupuleux et conseillères psycho-pédagogiques compréhensives — qui, mettant ses incivilités ou ses pitreries sur le compte d’une immaturité à soigner plutôt qu’à châtier, le sauvent précairement du pire, le renvoi.

Et au milieu, le gros de la troupe, bons et moins bons éléments pêle-mêle, tous autant les uns que les autres complaisants.  Loin de la passion d’apprendre qui motive les cracks aussi bien que du refus de savoir affiché par les trublions irrécupérables, ici c’est une profonde indifférence qui domine, intellectuellement parlant.  Le cours est ennuyeux, le professeur est endormant, mais par intérêt bien compris on fait mine d’y trouver de l’intérêt.  On « bûche ».  Non pas par envie de comprendre ou désir de connaître mais sur le mode du bachotage, par calcul face à une institution dont on pense que son avenir dépend.  Donc, en faire le minimum — juste ce qui est nécesssaire et suffisant pour avoir droit au diplôme.  Donnant-donnant.  Dans cette zone médiane, l’école apparaît en somme comme un espace de manipulations réciproques et d’échanges, comme un marché : un quantum scrupuleusement mesuré d’efforts au jour le jour contre un minimum de reconnaissance promise en fin de parcours par l’institution.

Etant donné que le minimum demandé pour réussir dans ce cadre ne consiste ni en une réflexion critique ni en une contribution personnelle d’ordre créatif mais se limite à la reproduction de savoirs considérés comme établis, ce qui finit tant bien que mal par être appris de cette façon toute scolaire a toutes les chances de prendre, pour les intéressés, valeur de dogmes inébranlables.  C’est sur la base du même principe qu’on voit se constituer, à d’autres niveaux académiques, des « Ecoles » et quelquefois à l’intérieur d’elles des courants rivaux fonctionnant comme autant de petites sociétés de cour dont la taille dépend de l’étendue des avantages que leurs chefs de file respectifs sont en mesure d’assurer sur le plan professionnel et en premier lieu promotionnel aux éléments les plus fidèles de leur clientèle, c’est-à-dire aux moins critiques de leurs disciples ou de leurs supporters.  Et où, corrélativement, la force du dogmatisme unifiant chacun de ces micro-groupes autour de doctrines distinctes est proportionnelle à la faiblesse des exigences intellectuelles (et morales) de leurs membres.


*

Mais revenons au lycée.  L’impertinent est le seul à ne pas y avoir d’avance une place assignée.  D’ailleurs, à côté de qui le mettre, lui dont la façon d’être désarçonne tout le monde ?  Le chouchou le prend pour un idiot.  Pourtant, devant certaines de ses bizarreries, il lui arrive parfois de s’interroger : et si les incongruités de cet hurluberlu tenaient debout ? si elles étaient le fait non pas d’un idiot mais d’un surdoué ?  Pour les bûcheurs déjà endoctrinés ou soucieux d’entrer au plus vite dans le moule, il fait figure de dangereux farfelu.  Quant aux chahuteurs et aux cancres, c’est eux qu’il épate le plus par ses reparties toujours polies mais si inattendues qu’elles mettent souvent le professeur dans l’embarras : ils le trouvent tout simplement « génial ».  Et de fait, à sa manière, c’est un petit génie.  Car ce qui lui vaut sa position atopique — celle d’un vrai « marginal » —, c’est un léger décalage par rapport à chacune des figures précédentes, décalage qui procède fondamentalement de l’attitude qu’il adopte à l’égard de la connaissance en général, comme objet de quête, et plus particulièrement de ses critères de pertinence.

D’abord, pour lui, le discours de l’école n’a pas en soi et par nature valeur de vérité comme l’admettent spontanément les plus déférents ou comme finiront par le croire les plus complaisants ; à ses yeux, le respect pour le Maître, en tant que personne, n’exclut nullement un regard critique sur la consistance des savoirs qu’il enseigne ou des théories qu’il défend.  Mais encore moins qu’une déférence aveugle il ne partage la complaisance des « lécheurs » prêts à se plier à n’importe quel schéma de pensée en proclamant son caractère « canonique » pourvu qu’il soit présenté par quelque figure académiquement influente, institutionnellement autorisée ou médiatiquement reconnue.  Et si, comme le chahuteur qui cherche par ses insolences à se singulariser devant le reste de la classe, l’impertinent apparaît lui aussi et peut-être même davantage encore comme un « déviant », ce n’est pas, pour ce qui le concerne, parce qu’il cherche à paraître tel pour épater la galerie.  Ce qui le motive n’est pas l’envie de paraître original en faisant l’effronté.  C’est le fait que, lui seul sans doute de toute la classe, il s’interroge pour de bon sur les choses mêmes dont parle le professeur et sur la véracité de ce qu’il en dit.

4 :
 Cf. Giorgio Grignaffini, « Preferirei di no : L’impertinenza del non fare », in Guilia Ceriani, Eric Landowski (éds.), (...)

Encore trop inexpert le plus souvent pour avoir le moyen d’opposer aux assertions du maître une argumentation en bonne et due forme, il se garde néanmoins d’y souscrire.  Au lieu de prendre la leçon de cours pour argent comptant, il s’interroge sur ce qu’elle présuppose et cherche à imaginer une autre manière dont il serait possible d’envisager ce dont il y est question.  Lorsque le professeur affirme par exemple que la terre est ronde — ce à quoi évidemment tout le monde acquiesce —, lui, il demande à voir : « Vous croyez ?  Est-ce bien certain ?  Vue à quelle échelle ?  »  Qu’on lui demande une franche adhésion ou simplement un signe d’acquiescement, un petit sourire de complaisance, il répond I would prefer not to...  Son impertinence est tout entière dans cette abstention4. Il garde sa distance, réserve son jugement, se tient en suspens.

S’il manque ainsi au respect attendu vis-à-vis du maître, c’est parce qu’il pressent la possibilité d’une manière différente de voir le monde et d’en construire le sens.  Au fond, c’est un petit Socrate !  Pour lui, s’interroger est une exigence qui exclut toute compromission et prime sur tous les autres devoirs.  En sorte que son impertinence cache en réalité une profonde déférence, non pas certes devant le savoir institué mais devant les conditions de possibilité de tout savoir.  Jamais il ne prendra donc la place de la maîtresse.  Découvreur ou inventeur plutôt que prudent compilateur, il restera toute sa vie un aventurier de la pensée — au sens propre du terme, un « chercheur ».

Il n’y aurait en tout cela rien d’« impertinent » si le savoir du maître ainsi mis en question ne se posait lui-même sur le mode de la certitude indiscutable et si la personne qui l’énonce ne se prenait pas pour l’énonciatrice du Vrai en soi.  Pour qu’une simple mise en examen critique de ce que le maître énonce puisse passer pour une atteinte à sa dignité, quasiment pour un crime de lèse-majesté, il faut un maître qui se soit d’abord lui-même gonflé comme une baudruche par sa prétention à l’infaillibilité.  Sinon, l’échange des arguments et des contre-arguments relèverait tout simplement d’une saine controverse.

Ceci revient à dire que l’impertinence n’est pas un fait, dans l’absolu, mais un effet, en situation : elle a pour condition non pas la basse qualité d’un propos « incongru » ou d’un geste « déplacé » de la part de l’offenseur (car rien ne l’est en soi) mais la trop haute idée que l’offensé se fait de la valeur véridictoire de son discours et de sa propre respectabilité.

Contrairement à l’insolent, si l’impertinent fait scandale, ce n’est donc pas de sa faute, et surtout, ce n’est pas pour rien.  Au contraire, c’est presque à son corps défendant, et c’est pour le profit de tous.  Car même s’il s’avérait que finalement, sur le fond, il n’ait pas raison, en prenant le risque à la fois intellectuel et social de contredire une parole qui s’érige en autorité absolue et en pensée unique, il n’aurait fait que déférer à une exigence d’ordre infiniment supérieur parce qu’elle conditionne la production de tout savoir : oser regarder le monde sous un autre angle.

Et comme ce qu’il met en doute, ce sont souvent les certitudes tenues pour les mieux établies, celles qui fondent la légitimité d’une institution et l’autorité de son discours, le trouble qu’il crée par ses interventions se laisse difficilement neutraliser d’un revers de main ou par un simple rappel à la discipline.


*

Or, tout bien considéré, par delà ces différences de comportement immédiatement observables, qu’est-ce donc qui distingue les uns des autres ces intellectuels en herbe et détermine leurs stratégies respectives, si ce n’est le lieu où chacun d’entre eux place la pertinence, comme critère de la valeur d’un discours, et la Vérité, comme objet de quête ?

Pour quelques rares élus, gens autosatisfaits, heureux d’être les héritiers qu’ils sont, est pertinent, et vrai, ce qui est considéré comme tel dans le monde où ils se trouvent.  Leur déférence à l’égard du maître découle tout naturellement de leur commune adhésion à un répertoire d’évidences fixant pour eux le sens et la valeur des choses.

Pour d’autres — le plus grand nombre — un seul critère de pertinence vaut sur le marché des idées : celui qu’adopte le plus offrant en termes de services.  Dans ces conditions, s’y rallier complaisamment relève du plus élémentaire calcul économique.  Nécessité fait loi, pour survivre il faut se conformer.

Pour quelques-uns qu’on voit se détacher des précédents, une seule vérité compte, l’affirmation coûte que coûte de leur propre moi pris pour une singularité absolue.  Leur insolence traduit le refus qu’ils opposent à tout discours d’autorité qui par sa généralité risquerait de les ramener à l’ordre commun.

Et pour l’impertinent, enfin, la vérité est encore et toujours ailleurs.  Ni dans une parole instituée à laquelle on souscrit parce qu’elle est celle du système dont on est le produit, ni dans une doxa à laquelle on se rallie par intérêt, et pas non plus dans l’expression d’une prétendue originalité personnelle.  Tout bonnement du côté des choses mêmes, la « vérité » de ce qu’elles sont fût-elle provisoirement (ou peut-être à jamais) insaisissable.

Derrière chacune de ces attitudes se profile en définitive un régime de sens commandant une manière déterminée d’interagir.  Alors que le sujet déférent est tout à son aise dans le cadre d’une programmation généralisée régissant aussi bien sa pensée que ses actes, que le complaisant se laisse intellectuellement manipuler dans l’espoir de prendre un jour la place de qui le manipule, et que l’insolent gère sa marginalité en ajustant la force de ses provocations au degré de tolérance de son entourage, l’impertinent est impertinent malgré lui.  S’il sape les vérités admises et déstabilise ceux qui les soutiennent, c’est par assentiment à un ordre de vérité autre et qui le dépasse lui-même, à une nécessité qui lui paraît inscrite dans l’ordre des choses et qu’il n’aura de cesse de comprendre avant de chercher à la faire reconnaître autour de lui, confiant qu’un jour viendra où on verra que ce n’était pas lui mais bel et bien le monde réel qui avait eu l’« impertinence » de ne pas se conformer à ce qu’on en disait.

Quitte à ce qu’un autre impertinent ne le remette à sa place s’il commence alors à se prendre au sérieux.

Références bibliographiques haut de la page

Jacques Geninasca, « La pratique de l’impertinence », Actes Sémiotiques, 116, 2013.

Algirdas Julien Greimas, « Le beau geste », Recherche Sémiotique/Semiotic Inquiry, vol. 13, 1-2, 1993.

Giorgio Grignaffini, « Preferirei di no : L’impertinenza del non fare », in Giulia Ceriani, Eric Landowski (éds.), Impertinenze, Milan, Et al, 2010.

Landowski, Eric, Présences de l’autre, Paris, PUF, 1997.

  — Passions sans nom, Paris, PUF, 2004.

  — Les interactions risquées, Limoges, PULIM, 2005.

Platon, Le Banquet.

Notes haut de la page

1  Pour ce faire, nous tirerons parti de trois modèles qui, bien que construits indépendamment au fil du temps, nous paraissent homologables.  Le premier interdéfinit des types de stratégies identitaires (stratégies d’assimilation, d’exclusion, etc.) ; le deuxième dégage les figures actorielles correspondantes (figures de l’homme du monde, de l’homme de cour, de l’homme de génie, etc.) ; le troisième propose une typologie des régimes de production et de saisie du sens dans l’interaction (régimes de la programmation, de la manipulation, etc.).  Cf. Eric Landowski, Présences de l’autre, Paris, PUF, 1997, p. 68 ; Passions sans nom, PUF, 2004, p. 267 ; Les interactions risquées, Limoges, PULIM, 2005, p. 72.

2  Puisque de même qu’« est beau le fait d’aimer ce qui est aimable » (Platon, Le Banquet, 183d), respecter ce qui est respectable est par définition louable — tout comme à l’inverse il est blâmable de s’incliner devant ce qui n’en est pas digne.

3  Cf. Algirdas Julien Greimas, « Le beau geste », Recherche Sémiotique/Semiotic Inquiry, vol. 13, 1-2, 1993.

4  Cf. Giorgio Grignaffini, « Preferirei di no : L’impertinenza del non fare », in Guilia Ceriani, Eric Landowski (éds.), Impertinenze, Milan, Et al, 2010.  Voir aussi la contribution de Jacques Geninasca au présent dossier et Algirdas Julien Greimas, « Le beau geste », art. cit., p. 30-31.

Pour citer ce document haut de la page

Eric LANDOWSKI «Plaidoyer pour l’impertinence», Actes Sémiotiques [En ligne]. 2013, n° 116. Disponible sur : <http://epublications.unilim.fr/revues/as/1450> (consulté le 19/01/2019)