Lire l'espace, comprendre l'architecture

Manar HAMMAD

Les textes réunis dans ce recueil paraissent ensemble pour la première fois. Par leur réunion, ils visent à construire, au-delà des résultats établis lors de l'examen de chaque as particulier, une vision unificatrice de l'espace, de l'architecture et du sens.
Au centre des questions posées se trouve l'espace humain. Dans le monde sensible, l'architecte s'occupe d'un espace à trois dimensions, cadre de l'action humaine pour laquelle il dessine un environnement à bâtir. Les murs, ossatures, ouvertures et ouvertures n'ont d'intérêt que pour donner forme à l'espace immatériel qui les traverse et les accueille à la fois. C'est de cet espace invisible que l'homme a besoin pour développer son action, et c'est cet objet immatériel qu'il faut qualifier lorsqu'on fait acte d'architecture.
Les questions abordées dans ce recueil sont celles de notre rapport à l'espace, rapport conçu comme dominé par la dimension du sens. Non pas un sens individuel et idiosyncrasique, mais un sens culturellement déterminé, inscrit dans un cadre historique et géographique. En d'autres termes, la quête a pour objet d'atteindre, à travers la perception, le niveau du sens donné à l'espace et aux choses, par des communautés organisées inscrivant, tant dans la matière que dans l'espace immatériel, leurs structures sociales d'une part, et de l'autre, les valeurs abstraites, hiérarchisées, opposées et articulées qui donnent forme à leur univers mental.
L'exploration de la relation de l'homme à l'espace invisible entraîne immanquablement vers l'examen de sa relation à un invisible plus radical, celui du sacré et des divinités qu'il présuppose. D'où procède l'extension de ces travaux dans le domaine de l'architecture religieuse, avec la même question lancinante : rendre compte, essayer de comprendre.

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