accueil > Séminaire de socio-sémiotique

Séminaire de socio-sémiotique : 2014-2015

Publiée en ligne le 12 mars 2015

Jean-Paul Petitimbert

Matteo Treleani, Eleni Mitropoulou, Didier Tsala

Eric Landowski

ESCP, 79 Avenue de la République, Paris XI e

Les premiers jeudis du mois de 17h à 19h

Orientations et thèmes de recherche

Autour de la sémiotique d’Eric Landowski

Le concept d’ajustement

Les options prises par la socio-sémiotique telle que développée par Eric Landowski à côté et en complément de la sémiotique dite standard ouvrent des champs de recherche à la fois riches et prometteurs.  

Par les objets concrets de tous ordres auxquels elle choisit de s’intéresser afin de rendre la sémiotique « vivante » en même temps qu’en prise sur la vie même, elle se démarque d’autres approches plus spéculatives. Mais elle se propose aussi d’enrichir l’appareil conceptuel de la sémiotique greimassienne en explorant des voies nouvelles, notamment sur le plan des inter-actions sociales, où la notion de coprésence des actants remet en cause les modélisations canoni-ques régies par le dogme de relations purement jonctives et par la conception transcendentale des valeurs censées circuler entre sujets.  La brèche ainsi ouverte vers un régime de sens qui ne relève plus ni de la manipulation ni de la programmation – et pas non plus de l’assentiment à un ordre « supérieur » du monde –, autrement dit vers un régime où aucun Destinateur ne fixe le sens des choses et de la vie mais où le sens se construit en acte, dans le processus même de l’interaction, permet d’envisager un champ de recherche quasi vierge, où tout – ou presque – reste à construire.  

Le séminaire se donne en conséquence comme projet pour l’année 2014-2015 d’approfondir le concept d’ajustement, puisque c’est le nom qui a été donné à ce quatrième régime dont relèvent de multiples formes d’interactions concrètes qui engagent l’expérience sensible au fil de la vie de tous les jours, qu’il s’agisse de pratiques rele¬vant de l’ethnologie, du marketing, de la robotique, du numérique, des médias, de la politique, de l’urbanisme, du voyage, bref, de domaines aussi dis¬parates que bigarrés.  Vaste programme, dira-t-on !  Mais c’est précisément par la diversité des objets à scruter que, de proche en proche, émergeant sous la variation, pourront sans doute se dessiner les éléments d’une forme de syntaxe qui permette de donner une ossature à cette avancée de la théorie générale.

Animé tout au long de l’année par Jean-Paul Petitimbert, Matteo Treleani, Eleni Mitropoulou et Didier Tsala Effa, et avec le soutien du professeur Benoît Heilbrunn, le séminaire sera rejoint par Eric Landowski à partir du printemps.  Il fonctionnera en permanence sur le mode du travail en équipe.  Car il s’agit, ni plus ni moins, de faire de ces réunions mensuelles une mise en pratique concrète de l’ajus¬tement lui-même, dans la mesure où, sous ce régime, c’est effectivement « che-min faisant », en avançant ensemble, que le sens se construit.

Pour l’équipe du séminaire,
Jean-Paul Petitimbert