Claire Labrue

L’enfermement de l’habitat par la forêt : exemples du Plateau de Millevaches, des Maures et des Vosges du Nord

Forestry advancement on habitations: examples from the Plateau de Millevaches, Maures and the North Vosges

Thèse de doctorat dirigée par Bernard VALADAS

soutenue le 23 novembre 2009

publiée en ligne le 02 février 2012


Jury

Président :
Paul ARNOULD
Rapporteurs :
Guy DI MEO
Paul ARNOULD
Examinateurs :
Philippe ALLEE
Andrée CORVOL-DESSERT
François DIDOLOT
Bernard VALADAS

Avec l’avancée forestière qui caractérise les paysages au cours du XXe siècle, particulièrement ceux de la moyenne montagne, les interfaces habitat / forêt se sont multipliées allant même jusqu’à la formation de clairières d’un nouveau type. Cela se traduit par une fermeture objective des paysages et par un véritable sentiment d’enfermement pour les habitants.
L’enfermement est un "phénomène" qui n’apparaît qu’à partir du moment où un ou plusieurs individus en font l’expérience, le vivent. Nous avons concentré notre réflexion sur "l’enfermement de l’habitat" dans la mesure où l’habitat inclut selon nous, le bâti, l’habitation, mais aussi le fait de "l’habiter", c'est-à-dire les habitants et leur vécu, notamment en ce qui concerne le paysage quotidien environnant.
La forêt est sans conteste appréciée par la société occidentale devenue urbaine ; elle est très recherchée pour le cadre de vie verdoyant qu’elle procure. Mais des variantes régionales existent quant à l’appréciation des paysages forestiers et par conséquent celle de l’enfermement. Une étude comparative à l’échelle française des forêts du Plateau de Millevaches, des Maures et des Vosges du Nord montre que l’acculturation forestière est un facteur déterminant dans le vécu de la forêt comme élément enfermant.
Pour cela, notre méthodologie se base sur deux approches que nous tentons de rendre complémentaires. La première mesure la fermeture spatio-temporelle dûe à la proximité forestière en s’appuyant sur la clairière, forme spatiale de l’enfermement. La seconde approche s’appuie sur des entretiens et des questionnaires recueillis auprès des acteurs et habitants des régions forestières choisies dans le but de nuancer la première approche et d’y intégrer des données psychosocioculturelles. L’enfermement ne se réduit pas seulement à la grande échelle géographique : la lisière, mais s’étend à plus petite échelle révélant ainsi le fonctionnement des territoires.

With the advancement of the forest, which has characterized landscapes throughout the 20th century, particularly those of the middle mountains, the interfaces of habitat / forest have multiplied, going as far as the development of a new type of glade or clearing. This new type of glade is defined by an objective closing of the countryside and by a true feeling of enclosure or entrapment by its residents.
The enclosure is a “phenomenon” which occurs from the moment in which one or several individuals live the experience. We have concentrated our work on the “entrapment of habitations,” taking into consideration a definition of habitation which includes not only the construction but the act of living in the space—that is to say—the inhabitants and their lived experiences, especially those which concern the surrounding daily countryside.
The forest is without a doubt appreciated by Occidental society which has become urban; it is often sought out for the green, lush setting it provides. But regional variants exist regarding the ways in which forestry landscapes are perceived, and one such experience is that of enclosure of the forest upon habitations through forestry advancement. On a French scale, a comparative study of the Plateau de Millevaches, Maures and the North Vosges demonstrates that the acculturation of the forest is a determining factor in the lived experience of the forest as an element contributing to a feeling of entrapment.
To conduct this study, our methodology is based on two approaches that we attempt de render complimentary. The first measures the spatial-temporal enclosing caused by the proximity of the forest based on the glade, which is the spatial form of the enclosure. The second approach is based on interviews and questionnaires gathered from local actors and inhabitants of the selected forested regions in an attempt to nuance the first approach and to take into consideration psycho-socio-cultural elements. The enclosure of the forest cannot be simply reduced to a large geographic scale, that of the outskirts, but it also extends onto the small scale which therefore reveals the functionality of territories.


Texte intégral

Pour citer cette thèse

Labrue Claire. L’enfermement de l’habitat par la forêt : exemples du Plateau de Millevaches, des Maures et des Vosges du Nord [En ligne]. Thèse de doctorat : Géographie. Limoges : Université de Limoges, 2009. Disponible sur <http://epublications.unilim.fr/theses/2009/labrue-claire/labrue-claire.pdf> (consulté le 21/09/2017)

L’enfermement de l’habitat par la forêt : exemples du Plateau de Millevaches, des Maures et des Vosges du Nord

2009limo2008